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infection sexuellement transmissible (IST)

Roséole
Roséole

Maladie pouvant être transmise au cours d'un rapport sexuel (→ sexualité).

L’expression « infections sexuellement transmissibles » (IST) tend aujourd’hui à remplacer celle de maladies sexuellement transmissibles, car certaines de ces affections sont asymptomatiques pendant une partie de leur évolution (sans symptôme apparent, elles peuvent passer inaperçues, ne répondant pas à l’acception du mot maladie dans le langage courant).

Anciennement appelées maladies vénériennes – du nom de Vénus, la déesse romaine de l'Amour –, ou maladies honteuses, elles regroupent des maladies très variées, contractées, le plus souvent, lors d'un rapport sexuel. Elles restent mal connues du public, à l'exception du sida. Il existe actuellement, en France et dans le reste du monde, une recrudescence des infections sexuellement transmissibles.

1. Les causes des IST

Les infections sexuellement transmissibles, ou IST, sont dues à des micro-organismes pathogènes de quatre types : des bactérie (syphilis, gonococcie ou blennorragie, chancre mou, maladie de Nicolas-Favre, infection à chlamydiae et à mycoplasmes), des champignons microscopiques unicellulaires, ou levures (candidoses génito-urinaires), des protozoaires (trichomonase), et des virus (herpès, condylomes acuminés, mononucléose infectieuse, hépatite virale B, sida).

2. Les principales IST

Si certaines IST présentent des symptômes bien visibles, d'autres sont beaucoup plus discrètes… et d’autant plus redoutables.

2.1. Les IST bactériennes

La gonococcie ou blennorragie

Vulgairement appelée « chaude-pisse », la blennoragie est causée par une bactérie diplocoque Gram négatif, le gonocoque (Neisseria gonorrhoeae), dont la transmission est essentiellement sexuelle. La période d'incubation varie entre 24 heures et 15 jours. Les premiers signes d'alerte sont, chez l'homme, des brûlures très importantes à la miction et un écoulement de pus à l'extrémité de la verge.

Les risques de contamination sont plus importants pour la femme, chez qui l'infection se développe souvent sans signes cliniques particuliers.

Un traitement bien adapté conduit à une guérison rapide. Sans traitement, les risques d'évolution vers une stérilité irréversible sont très importants.

La chlamydiose

Elle est due à une bactérie (Chlamydiae trachomatis → chlamydia) qui, pour se reproduire, détourne le métabolisme des cellules, à la manière d'un virus. C'est une maladie très fréquente, surtout chez les jeunes. Son temps d'incubation peut être relativement long, parfois supérieur à une quinzaine de jours.

Les signes cliniques sont relativement discrets : brûlures ou démangeaisons chez l'homme, pertes blanches chez la femme. Cette discrétion ne doit pas masquer la gravité de la maladie et ses conséquences désastreuses sur la fécondité des jeunes filles. La guérison est obtenue rapidement si un traitement antibiotique est mis en place, pendant 21 à 24 jours, pour les deux partenaires.

Les urétrites non spécifiques

Diverses affections urogénitales (vaginoses, vulvites, etc.) et, en particulier, les urétrites non spécifiques (non gonococciques et non chlamydiennes), caractérisées par un écoulement urétral, une dysurie et une inflammation méatique, peuvent avoir pour origine une infection par Ureaplasma urealyticum, un mycoplasme sexuellement transmissible.

Ureaplasma urealyticum, qui appartient à la famille des mycoplasmataceae (ordre des mycoplasmatales, classe des molliculites) est une bactérie de petite taille (diamètre de 0,3-0,8 µm), présente dans le tractus génital des hommes et des femmes (→ appareil génital) ayant une vie sexuelle active (culture positive chez la plupart des adultes sexuellement actifs).

La syphilis

Familièrement appelée vérole (à ne pas confondre avec la petite vérole, ancien synonyme de la variole), la syphilis est causée par une très petite bactérie, le tréponème (Treponema pallidum). Sa transmission est directe : elle se fait à partir d'une lésion génitale ou extragénitale. Le tréponème est également transmissible à l'enfant au cours de la grossesse, car il est capable de franchir la barrière hémato-placentaire (→ placenta).

