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chat

Chat American shorthair
Chat American shorthair

Petit félin au museau court et arrondi, aux griffes rétractiles, dont il existe des espèces sauvages et une espèce domestique.

Cri : le chat miaule ; la femelle est la chatte, le petit le chaton.

1. Classification

espèce : Felis silvestris
genre : Felis
sous-famille : féliné
famille : félidé
ordre : carnivore
infra-classe : euthérien
sous-classe : thérien
classe : mammifère
sous-embranchement : vertébré
embranchement : chordé

On appelle « chats » différents petits félins sauvages de taille et de morphologie proches de celles du chat domestique (Felis silvestris catus), appartenant tous à la sous-famille des félinés. Citons le chat des marais ou chaus (Felis chaus), se rencontrant de l’Égypte au Viet Nam ; le chat des sables (Felis margarita), présent de façon discontinue en Afrique du Nord et en Asie occidentale et centrale ; le chat à pattes noires (Felis nigripes), dans le sud de l’Afrique ; le chat bai (Pardofelis badia), à Bornéo ; le chat des Andes (Leopardus jacobita) et le chat des pampas (Leopardus colocolo) en Amérique du Sud ; le chat pêcheur ou chat viverrin (Prionailurus viverrinus), en Inde et en Asie du Sud-Est.

La locution « chat sauvage » désigne quant à elle spécifiquement l’ensemble des représentants sauvages de l’espèce Felis silvestris, à laquelle appartient aussi le chat domestique.

2. Le chat sauvage

Le chat sauvage est en moyenne plus trapu et massif que le chat de gouttière (long. : 45 à 80 cm + 30 cm de queue, poids : 3 à 8 kg, hauteur à l’épaule : env. 35 cm). Son pelage est brun à rayures noires (avec des variations individuelles et en fonction des sous-espèces) et il possède une longue queue touffue. Présent en Europe, en Afrique et en Asie, le chat sauvage occupe des milieux très variés : forêts (sauf les forêts pluviales et les forêts de conifères), savanes, steppes, déserts. Il chasse de petits mammifères (surtout des rongeurs, mais aussi des lapins), des lézards et des oiseaux, occasionnellement des insectes. C’est un animal farouche et solitaire en-dehors de la reproduction, qui occupe un territoire d’environ 3 km2.

L’espèce comprend 5 sous-espèces sauvages (le chat domestique, Felis silvestris catus, étant sa 6e sous-espèce), différant notamment par leur pelage et leur localisation géographique :
· le chat sauvage d’Europe ou chat sylvestre (Felis silvestris silvestris), en Europe ;
· le chat ganté ou chat sauvage d’Afrique (Felis silvestris lybica), en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Ouest ;
· Felis silvestris cafra, en Afrique subsaharienne ;
· Felis silvestris ornata, en Asie centrale ainsi qu’au Pakistan et en Inde ;
· le chat de Biet (Felis silvestris bieti), dans l’ouest de la Chine (le statut de ce chat est toutefois controversé : il s’agirait, selon certains auteurs, d’une espèce à part entière), limité au versant est du plateau tibétain.

La population globale de chats sauvages est en diminution, en raison de plusieurs facteurs : un phénomène d’hybridation avec les chats domestiques (il ne reste probablement que peu de populations non « contaminées » génétiquement par les croisements avec des chats domestiques), la dégradation, la fragmentation ou la destruction de leurs habitats, le trafic routier, la raréfaction de leurs proies de prédilection (les rongeurs, éradiqués pour protéger les cultures).

Pour en savoir plus, voir l'article chat sauvage [faune].

3. Le chat domestique

On a longtemps cru que la domestication du chat avait commencé en Égypte au début du IIIe millénaire avant J.-C. En effet, pendant longtemps, les plus anciennes preuves archéologiques connues de la relation chat/homme remontaient à cette époque – ainsi, par exemple, une peinture datant de 2600 avant J.-C. représente un chat portant un collier. Mais avec la découverte, à Chypre en 2004, d’un squelette de chat enterré à côté d’un corps humain dans une tombe datant de 7000 av. J.-C., il est devenu évident que la domestication du chat est bien plus ancienne (au moins 9 500 ans).

3.1. Une domestication ancienne, dans le Croissant fertile

L’hypothèse couramment admise aujourd’hui est qu’elle s’est produite dans le Croissant fertile (hypothèse étayée par une étude génétique de 2007), avec les débuts de l’agriculture et la sédentarisation (→ élevage) de l’homme, au néolithique. Les chats auraient été attirés dans les premiers villages par les rongeurs venus se nourrir dans les réserves de grains : ils se seraient en quelque sorte apprivoisés eux-mêmes, plus qu’ils n’auraient été attirés volontairement par les hommes.

