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sylviculture

Ensemble des techniques permettant la création et l'exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération.

La sylviculture vise à l'entretien et à l'exploitation des forêts. La particularité de cette activité est liée au long cycle de production des arbres (par exemple, 60 ans pour le douglas, 100 ans pour le hêtre, 180 à 220 ans pour le chêne) et à une culture proche de l'état naturel (peu ou pas d'action humaine, espèces à large base génétique régénérée naturellement).

Parmi les peuplements forestiers exploités par l'homme, on distingue les taillis, dont les troncs sont issus de souche, la futaie, où ils proviennent de semences, et les taillis sous futaie, formations mixtes qui comportent à la fois des rejets de souche et des arbres provenant de graines.

L'aménagement des forêts

L'aménagement d'une forêt permet d'assurer la production de bois tout en préservant l'avenir du peuplement. L'âge d'exploitabilité est celui auquel la croissance s'arrête et où il convient d'abattre les arbres. La révolution est le temps nécessaire à la régénération complète de la forêt, la possibilité est le volume moyen de bois que l'on peut extraire chaque année sans nuire au développement de la forêt.

Taillis et futaie

Le mode de traitement (ou régime) le plus simple d'un peuplement forestier est le taillis, qu'on ne peut utiliser que pour les essences qui rejettent de souche : chêne, châtaignier, hêtre (en montagne), eucalyptus. Il consiste à couper tous les arbres au ras du sol. On voit rapidement apparaître ensuite, sur le pourtour des souches, des rejets dont l'ensemble constitue une cépée. On coupe les rejets tous les 20 à 25 ans, plus souvent pour les essences à croissance rapide comme l'eucalyptus.

Pour passer du taillis à la futaie, il faut réserver les arbres issus de graines qui sont disséminés entre les souches. C'est l'opération du balivage, qui conduit peu à peu à un régime nouveau, le taillis sous futaie. En laissant vieillir le taillis, on effectue une conversion, qui transforme progressivement le taillis sous futaie en futaie. Celle-ci constitue le régime le plus répandu car il permet d'obtenir le meilleur rendement en bois d'œuvre de qualité.

Les traitements sylvicoles passés visaient surtout à favoriser la production du bois de chauffage, seule source d'énergie avant l'avènement du charbon en 1850. Le taillis simple, basé sur la multiplication végétative des rejets de souche des arbres feuillus coupés tous les 20-25 ans, a été très en vogue jusqu'à la fin du xixe s. Puis, les besoins de gros bois de construction, conjugués à ceux de bois de chauffage, ont encouragé le traitement en taillis sous futaie, formation mixte qui comporte à la fois des rejets de souches (taillis), servant de bois de chauffage, et des arbres provenant de graines (futaie), pour le bois d'œuvre.

Avec le développement d'autres sources d'énergie, le charbon puis le pétrole, les besoins en bois de feu ont chuté et les traitements en futaie se sont progressivement imposés. Il existe deux types de traitements en futaie : la futaie régulière et la futaie jardinée. La futaie régulière éduque des arbres de même âge au sein de peuplements réguliers, c'est-à-dire constitués d'arbres de dimensions voisines, répartis par unités de gestion appelées parcelles. La futaie jardinée s'efforce de faire vivre côte à côte, dans une même parcelle, des arbres de tous âges et de toutes dimensions ; ce mélange intime de bois de grosseurs différentes permet d'obtenir une certaine permanence de la production et du paysage forestier à l'échelle d'une petite unité de surface.

La régénération de la futaie

Elle s'obtient soit par une coupe à blanc, soit, le plus souvent, par des éclaircies et un réensemencement naturel. Le reboisement, par installation de jeunes plants issus de pépinières, est l'une des formes de régénération de la futaie, notamment dans le cas de résineux, après une coupe à blanc ; c'est aussi l'opération qui permet d'implanter un peuplement forestier sur des espaces jusque-là non voués à la forêt.

Pour améliorer la production de bois de qualité, la sylviculture devient une culture d'arbres plutôt qu'une culture de peuplement. Les plants sont produits à partir de graines récoltées dans des peuplements sélectionnés (vergers à graines). Les plus intéressants sont multipliés par bouturage et par culture in vitro. Les arbres sélectionnés et mieux soignés poussent plus vite, et l'on peut réduire la durée de révolution, par exemple 100 ans pour le chêne au lieu de 150 à 200 ans.

L'exploitation forestière

Lorsque le propriétaire sylviculteur a décidé d'abattre des arbres, il vend la coupe sur pied à l'exploitant forestier. L'abattage se fait à la scie à chaîne (tronçonneuse) ou au moyen de tracteurs munis de pinces coupantes hydrauliques. Le débardage, qui consiste à tirer les grumes en bordure de route, est effectué à l'aide de tracteurs avec treuil et châssis articulé. Le transport se fait par des camions spéciaux, ou grumiers, munis de grues pour le chargement et le déchargement du bois.

Cette mécanisation de l'exploitation forestière est généralisée dans les grands chantiers comme ceux des régions forestières par excellence, au Canada, en Sibérie, etc. Elle est également très répandue dans les pays de forêts moins vastes et de petits terrains boisés comme la France, mais elle y rencontre certaines difficultés du fait de la division de la propriété et de l'exiguïté des parcelles. (→ forêt.)