L'évolution se fait en trois stades. Le premier, après une incubation de 3 semaines à 3 mois, se manifeste par l'apparition d'un chancre : petite ulcération rouge, creusée en son centre, située sur les organes génitaux ou, éventuellement, sur la bouche ou l'anus. Cette lésion disparaît en l'absence de traitement, mais annonce le passage au deuxième stade. Après une incubation comprise entre 60 jours et 6 mois, des petites taches roses apparaissent sur le thorax et les membres (roséole), accompagnées d'autres troubles : nausées, céphalées, perte de cheveux, fatigue importante, courbatures, plaques muqueuses très contagieuses au niveau de la bouche. Puis ces symptômes régressent et le sujet infecté paraît guéri. Cependant, dans environ 30 % des cas, la maladie, après une interruption de 1 à 10 ans, évolue vers sa forme tertiaire, la syphilis neurologique : troubles neurologiques graves (vertiges, paralysie, troubles de la personnalité), importante destruction tissulaire touchant tous les organes, complications cardio-vasculaires (insuffisance aortique). Le pronostic vital est alors sérieusement mis en jeu.

La guérison est pourtant rapide si le diagnostic et le traitement sont faits au stade primaire. Toutefois, il n'existe pas d'immunité acquise, et un sujet peut être contaminé plusieurs fois.

2.2. Les IST virales

La condylomatose vénérienne

La condylomatose, ou verrue vénérienne (→ condylome génital), est due à un virus (papillomavirus) dont il existe plusieurs formes cliniques : certaines donnent des verrues irrégulières, nommées « crêtes-de-coq », qui siègent sur la verge ou sur le gland, sur la vulve ou sur le col de l'utérus.

Ces condylomes, très plats, peuvent passer facilement inaperçus. Cette maladie se transmet exclusivement par voie sexuelle, et sa durée d'incubation est comprise entre 1 et 10 mois. Les premiers signes cliniques se traduisent par des petites excroissances à surface irrégulière, situées sur les organes sexuels. Chez la femme, le frottis vaginal systématique permet de découvrir les cellules condylomateuses et d'envisager le traitement. Les excroissances sont alors supprimées par électrocoagulation ou traitement au laser, mais la guérison définitive est rare, et la recontamination toujours possible. La surveillance doit donc être très stricte, surtout chez la femme, car les condylomes peuvent évoluer vers un cancer du col de l'utérus.

L'hépatite B

L'hépatite B, beaucoup plus grave que l'hépatite A, est causée par un virus ayant une affinité pour les cellules hépatiques (→ foie). Elle est transmise par le sang, le sperme, la salive et les sécrétions vaginales. La maladie peut également être transmise à l'enfant, à partir du troisième mois de grossesse.

Après une durée d'incubation de 15 jours à 6 mois, les premiers signes d'alerte apparaissent : asthénie, fièvre, douleurs musculaires, ictère (jaunisse) et selles décolorées. Il n'existe pas de traitement spécifique, seuls le repos complet et un évitement des produits toxiques pour le foie sont prescrits. La convalescence dure de 1 à 6 mois. L'hépatite peut parfois devenir chronique et aboutir à une cirrhose du foie. Il existe actuellement un vaccin très performant, obligatoire pour le personnel médical soignant, et qui devrait être administré à toutes les personnes à risque soignées pour une IST.

L'herpès génital

Cette forme d'herpès a pour agent infectieux un virus (Herpes simplex) de type 2 (HSV 2) ; elle représente environ 10 à 15 % des IST, mais ce pourcentage augmente chaque année. Les complications sont rares ; l'herpès génital peut cependant favoriser l'apparition d'autres maladies sexuellement transmissibles. La contamination se fait généralement par voie sexuelle, mais d'autres modes de contamination sont possibles. La première infection survient entre 2 et 20 jours après le rapport, et se traduit par la présence de petites vésicules, agglutinées ou isolées, au niveau de la vulve ou du vagin, sur la verge ou sur le gland. Ces dernières sont douloureuses, et la crise d'herpès peut s'accompagner de fatigue, de température, voire d'une adénopathie.

