Noms donnés à la partie centrale de l'Italie tant qu'elle fut sous le gouvernement des papes (756-1870).
À l'origine des États de l'Église, il y a les biens, dits « Patrimoine de Saint-Pierre », constitués en fait par Grégoire Ier le Grand (590-604), que la faiblesse de Byzance en Italie amène à se saisir de l'administration civile de la ville et du duché de Rome. Par la suite, ce domaine s'agrandit du Latium, de la Sabine, de la Campanie, de l'exarchat de Ravenne, de la Pentapole. Deux menaces pèsent sur l'État pontifical : l'emprise des empereurs après Charlemagne (800) ; la féodalisation intérieure, la nomination du pape, au Xe s., étant à la merci de la noblesse romaine. Longtemps convoité par les rois de Germanie, l'État pontifical est menacé, au XIVe s., par les ambitions françaises (Anagni, 1303) tandis que, travaillée par des mouvements démocratiques, Rome est en perpétuel état de rébellion. Au point que, de 1309 à 1376, les papes – tous Français d'origine – se fixent en Avignon.
À peine la papauté, avec Grégoire XI, a-t-elle réintégré Rome qu'éclate le Grand Schisme (1378-1417) qui voit l'Europe déchirée entre deux puis trois obédiences. Ce n'est qu'en 1443 que Rome redevient définitivement le siège de la papauté. Les papes de la fin du XVe s. et ceux du XVIe s., princes italiens et mécènes avant tout, agrandissent considérablement leurs États, qui doivent cependant se garder des ambitions françaises et espagnoles. Au XVIIe et au XVIIIe s., l'État pontifical est une théocratie assez mal gouvernée : la papauté perd une partie de son prestige international et de son rayonnement spirituel.
La Révolution française puis Bonaparte détruisent l'État pontifical, qui est incorporé aux territoires français, tandis que Pie VI et Pie VII sont persécutés. Restauré en 1815, l'État pontifical (ou les États de l'Église, selon l'expression courante au XIXe s.) se révèle très vulnérable : les poussées nationalistes et libérales venues du Nord le réduisent comme une peau de chagrin à partir de 1831. En 1848-1849, Pie IX doit même céder devant une éphémère République romaine. Après de nouvelles annexions opérées par le Piémont en 1860, après l'évacuation, en août 1870, des troupes françaises qui défendent Rome contre les nationalistes, les Italiens n'ont pas grand mal à entrer dans la Ville éternelle et à en faire la capitale du jeune royaume d'Italie (20 septembre 1870) : les États de l'Église ont vécu. Les papes vont désormais se considérer comme prisonniers dans Rome.
Le problème ne sera réglé que le 11 février 1929, quand les accords du Latran, signés entre Pie XI et Mussolini reconnaîtront comme État souverain la Cité du Vatican.
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