Hassan II adresse une lettre aux leaders des six partis d'opposition et il accepte la présence de ministres sans portefeuille au sein du gouvernement, de façon à contrôler la préparation des élections. Mais l'Istiqlal et la fraction de l'UNPF animée par Abdallah Ibrahim souhaitent un gouvernement d'union responsable, limité à l'opposition, et doté de pouvoirs étendus. Quant à la branche de Rabat de Me Bouabid, elle ne se satisfait plus d'élections législatives : elle demande que le peuple soit appelé à élire une assemblée constituante susceptible de définir tous les pouvoirs, y compris ceux de la monarchie héréditaire. Aussi n'est-ce pas un gouvernement d'union nationale que forme Ahmed Osman, directeur du cabinet royal, qui succède à Karim Lamrani.

De lourdes peines de prison et des amendes frappent les anciens ministres et hauts fonctionnaires déférés devant la Cour spéciale de justice pour corruption et trafic d'influence. Mais ce procès, annoncé avec éclat (Journal de l'année 1971-1972), ne suscite guère d'intérêt en face des troubles intérieurs qui se multiplient à la suite de plusieurs attentats.

Des dirigeants des partis d'opposition sont blessés par des lettres piégées. Des bandes armées provoquent des émeutes à Moulay Bouazza et à Goulmina. La Libye – avec laquelle les rapports sont de plus en plus tendus – est accusée d'entretenir un climat d'insécurité. Plusieurs dirigeants de l'UNFP sont arrêtés sous l'inculpation de collusion avec des éléments subversifs, et la branche de Rabat est suspendue. Le Code des libertés publiques – qui concerne notamment le droit d'association sous le régime duquel existe un parti comme l'UNFP – est révisé dans le sens d'une plus grande sévérité.

Des grèves se produisent à l'université de Rabat tandis que le SNES préconise de profondes réformes. À la suite d'un incident qui provoque la mort d'un agent de police, l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), de tendance progressiste, est dissoute. Face à l'agitation universitaire, le pouvoir durcit sa position.

Seul le monde rural obtient quelque satisfaction au cours de cette année : 90 000 ha de terre sont distribués à de petits fellahs, et la reprise des anciennes terres de colonisation est envisagée.

Le 3 mars 1973, Hassan II annonce la marocanisation de l'économie. La loi paraît le 12 mai et précise les conditions que doivent remplir les sociétés pour avoir droit de cité au Maroc. La loi touche tous les secteurs de l'économie, et les milieux étrangers parlent d'un véritable raz de marée. Cette loi permet en effet de marocaniser toute société anonyme, à tout moment.

Île Maurice

Port-Louis. 820 000. 400. 2,1 %.
Économie. PNB (70) 233. Production (66) : G 99. Énerg. (*70) : 182. C.E. (70) : 36 %.
Transports. (*70) : 12 500 + 5 600.
Information. (69) : 9 quotidiens ; tirage global : 64 000. (70) : 104 000. (70) : 18 000. (69) : 70 000 fauteuils ; fréquentation : 8,3 M. (70) : 18 000.
Santé. (70) : 198. Mté inf. (70) : 57.
Éducation. (69). Prim. : 146 490. Sec. et techn. : 43 715. Sup. (68) : 178.
Institutions. État indépendant le 12 mars 1968. Constitution de 1967, amendée le 18 novembre 1969. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : John Rennie. Premier ministre : Seewoosagur Ramgoolam.
La politique intérieure reste dominée par les tensions entre le gouvernement et le Mouvement militant mauricien (MMM) ; les dirigeants, arrêtés en 1971, sont libérés en décembre 1972. Les élections municipales sont ajournées. En guise de protestation, plusieurs députés démissionnent. Ce qui n'empêche pas le Parlement de reconduire pour la 3e fois l'état d'exception, le 17 novembre 1972. Le Premier ministre continue de renforcer ses liens avec le monde francophone. Le Fonds européen de Bruxelles porte son aide de 15 à 25 millions de francs. La Chine accorde un prêt de 420 millions.