L'herpès étant une maladie virale, il n'existe pas de traitement totalement satisfaisant. On estime que 60 % des personnes contaminées guérissent spontanément – à moins d'une nouvelle contamination – et que 40 % d'entre elles continueront à héberger le virus et à être sujettes à des récidives plus ou moins fréquentes. Il existe quelques antiviraux en crème ou en comprimés qui diminuent la fréquence des récidives et limitent la durée des crises, sans pour autant garantir la guérison. Les complications sont graves en cas de grossesse, et une crise d'herpès au niveau de la vulve, lors de l'accouchement, impose le recours à une césarienne.

Le sida

Le sida est dû à un virus, le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Apparu au xxe s., c’est l’IST la plus récente, et celle dont les conséquences sont les plus dramatiques à l’échelle mondiale.

2.3. Les IST à champignons et protozoaires

Les candidoses

Ce sont des maladies causées par une levure (un champignon unicellulaire) du genre Candida, en particulier Candida albicans (→ candidose). Ce champignon vit le plus souvent en saprophyte dans le tube digestif sans provoquer de maladie, mais il peut devenir agressif dans certaines occasions : en cas de traitement antibiotique, de prise d'un contraceptif oral (pilule), lors de certaines maladies telles que le diabète, ou au cours d'une grossesse. Cette maladie sans gravité est surtout désagréable, car elle entraîne une gêne psychologique et sexuelle. Sa transmission est uniquement sexuelle chez l'homme, alors que, chez la femme, elle peut se faire par simple contact avec des linges souillés ou par autocontamination (Candida albicans est retrouvé au niveau des selles).

La durée d'incubation varie de 1 jour à 1 mois environ. La maladie se caractérise par des pertes blanchâtres, des sensations de brûlure et des démangeaisons au niveau de la vulve. Les brûlures, quand elles existent, surviennent au niveau du gland.

Le traitement – ovules ou application de crème – est souvent rapide et efficace ; cependant, les mesures d'hygiène sont capitales pour éviter les récidives.

La trichomonose

L'agent pathogène de la trichomonose est un protozoaire parasite, Trichomonas vaginalis. Cette infection sans gravité, sans complications graves, touche environ 20 % des femmes. La transmission se fait essentiellement par voie sexuelle, plus rarement par un linge contaminé (le parasite est résistant au savon). La durée d'incubation est de 2 à 20 jours.

Chez la femme, la maladie se traduit par des démangeaisons, des brûlures au niveau de la vulve et du vagin, des pertes malodorantes et jaunâtres. Les rapports sexuels sont souvent douloureux. Chez l'homme, les signes cliniques peuvent être inexistants. La guérison est obtenue rapidement par un traitement antibiotique local ou général.

3. Des maladies en recrudescence

Le sida est une IST particulière à bien des égards, c’est pourquoi elle est généralement considérée séparément des autres IST (sida).

Certaines maladies, comme la syphilis, ont fait des ravages au cours des siècles passés, mais les progrès de la médecine, en particulier la découverte des antibiotiques, ont considérablement réduit le nombre des personnes contaminées. Néanmoins, depuis quelques années, on assiste à une recrudescence de cette infection et, de façon générale, à une véritable progression des maladies sexuellement transmissibles.

Si, dans les années 1950-1960, le nombre de cas de gonococcie tendait à diminuer, notamment aux États-Unis, les infections n'ont pas cessé d'augmenter. On recense actuellement de plus en plus de cas de syphilis congénitale.

En Grande-Bretagne, les enquêtes polycliniques indiquent qu'en vingt ans l'incidence de l'herpès génital a triplé (elle a été multipliée par quinze aux États-Unis). Ce phénomène s'explique par l'évolution des comportements sociaux : multiplicité des rapports et des partenaires. Ces maladies frappent surtout les personnes ayant une activité sexuelle importante, essentiellement des jeunes, qui ne sont pas toujours correctement informés des risques de contamination.