maison de Bourbon

Maison souveraine, issue de la souche capétienne, dont les membres ont régné en France (xvie-xixe s.), à Naples, en Sicile, dans les Deux-Siciles et à Parme (xviiie-xixe s.), et qui règne en Espagne depuis le xviiie s.






Fondée au début du xe s., la première maison de Bourbon serait issue d'un fidèle de Guillaume Ier le Pieux, duc d'Aquitaine, nommé Aimard, qui vivait vers 915 et dont le fils Aimon Ier, seigneur de Bourbon, possédait en 950 le château de Bourbon (aujourd'hui Bourbon-l'Archambault) qui donna son nom à la famille. D'abord vassaux du comte de Bourges puis vassaux directs de la couronne de France (xe s.), les seigneurs de Bourbon agrandirent leur seigneurie qui passa par mariage en 1197 à Gui II de Dampierre, époux de Mahaut, dame de Bourbon, souche de la deuxième maison de Bourbon (dite de Bourbon-Dampierre), puis en 1272 à Robert de France, comte de Clermont, fils de Louis IX qui fonda la troisième maison (ou maison capétienne) de Bourbon. En 1327, Charles IV le Bel érigea la seigneurie de Bourbon en duché-pairie en faveur du fils aîné de Robert de Clermont, Louis Ier, 1er duc de Bourbon, dont les successeurs pratiquèrent une active politique d'accroissement territorial et firent du duché de Bourbon (ou de Bourbonnais) le centre d'un vaste État princier. La maison de Bourbon devint ainsi au xve s. l'une des plus puissantes maisons féodales du royaume. Elle était alors divisée en trois branches :
1o la branche ducale (ou aînée), issue de Pierre Ier, 2e duc de Bourbon, possédait les duchés de Bourbon et d'Auvergne, les comtés de Forez et de Clermont-en-Beauvaisis, le Beaujolais, la seigneurie de Château-Chinon.
2o la branche de Montpensier, fondée par Louis Ier, comte de Montpensier (1434-1486), fils de Jean Ier, 4e duc de Bourbon, détenait le comté de Montpensier, le dauphiné d'Auvergne, les comtés de Sancerre et de Clermont-en-Auvergne, et les Dombes.
3o la branche de Vendôme, formée par Louis, comte de Vendôme (1412-1446), fils de Jean Ier, comte de la Marche, avait le comté de Vendôme et la principauté de La Roche-sur-Yon.

Au début du xvie s., la maison de Bourbon fut affaiblie par la « trahison » de son chef, le connétable de Bourbon (Charles III, 8e duc de Bourbon), dont la majeure partie des biens, qui comprenaient ceux de la branche ducale et ceux de la branche de Montpensier, furent confisqués (1527) puis réunis (1531) au domaine royal par François Ier. La mort sans postérité du connétable (1527) fit de la branche de Vendôme la branche aînée de la famille. Entrée en possession des vastes domaines de la maison d'Albret par le mariage (1548) d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, avec Jeanne (III) d'Albret, cette branche accéda à la couronne de France avec Henri de Bourbon, roi de Navarre (Henri III), fils d'Antoine de Bourbon qui succéda (1589) sous le nom d'Henri IV à son cousin au vingt et unième degré, Henri III, dernier roi de la dynastie des Valois. En 1607, Henri IV fit rentrer dans la mouvance française les biens de sa famille, mais maintint la séparation théorique de la couronne de Navarre de celle de France et s'intitula « roi de France et de Navarre ». Arrivée au trône avec Henri IV, la branche de Vendôme (ou maison de la Marche-Vendôme) régna sur la France jusqu'en 1792 avec Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, puis de 1814 à 1830 avec Louis XVIII et Charles X, et s'éteignit en 1883 à la mort du comte de Chambord.
Après la révolution de juillet 1830, la branche cadette d'Orléans, issue du second fils de Louis XIII, Philippe Ier, duc d'Orléans, accéda à la couronne avec Louis-Philippe Ier, roi des Français de 1830 à 1848.
Après avoir donné des rois à la France, la maison de Bourbon en fournit à plusieurs pays d'Europe. En 1700, elle accéda au trône d'Espagne avec le petit-fils de Louis XIV, Philippe V, chef de la branche de Bourbon-Espagne qui règne encore sur ce pays avec Juan Carlos. En 1734, elle accéda aux trônes de Naples et de Sicile avec Charles VII et s'y maintint avec Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles, tige du rameau de Bourbon-Deux-Siciles, puis avec ses descendants jusqu'en 1860. Enfin, en 1748, elle acquit les duchés de Parme et de Plaisance donnés à un fils de Philippe V, l'infant Philippe, tige du rameau de Bourbon-Parme, qui régna sur les duchés jusqu'en 1859.

De nombreuses branches sont issues de Robert de Clermont, souche commune à tous les Bourbons. Des trois branches qui se sont détachées aux xive et xve s. de la branche ducale, seule la branche de Bourbon-Busset fondée par Louis de Bourbon (1438-1482), prince-évêque de Liège, et considérée comme bâtarde, s'est perpétuée jusqu'à nos jours. En effet, celle de Montpensier finit en 1627 avec Marie, duchesse de Montpensier, mère d'Anne Marie Louise de Montpensier (la « Grande Mademoiselle »), et celle de la Marche s'éteignit vers 1463. La maison de la Marche-Vendôme, issue de cette dernière branche, a donné naissance au xvie s. à la branche de Condé qui produisit les deux rameaux de Conti, au xviie s. aux première et seconde branche de Bourbon-Orléans (ou troisième et quatrième maisons d'Orléans), puis au xviiie s. à la branche de Bourbon-Espagne, issue de Philippe V et qui donna, outre les rameaux de Bourbon-Deux-Siciles et de Bourbon-Parme, encore représentés aujourd'hui, le rameau de Bourbon-Cadix-Séville, issu d'un fils de Charles IV d'Espagne, l'infant François de Paule (1794-1865), et auquel appartiennent les Bourbons d'Espagne actuels.
Pour en savoir plus, voir les articles Ancien Régime, histoire de la France.