Mauritanie

Nouakchott. 1 200 000. 1. 2,2 %.
Économie. PNB (68) 170. Énerg. (*70) : 93. C.E. (68) : 38 %.
Transports. (*70) : 6 248 M t/km. (69) : 4 200 + 5 000. (*70) : 79 774 000 pass./km.
Information. (70) : *55 000. (63) : 500 fauteuils ; fréquentation : 0,07 M.
Santé. (69) : 44. Mté inf. (64-65) : *187.
Éducation. (68). Prim. : 26 200. Sec. et techn. : 3 186.
Institutions. État indépendant le 28 novembre 1960. République (28 novembre 1958). Constitution de 1961 : régime présidentiel. Président de la République et président du Conseil des ministres : Moktar Ould Daddah, réélu pour la troisième fois le 8 août 1971.
Moktar Ould Daddah dénonce, le 5 février 1973, les accords de coopération avec la France et décide de créer une monnaie nationale. De nouveaux accords sont signés le 15 février. À l'intérieur, l'opposition s'organise. De violents heurts ont lieu avec les forces de l'ordre (un mort, le 30 avril, à Nouakchott). Les syndicalistes qui refusent de rallier la Nouvelle union des travailleurs mauritaniens (gouvernementale) sont arrêtés.

Niger

Niamey. 4 130 000. 3. 2,7 %.
Économie. PNB (63) 80. Énerg. (*70) : 27. C.E. (63) : 8 %.
Transports. (69) : 3 800 + *5 000. (*70) : 72 414 000 pass./km.
Information. (69) : 1 quotidien ; tirage global : 2 000. (70) : *100 000. (70) : 3 800 fauteuils ; fréquentation : 0,8 M. (70) : 4 000.
Santé. (69) : 69.
Éducation. (69). Prim. : 84 248. Sec. et techn. : 6 272.
Institutions. État indépendant le 3 août 1960. République (18 décembre 1958). Constitution de 1960 ; régime présidentiel. Président de la République et chef de l'exécutif : Diori Hamani, réélu pour la troisième fois le 1er octobre 1970. Réexamen, fin 1972, des accords avec Paris.

Nigeria

Lagos. 56 510 000. 61. 2,5 %.
Économie. PNB (67) 67. Production (66) : G 111. Énerg. (*70) : 45. C.E. (67) : 16 %.
Transports. (*70) : 987 M pass./km, 1 595 M t/km. (69) : 39 300 + 23 700.  : 96 000 tjb. (*70) : 213 623 000 pass./km.
Information. (66) : 24 quotidiens ; tirage global : *417 000. (70) : 1 275 000. (70) : 75 000. (60) : 65 400 fauteuils. (70) : 80 000.
Santé. (68) : 2 180.
Éducation. (68). Prim. : 1 791 309. Sec. et techn. : 200 378. Sup. : 9 775.
Institutions. État fédéral indépendant le 1er octobre 1960. République proclamée le 1er octobre 1963. Constitution de 1967. Président du Conseil militaire suprême : lieutenant-colonel Yakubu Gowon. Le Conseil exerce l'ensemble des pouvoirs.

Ouganda

Kampala. 10 130 000. 43.
Économie. PNB (67) 144. Production (70) : G 148. Énerg. (*70) : 72. C.E. (69) : 18 %.
Transports. (69) : 32 300 + 6 000. (*70) : 267 630 000 pass./km.
Information. (70) : 7 quotidiens ; tirage global : 83 000. (69) : *509 000. (69) : *37 000. (65) : 16 000 fauteuils ; fréquentation : 2 M. (70) : 30 000.
Santé. (69) : 1 099.
Éducation. (68). Prim. : 632 162. Sec. et techn. : 39 456. Sup. (69) : 2 494.
Institutions. État fédéral indépendant le 9 octobre 1962. République proclamée le 9 octobre 1963. Constitution de 1966 ; régime présidentiel. Président de la République et chef du gouvernement : général Idi Amin Dada, chef de la junte militaire qui renverse le président Milton Oboté le 25 janvier 1971.

Expulsions

Le général Idi Amin Dada, surnommé familièrement BigDaddy, continue d'attirer l'attention de l'opinion internationale sur son pays par son attitude essentiellement fantasque. Celle-ci l'amène à prendre des décisions inattendues sur le plan diplomatique et à multiplier les déclarations fracassantes.