La majorité des chercheurs s’accorde sur le fait que le chat domestique (Felis silvestris catus) aurait pour unique ancêtre le chat sauvage d’Afrique, ou chat ganté (Felis silvestris lybica). Non seulement l’aire de répartition de ce dernier couvre-t-elle le Croissant fertile, mais encore est-il moins farouche et plus enclin à vivre près des habitations humaines que les autres sous-espèces de chat sauvage.

3.2. Le chat dans l’Égypte ancienne

Dans l’Égypte antique, le chat acquiert une autre dimension en devenant un animal sacré, à la vie et à la dignité duquel il est interdit d’attenter. Il est divinisé sous la forme de Bastet, protectrice du foyer, déesse de la fécondité et de la joie, représentée sous les traits d’une chatte ou d’une femme à tête de chat.

À leur mort, les chats sont momifiés et enterrés dans des cimetières pour chats, telle la nécropole des chats de la ville de Bubastis (principal lieu de culte de Bastet). Des dizaines de milliers de momies de chats (ainsi que de nombreux autres animaux tels que mangoustes, renards, chiens, gazelles, singes…) ont ainsi été retrouvées dans divers sites le long du Nil.

3.3. La dispersion du chat dans le monde

À partir de l'Égypte, le chat domestique va conquérir le monde. Grand chasseur, il est embarqué sur les navires de commerce phéniciens et égyptiens pour éliminer les rats et souris qui sévissent dans les cales, ce qui favorise sa propagation. Il est introduit en Grèce puis à Rome, où il remplace le furet dans la chasse aux rongeurs. Son succès est immense dans le monde romain : au cours des premiers siècles de notre ère, il se répand dans tout l’Empire. Parallèlement, le chat domestique se répand assez tôt en Asie, d’abord en Chine et en Inde, beaucoup plus tardivement au Japon, où il connaît un grand succès à partir de l’an 1000. Enfin, le chat domestique arrive en Amérique avec les colons européens.

L’importance du chat dans la vie des hommes se traduit par sa présence dans les mythes, les religions et les traditions. Son image est toutefois ambivalente, tantôt positive, tantôt négative. Dans la Chine antique, il est un symbole de paix et de sérénité ; en Scandinavie, il est associé à Freyja, déesse de la beauté, de l’amour et de la fécondité ; dans la tradition juive, il aide à maintenir la propreté de la maison. Dans l’islam, son image est équivoque : il peut être l’incarnation du génie de chaque homme comme celle d’un djinn (créature maléfique). Dans l’Europe médiévale, il est condamné par l’Église, qui l’associe aux créatures du diable en raison notamment de ses mœurs nocturnes. Il est accusé de participer aux sabbats des sorcières et – surtout lorsqu'il est noir – fait les frais du zèle de l'Inquisition. Même si à la suite de la peste noire, au xive siècle, on comprend que le chat est un allié car il tue les rats responsables de la propagation de la maladie, il faut attendre le xviie et surtout le xviiie siècle pour qu'intervienne sa réhabilitation. Le chat est présent dans de nombreuses fables et contes pour enfants sous les traits d'un personnage rusé et malin (le Chat botté de C. Perrault), cruel mais gracieux (le Cochet, le Chat et le Souriceau de J. de la Fontaine), ou complètement surréaliste (le Chat de Cheshire de Alice au pays des merveilles de L. Carroll).

4. Anatomie et physiologie

Tout dans le physique du chat est lié à sa fonction de chasseur. Souplesse, rapidité, don de l'observation le rendent très efficace dans cette activité. Il possède les particularités anatomiques et physiologiques de tous les carnivores : fin squelette, système digestif réduit, sens aiguisés et dents acérées

4.1. Squelette et musculature

Le squelette du chat est comparable à celui de l'homme en de nombreux points, mais présente cependant quelques différences fondamentales. Ainsi, il n'a pas de clavicule, mais un os atrophié dans le muscle pectoral ; sa poitrine est donc étroite, et il peut se faufiler dans des endroits exigus. Ses vertèbres sont articulées les unes aux autres de façon très flexible, ce qui lui confère une grande souplesse. Sa musculature s'adapte parfaitement à la finesse de son squelette et lui procure la puissance nécessaire pour chasser. Lorsqu'il marche, il dépense peu d'énergie. Ses membres antérieurs supportent le poids de son corps alors que les postérieurs le propulsent vers l'avant. Le chat est digitigrade, c'est-à-dire qu'il marche sur le bout des doigts.

