Larousse agricole 2002Éd. 2002
S

substance de réserve (suite)

Chez les espèces pérennes (graminées, légumineuses prairiales), la repousse, après exploitation, dépend fondamentalement du niveau des réserves accumulées lors du ou des cycles végétatifs antérieurs.

Chaillou

substance humique

Polymère organique produit au cours de l'humification.

Les substances humiques comprennent les acides humiques, les acides fulviques et les humines.

Calvet

substance vénéneuse

Substance contenue dans une plante ou un champignon, toxique à l'ingestion, voire par simple contact, pour l'homme ou les animaux.

Outre les nombreux champignons non comestibles, de nombreux végétaux peuvent s'avérer vénéneux pour l'homme et les animaux, en particulier le bétail : fougères, ifs, arums, bryone, cigüe, cytises, daturas, digitales, euphorbes, rhododendrons, laurier rose

Raynal

substrat

Matériau servant de support à la culture ou à l'élevage d'une jeune plante en pépinière, avant son installation en culture.

En fonction de l'usage qui en est fait, le substrat doit posséder des propriétés à la fois mécaniques (souplesse, compactibilité, élasticité, résistance à la dégradation), physiques (aérabilité, perméabilité, capacité de rétention en eau), chimiques (non-dégradabilité, non-échangeabilité d'ions) et biologiques (absence de ravageurs ou d'agents pathogènes).

Il existe des substrats de nature diverse. On distingue :
les substrats organiques naturels : tourbes, écorces, sous-produits agricoles comme la fibre de coco - en préalable à leur utilisation, ces substrats peuvent avoir subi une certaine dégradation par compostage ;
les substrats organiques synthétiques : polyuréthane, polyacrylamide, polystyrène ;
les substrats minéraux naturels : sables, pouzzolane, tufs volcaniques - on les trouve souvent en mélange avec les substrats organiques synthétiques ;
les substrats minéraux élaborés industriellement : laine de roche, argile expansée, perlite, vermiculite - on les trouve souvent en mélange avec les matériaux des deux premiers groupes.

Péron

suc gastrique

Sécrétion digestive de la paroi de l'estomac, à partir de précurseurs inactifs, contenant de l'acide chlorhydrique, du mucus et des enzymes (pepsine).

Gallouin

suc intestinal

Sécrétion digestive de l'intestin et des glandes annexes, contenant la plupart des enzymes nécessaires à la digestion.

Gallouin

succession culturale

Ordre dans lequel les cultures se succèdent sur une parcelle.
u SYN. : succession de cultures.

La succession culturale est plus ou moins régulière : lorsque l'ordre est le même pendant une longue période, on parle de rotation culturale.

Le fait qu'un agriculteur change souvent les cultures mises en place sur une parcelle, et qu'il respecte certaines règles d'ordre, traduit deux types de préoccupations interdépendantes : d'une part d'ordre économique et organisationnel, d'autre part d'ordre agronomique. L'agriculteur choisit en effet les productions qui lui permettent de maximiser les bénéfices qu'il peut tirer des cultures (entre autres, mais pas seulement, financiers), en tenant compte des contraintes de son exploitation. Par exemple, si l'exploitation possède un troupeau, il choisira très souvent de produire sur place au moins une partie des fourrages nécessaires à l'alimentation de ce dernier ; si la main-d'œuvre est limitante sur l'exploitation, il tiendra compte de cette contrainte pour choisir les cultures de manière à limiter les pointes de travail, etc.

Par ailleurs, les cultures n'ont pas toutes le même effet sur les différentes composantes physiques, chimiques et biologiques du sol. L'agriculteur choisit ainsi l'ordre de succession des cultures de manière à profiter des effets positifs d'une culture sur les cultures suivantes, tout en limitant les effets négatifs. Par exemple, la présence d'une légumineuse dans une succession permet de faire profiter la culture suivante de l'azote qu'elle laisse dans le sol, l'alternance d'espèces de familles botaniques différentes permet de limiter le développement d'ennemis spécifiques des cultures (agents pathogènes, insectes, mauvaises herbes), etc.

Le choix d'une succession culturale est lié essentiellement au délai de retour d'une culture. Il s'agit de la durée qui sépare deux apparitions successives de la même culture sur une parcelle. Pour certaines espèces, il existe un délai de retour minimal qui, s'il n'est pas respecté, augmente le risque de problèmes phytosanitaires (par exemple, 7 à 8 ans pour le lin, 4 à 5 ans pour le pois) ; ce délai minimal est susceptible de diminuer en fonction du progrès technique, ou d'augmenter en cas d'apparition d'un nouvel agent pathogène.

Doré

sucrage

Action d'ajouter du sucre au moût, autorisée pour relever le degré alcoolique de certaines vendanges et pour l'élaboration de vins effervescents.

sucre

Substance alimentaire de saveur douce, extraite, sous forme de fins cristaux, de la betterave à sucre et de la canne à sucre.
SYN. : saccharose, (impropr.) glucide.

La fabrication du sucre est une activité industrielle importante en France, caractérisée par une technologie évoluée et des investissements considérables. C'est un secteur concentré qui compte une vingtaine de groupes sucriers et actuellement 43 sites industriels.

L'extraction du sucre de betterave (plus de 90 % de la production française) repose sur une série d'opérations qui sont aujourd'hui très automatisées. Cette industrie est soumise au caractère saisonnier de la production de betteraves : les usines fonctionnent 3 à 4 mois par an pendant la campagne sucrière. Le reste de l'année est consacré à l'entretien et aux travaux d'amélioration des usines.

La collecte des betteraves s'effectue en général par camions. Après avoir été lavées, les betteraves sont débitées en fines lamelles de 5 à 15 cm appelées « cossettes » . Les cossettes sont ensuite plongées dans l'eau chaude, et le sucre est extrait par diffusion. Cette opération est réalisée dans un diffuseur en continu, qui assure une circulation à contre-courant des cossettes et de l'eau chaude. Le liquide sucré que l'on obtient à la sortie du diffuseur contient environ 10 % de sucre. Il est épuré et concentré par évaporation ; il subit ensuite une cristallisation dans un appareil à cuire. La masse cuite ainsi obtenue passe dans des essoreuses centrifuges afin de séparer les cristaux (sucre blanc dit de premier jet) de « l'eau mère » . Cette eau mère est introduite dans un deuxième appareil à cuire et, après essorage, fournit un sucre de deuxième jet. La troisième masse cuite conduit à l'obtention du sucre roux, de la mélasse et d'un « égout pauvre » de lavage.