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langage

Ferdinand de Saussure
Ferdinand de Saussure

Capacité, observée chez tous les hommes, d'exprimer leur pensée et de communiquer au moyen d'un système de signes vocaux et éventuellement graphiques (la langue). [Voir également troubles du langage.]

LINGUISTIQUE

Le langage est un système qui a pour finalité de réaliser un message d'un émetteur vers un récepteur. Cela permet d'englober plusieurs modes de communication formalisés : langue naturelle, langages artificiels (de programmation informatique, par exemple), ou tout autre code : Code de la route, langage des fleurs, etc. Chaque langue naturelle est un code original propre à l'espèce humaine ; les langages artificiels proviennent de simplifications et de conventions à partir des langues naturelles.

La hiérarchisation des signes

Ce système est dit « articulé » (A. Martinet), ce qui signifie que tout énoncé langagier doit pouvoir s'analyser à deux niveaux. Au niveau de la production de chaque langage, chaque unité s'articule en deux unités non significatives mais distinctives, par exemple entre le phonème (son émis) et le morphème (forme minimale de signification ; exemple : le pluriel en -s), entre le morphème et le syntagme (unité dans une organisation phrastique ; exemple : « le chien » dans « le chien dort »), etc. La combinaison des morphèmes, liée à la syntaxe (L. Bloomfield, Z. Harris), et l'assemblage des syntagmes forment une structuration hiérarchisée d'éléments constituants. C'est là que se situe la spécificité du langage humain, par opposition à un « langage » animal, dont on ne peut parler que par métaphore : les abeilles communiquent, mais leur mode de communication est exclusivement signalétique ; ce n'est donc pas un langage articulé.

Différentes écoles ont tenté de décrire l'intégration systémique du langage humain : les structuralistes (F. de Saussure, L. T. Hjelmslev) ont mis l'accent sur les oppositions et les complémentarités dans les distributions de phonèmes, morphèmes, lexèmes, etc., d'où résulterait le fonctionnement du système langagier. Les dernières théories de N. Chomsky ont permis d'avancer l'hypothèse d'une organisation en modules, c'est-à-dire en petites unités de traitement distribuées en réseaux réglés pour permettre la communication de l'information.

Les fonctions du langage

La notion de fonction du langage a été mise en valeur par l'école de Prague. La fonction principale est celle de communication (dite aussi référentielle ou cognitive). Cependant, selon les caractères de la communication, il existe différentes fonctions du langage. R. Jakobson a distingué six fonctions qui, dans toute langue, se rapportent chacune à l'un des pôles fondamentaux de la communication linguistique. Toute communication fait en effet intervenir six facteurs : l'émetteur, le destinataire, le contexte, ou référent, le code commun à l'émetteur et au destinataire, le canal (le support physique) de la communication, le message.

Le linguiste distingue ainsi la fonction émotive, qui centre le message sur l'émetteur, le locuteur (exemple : « Quel sale temps ce week-end ! »), la fonction conative, qui vise à influencer le destinataire (exemple : « Corrige-moi si je me trompe » ; « Viens ici »!), la fonction référentielle (ou dénotative, ou cognitive), qui renvoie au contexte (exemple : « Le chien est un animal »), la fonction phatique, qui renvoie au canal ou au contact (exemple : « Allo, ne coupez pas »), la fonction métalinguistique, qui renvoie au code lui-même (exemple : « Porte-manteau est invariable ») la fonction poétique, qui concerne le message en lui-même,.

Les universaux du langage

On peut dénombrer dans le langage un certain nombre d'universaux, parmi lesquels on peut distinguer des universaux substantiels et des universaux conditionnels.

Dans la catégorie des universaux substantiels entreraient le prédicat (ce qu'on dit d'un sujet dans un énoncé quelconque) ainsi que les mots fonctionnels. En effet, dans toutes les langues du monde existent des formes (noms ou verbes) susceptibles de recevoir la fonction prédicative et se trouvent également des morphèmes ne désignant rien par eux-mêmes (ils ne renvoient pas aux choses), mais dont la fonction est d'établir tel ou tel rapport entre les unités du lexique : les prépositions, les postpositions, les conjonctions, etc.

Les universaux conditionnels mettent en relation deux phénomènes : ils sont formulés sous une forme d'implication (si p, alors q). Ainsi, dans les langues à prépositions, le génitif suit presque toujours le nom régissant ; dans les langues à postpositions, il le précède presque toujours. Les langues à ordre PSO (prédicat-sujet-objet) sont toujours à prépositions (l'arabe, par exemple). Avec une fréquence qui ne peut être due au hasard, les langues à ordre SOP (sujet-objet-prédicat) sont postpositionnelles (le japonais, les langues altaïques, le birman, par exemple). [→ langue.]