Sa mâchoire est puissante. Ses dents (30 à 32 dès l'âge de 7 ou 8 mois) sont celles d'un carnivore : canines fortes et acérées (ce sont les crocs), plus longues que les autres dents, pour mordre, et carnassières pour cisailler et broyer la viande.

4.2. Perception

L'odorat du chat est beaucoup plus développé que celui de l'homme. Il est particulièrement sensible à l'odeur des produits azotés. Plusieurs plantes très odorantes, telles la valériane officinale (Valeriana officinalis) et la cataire (Nepeta cataria), appelées aussi « herbes-aux-chats » (ainsi que menthe-aux-chats en ce qui concerne la cataire), provoquent chez lui une excitation très vive. Il ne faut pas les confondre avec l’« herbe à chat » vendue dans le commerce, qui est simplement de l’orge et qui sert au chat à se purger.

Le chat est également capable de distinguer divers goûts et peut être très difficile quant au choix de sa nourriture.

Sa vision est excellente. Son champ visuel est de 280 degrés (200 seulement chez l'homme), dont 130 degrés de chevauchement (zone appréhendée en même temps par les deux yeux, à l'intérieur de laquelle on voit en relief) ; il peut évaluer les distances avec une grande précision.

Il distingue les couleurs, mais sans doute pas les rouges. Sa rétine renferme un nombre très élevé de cellules sensibles à la lumière (bâtonnets), c’est pourquoi sa vision crépusculaire est excellente et sa vision nocturne, très supérieure à celle de l’homme (il a besoin de 6 fois moins de lumière pour percevoir formes et mouvements). En revanche, sa vision diurne n’est pas aussi performante (elle est inférieure à celle de l’homme).

Le chat entend aussi bien que l'homme, et même mieux pour certaines vibrations sonores. Ses moustaches (vibrisses) réagissent au moindre contact, et leur perte peut perturber gravement le chat. Il a un sens de l'équilibre étonnant et la faculté de se retourner pendant une chute pour retomber, la plupart du temps, sur ses pattes.

4.3. Autres caractéristiques

Comparable à celle du chien, la respiration du chat est 2 à 4 fois plus rapide que celle de l'homme. Comme il ne transpire pas, il halète lorsqu'il fait chaud (en accélérant sa respiration, il augmente l'évaporation d'eau dans les voies respiratoires).

5. La communication chez le chat

Le chat utilise différents types de signaux pour communiquer avec ses congénères et avec l’homme. L’essentiel de la communication, en particulier avec les autres chats, est olfactif : dépôt de phéromones (pour délimiter son territoire, marquer les objets ou individus familiers…) par marquage urinaire, frottements de la tête et du corps, léchage. Mais le chat dispose aussi de signaux tactiles (frottements), visuels (les oreilles en arrière indiquent l’inquiétude, le dos rond une menace…) et, bien sûr, sonores.

5.1. Miaulements

Pour se faire comprendre de son maître, le chat émet une gamme variée de miaulements, du plaisir à la plainte, en passant par ses demandes (manger, sortir…). Lorsqu’il se sent menacé ou pour intimider un intrus, il grogne ou émet un sifflement sourd du fond de la gorge (il feule). En période de rut ou de chaleurs, les chats émettent des longs miaulements très sonores.

5.2. Ronronnements

Le ronronnement est le plus souvent associé au bien-être, mais peut aussi se faire entendre en cas de stress (sans doute le chat se rassure-t-il de cette façon) ou de douleur (des études ont montré que ses ronronnements stimulent sa croissance osseuse et favorisent sa guérison en cas de fracture – ces mêmes ronronnements pourraient aussi être bénéfiques pour la santé humaine). La chatte et ses chatons communiquent en ronronnant lors de la tétée. Enfin, le ronronnement peut-être utilisé comme signe de soumission vis-à-vis d’un autre chat.

6. Les races de chats domestiques

Il existe plusieurs dizaines de races de chats domestiques. Contrairement aux chiens, les races de chats ne sont pas classées en groupes reconnus de façon internationale. Ainsi coexiste-t-il différents types de classement. Certains tiennent compte de la morphologie des chats, d'autres de la longueur des poils.

Pour en savoir plus, voir l'article races de chats domestiques.

7. La santé du chat

En dehors des soins courants destinés à procurer au chat une bonne hygiène de vie, un certain nombre de mesures préventives assurent une efficace protection contre de nombreuses affections : parasites, externes ou internes, et maladies infectieuses (virales et bactériennes).

Les chats vivent une quinzaine d'années ; le record de longévité connu est de 36 ans.

