La vie politique est marquée par un remaniement ministériel partiel, le 17 mars, et la suspension de plusieurs hauts fonctionnaires à la suite de l'évasion de la prison civile de Tunis, le 4 février 1973, d'Ahmed ben Salah, ancien ministre de l'Économie et du Plan, condamné en 1970 à dix ans de travaux forcés pour atteinte à la sûreté de l'État.

Inondations

Sur le plan économique, un bilan positif des deux dernières années est établi par le Premier ministre Hedi Nouira, lors de la présentation du plan quadriennal (1973-1976). Des conditions atmosphériques favorables ont permis d'obtenir de bonnes récoltes, et le produit intérieur brut s'est accru d'une façon exceptionnelle (8,4 % en 1971, 18,2 % en 1972). Prévisions : investissements doublés, accroissement de la production fixé à 5 %, développement des exportations.

Les inondations catastrophiques d'avril 1973, dans le nord-est de la Tunisie pourraient cependant le remettre en question. Bien qu'amorties par les barrages récemment construits dans les zones de Nebahna et de la Medjerda, elles se soldent par un lourd bilan : 86 morts ou disparus, 53 000 sinistrés, 10 000 têtes de bétail emportées, 20 000 hectares de cultures détruites.

Diplomatie

L'offensive diplomatique tous azimuts se poursuit en 1972-1973. La visite du président Bourguiba en France (Journal de l'année 1971-1972) marque, à son avis, d'une façon éclatante, la réconciliation entre les deux pays. La situation au Proche-Orient et les relations bilatérales sont examinées, mais surtout le problème de la sécurité en Méditerranée.

Le ministre des Affaires étrangères Mohammed Masmoudi va à Pékin en août 1972 pour « se rendre compte sur place de la position de la Chine quant à l'équilibre des forces dans le monde et particulièrement en faveur de la préservation de la paix en Méditerranée ». Voyage fructueux : outre une grande identité de vues – Pékin estime dangereuse l'emprise des deux super-grands sur la Méditerranée –, un accord commercial et un accord de coopération économique et sociale sont signés tandis que la Chine consent à un prêt de 40 millions de dollars.

Mohammed Masmoudi se rend également à Hanoi – des représentations diplomatiques doivent être échangées entre le Viêt-nam du Nord et la Tunisie – et en Égypte. Le colonel Kadhafi, chef de l'État libyen, invité officiellement en décembre 1972, rencontre pour la première fois le président Bourguiba. Les deux pays expriment leur volonté de coopération, et de nombreux accords bilatéraux, tant commerciaux que culturels et techniques, sont conclus.

Une nouvelle convention de coopération culturelle est signée avec la France, le 3 mars 1973.

Zaïre

Kinshasa. 22 480 000. 10. 4,2 %.
Économie. PNB (70) 94. Production (68) : G 107. Énerg. (*70) : 73. C.E. (70) : 37 %.
Transports. (*70) : 657 M pass./km, 1 927 M t/km. (*69) : 55 800 + 43 100. (*70) : 464 826 000 pass./km.
Information. (69) : 7 quotidiens ; tirage global : *25 000. (70) : *63 000. (69) : 65 000. (70) : 13 600 fauteuils ; fréquentation : 1,1 M. (70) : 37 000.
Santé. (69) : 614.
Éducation. (69). Prim. : 2 822 908. Sec. et techn. : 243 998. Sup. : 10 165.
Institutions. État indépendant le 30 juin 1960. République présidentielle. Constitution de 1967, amendée le 7 décembre 1970 : le parti unique devient l'« institution suprême de la République ». Président de la République et chef de l'exécutif : lieutenant général Mobutu Sese Seko, réélu pour la seconde fois le 31 octobre 1970. Le 27 août 1971, la République démocratique du Congo prend le nom de Zaïre.

Vatican

L'Église romaine demeure la grande préoccupation du régime militaire zaïrois qui, faute de pouvoir la soumettre à sa loi, entend la réduire au silence. En juillet 1972, la réconciliation entre Dieu et César semble scellée ; le général Mobutu Sese Seko reçoit pendant une heure le cardinal Malula autorisé à rentrer à Kinshasa après un long exil. Mais, en juin 1973, le chef de l'État accuse le Vatican de mener des « activités subversives » contre son régime. La querelle entre Kinshasa et Rome rebondit : expulsions de missionnaires belges (août), suppression des organisations confessionnelles de jeunesse (décembre), accusations lancées contre certains évêques zaïrois à qui est reproché la rédaction d'un rapport antigouvernemental (février), interdiction des réunions à caractère religieux (avril).

Fermeté

Le chef de l'État ne néglige aucun moyen pour renforcer son autorité personnelle et multiplie les sanctions à l'encontre des opposants de tous bords. En juillet 1972, il destitue huit ambassadeurs accusés de malversations financières et neuf généraux sont « admis à faire valoir leurs droits à la retraite ». Les ministres eux-mêmes n'échappent pas à ces purges brutales ; Ntita Tsisambo doit abandonner le portefeuille de la Fonction publique après avoir été accusé de « tribalisme éhonté ». En novembre, un ancien ministre de la Justice, Ndala Tshisanga wa Kashala Mudabiata, est condamné à dix ans de prison pour détournement de fonds.