Pour en savoir plus, voir l'article santé du chat.

8. La vie quotidienne

Sur les quelque 400 millions de chats recensés dans le monde, on en comptait, en France en 2008, 10,7 millions (source : Sofres). Ils représentent 17 % des animaux familiers et sont désormais plus nombreux que les chiens (7,8 millions).

8.1. Le tatouage

Depuis 1992, tout chat vendu en France doit être tatoué ; près de 1 million de chats sont actuellement identifiés de cette façon, sur l'oreille ou sur la cuisse. Un fichier central informatisé conserve les références des animaux et de leurs maîtres, ce qui aide en particulier à retrouver les chats perdus.

Quelques-uns sont cependant capables de retrouver seuls la maison de leur maître après avoir effectué de très longs trajets (parfois plusieurs centaines de kilomètres). Toutefois, il n’est pas inutile d'accrocher au collier du chat une plaque sur laquelle figurent les coordonnées de son propriétaire.

8.2. L'alimentation

Le chaton doit être nourri au lait maternel jusqu’à son sevrage complet (vers 7 ou 8 semaines). Ensuite, bien que le chat soit un carnivore, une alimentation équilibrée devrait respecter les proportions suivantes : 50 % de viande ou de poissons, 20 % de riz ou de pâtes bien cuits, 20 % de carottes et légumes verts, 10 % d'huile, de levure et de sels minéraux.

Viande, poissons et abats apportent protéines et matières grasses. Les céréales (riz et pâtes) sont sources de sucres mais l'organisme du chat sait aussi transformer les matières grasses en sucres. Dans les légumes, le chat trouve les fibres végétales qui facilitent sa digestion ainsi que des vitamines. Le cholestérol qui imbibe le poil du chat se transforme, à la lumière du soleil, en vitamine D qui est ingérée lors du léchage. Les sels minéraux sont particulièrement importants pour les chatons et les chattes allaitantes.

En termes de boisson, seule l’eau est adaptée. Il vaut mieux éviter le lait de vache (même avec les jeunes chats), car il peut provoquer des problèmes digestifs en raison d’un déficit fréquent en lactase, l’enzyme qui permet de digérer le lactose.

Près de 95 % des chats français reçoivent désormais une alimentation industrielle, conçue pour être équilibrée. Par ailleurs, il faut laisser le chat manger de l’herbe dans le jardin, ou, en appartement, lui fournir de l’« herbe à chat » (en fait de l’orge) : cette pratique facilite son transit et lui permet d’éliminer plus facilement les poils qu’il avale en faisant sa toilette.

8.3. Les soins courants

Le chat passe beaucoup de temps à se lécher et il a la réputation d'être propre. Cependant un brossage régulier est indispensable, surtout pour les races à poils longs.

Les yeux doivent toujours être propres et brillants, et les écoulements peuvent être suspects.

Les dents sont sujettes au dépôt de tartre, qui peut être éliminé par un nettoyage.

8.4. La reproduction

Selon la race, la chatte atteint sa maturité sexuelle entre 7 et 12 mois (10 à 14 pour le mâle). La durée et la fréquence des périodes de chaleurs (périodes où la femelle est prête à s'accoupler) sont assez variables. Ces périodes sont en tout cas beaucoup plus fréquentes que chez la chienne (qui n'est en chaleur que 2 fois par an) ; elles surviennent surtout au printemps et, dans une moindre mesure, en automne. Pendant les chaleurs, la vulve de la chatte est légèrement congestionnée et laisse échapper un écoulement discret. La chatte a, d'autre part, un comportement inhabituel : elle paraît inquiète, miaule sans cesse et prend des postures caractéristiques.

La chatte n'ovule pas régulièrement mais uniquement lorsqu'elle est soumise à une excitation. Si l'accouplement a lieu, l'ovulation intervient en 24 heures et les chaleurs s'arrêtent alors très vite. La gestation dure environ 63 jours. Les chatons sont aveugles et sourds à la naissance ; ils n'ouvrent les yeux que 5 à 10 jours plus tard et ne marchent bien que vers l'âge de 2 à 3 semaines. Le sevrage s’effectue progressivement entre 1 et 2 mois.

Pour limiter les naissances et éviter les désagréments des périodes de chaleurs, on peut donner à la femelle des hormones, sous forme de pilules ou d'injections, mais leur emploi prolongé est contraignant. On peut aussi avoir recours à une opération chirurgicale (ablation des testicules ou des ovaires, et éventuellement de l'utérus). Les chats castrés sont plus doux, plus sociables, mais il faut veiller à ce qu'ils ne prennent pas trop de poids.