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Guyane (973)

Guyane française
Guyane française


Département et Région français d'outre-mer (D.R.O.M.), entre le Suriname et le Brésil.
Le D.R.O.M. appartient à l'académie des Antilles et de la Guyane, à la cour d'appel de Fort-de-France, à la région militaire Antilles-Guyane.
La Guyane fait partie des régions ultra-périphériques de l'Union européenne.

  • Chef-lieu de département : Cayenne
  • Chefs-lieux d'arrondissements : Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni
  • Nombre d'arrondissements : 2
  • Nombre de cantons : 19
  • Nombre de communes : 22
  • Superficie : 91 000 km2
  • Population : 229 040 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Guyanais

GÉOGRAPHIE

En raison de la faiblesse numérique de la population, le milieu naturel a été peu modifié et 90 % du territoire sont encore recouverts par la forêt dense. Le relief est simple et monotone. La plaine côtière, précédée d'un vaste plateau continental et formée d'alluvions fluvio-marines entrecoupées de marécages, est moins large que sur les autres parties du littoral des Guyanes (10 à 30 km), sauf à l'embouchure de l'Oyapock. Elle est accidentée parfois de collines formées par des affleurements de roches anciennes (montagnes de Kaw, île de Cayenne). D'une altitude moyenne inférieure à 200 m, elle est dominée au N. et au Centre entre le 3e et le 4e degré par des massifs de hautes collines convexes ou tabulaires (« chaîne septentrionale », « massif central guyanais »). Elle se poursuit au S. jusqu'aux inselbergs des légendaires Tumuc Humac.

Le climat, de type équatorial, est constamment chaud et très pluvieux. Il tombe partout plus de 2 m d'eau par an, sauf au sud, au centre-ouest et à l'extrême nord-ouest. La saison sèche est courte (de fin août à mi-novembre). Le réseau hydrographique est très dense et à fort débit. La grande forêt est formée d'essences variées dont beaucoup n'ont pas un intérêt considérable, ce qui réduit sa valeur économique. Des forêts de palétuviers (mangrove) croissent sur les vasières de la côte.

Bien que la Guyane ait été occupée dès début du xviie s. par les Français, elle a toujours été moins développée que les colonies britanniques et néerlandaises voisines, et l'histoire de son peuplement et de la mise en valeur a été marquée d'échecs. Cela explique qu'elle n'ait eu que 21 827 habitants en 1946 (quand elle accéda au statut de département d'outre-mer) et que son économie ait été alors insignifiante. Elle vivait en réalité de l'administration pénitentiaire. La départementalisation allait permettre à la Guyane de continuer à vivre de fonds publics par l'implantation des différents services administratifs départementaux et l'augmentation du nombre de fonctionnaires. La construction de la base spatiale de Kourou de 1965 à 1971 a accentué l'orientation de l'économie vers le tertiaire et sa dépendance des fonds publics. L'État a, en outre, entrepris une politique d'équipements (routes, port, aéroport, bâtiments publics) et tenté d'encourager le développement économique (Plan vert), mais les résultats sont maigres : pêcheries industrielles de crevettes ; exploitation du bois et sciage. Le gisement de pétrole de Zaedyus, situé à 150 km au large des côtes, à 6 000 mètres de profondeur, est en cours d'exploration. L'exploitation de l'or, anarchique, connaît une expansion spectaculaire. Le phénomène est lourd de conséquences en termes économiques (travail clandestin, évasion fiscale) et d'environnement (pollution due au mercure). La pêche artisanale se modernise, mais l'agriculture progresse peu (malgré une certaine extension de l'élevage bovin, de la riziculture). Le tourisme s'est un peu développé (parc naturel régional). Un parc national (le parc amazonien de Guyane) a été créé en 2007, dans le sud de la région, sur un territoire immense. Les exportations représentent moins du dixième des importations. Bien que la population ait plus que triplé depuis 1946 grâce à l'immigration des Antilles et de la métropole et à l'excédent naturel, la Guyane n'est pas surpeuplée ; les deux tiers de la population se regroupent au chef-lieu Cayenne et aux alentours, la plupart du reste à Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et dans les autres bourgs de la côte ; l'intérieur est vide (quelques postes administratifs et villages amérindiens et de Noirs sur l'Oyapock et le Maroni). Récemment se sont installés quelques centaines de réfugiés indochinois et, surtout, des réfugiés haïtiens et surinamiens, dont l'intégration pose de graves problèmes.

HISTOIRE

La colonisation : d'un bagne à l'autre

Reconnue par les Espagnols dès le début du xvie s., mais longtemps abandonnée aux trafiquants et aux aventuriers, à la recherche du pays de l'Eldorado, la « côte sauvage » devient tardivement un enjeu entre les puissances maritimes européennes. Les Français interviennent à partir de 1604 (première expédition de Daniel de La Ravardière) dans la région de Cayenne, qu'ils appellent la France équinoxiale, mais leur occupation est contestée par les Anglais, puis par les Hollandais. Reconquise par l'amiral d'Estrées en 1677, elle n'intéresse guère la France, jusqu'à l'expédition dite de Kourou (1763-1765), décidée par le duc de Choiseul et dirigée par le frère de Turgot, qui compte 14 000 émigrants. Mal préparée, c'est un véritable désastre : 10 000 personnes meurent « des fièvres » et 30 millions de livres sont dépensés en pure perte. La mauvaise réputation de Cayenne ne pouvait qu'en être renforcée, à tel point qu'elle est choisie par la convention thermidorienne, puis par le Directoire, comme lieu de déportation politique, notamment pour des prêtres ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, mais aussi pour quelques grands personnages de la Révolution (Billaud-Varenne, Collot d'Herbois, Pichegru).

En réponse à l'invasion du Portugal par les troupes napoléoniennes, le territoire est occupé, à partir de 1809, et jusqu'en 1818, par les Portugais venus du Brésil voisin. L'abolition de l'esclavage, en 1848, ruine la faible économie de plantation guyanaise et, en 1851, le gouvernement français trouve judicieux, pour peupler la colonie, de la transformer en bagne, ce qui a aussi pour avantage de débarrasser la métropole d'une « vraie lèpre sociale » (Ducos, ministre de la Marine et des Colonies). En réalité, la Guyane ne reçoit pas que des condamnés de droit commun, mais aussi des déportés politiques. Le plus célèbre d'entre eux, le capitaine Dreyfus (affaire Dreyfus), y « séjourne » de 1894 à 1899. Les bagnes guyanais – il y a plusieurs lieux de détention –, sinistrement réputés pour la mortalité qui y règne, ne seront définitivement abolis qu'en 1946. Le dernier convoi de déportés part de l'île de Ré en 1938. La population pénale, comprenant les libérés astreints à résidence, représente jusqu'à 15 % de la population totale du territoire. (→ Empire colonial français, esclavage)

Après le bagne, l'or est sans doute l'élément qui a le plus marqué l'histoire guyanaise dans la seconde moitié du xixe s. Plusieurs découvertes successives attirèrent de nombreux prospecteurs venus notamment des pays voisins. La production s'éleva en 1902 à 8,5 t environ, c'est-à-dire trois fois plus qu'aujourd'hui. On imagine les répercussions, les « ruées » et les « fièvres » que de tels phénomènes purent entraîner dans le territoire.

Sous la IIIe République, le statut de colonie amène la création d'un conseil général en 1878 et l'élection d'un député à partir de l'année suivante. En 1930, la région de Saint-Laurent-du-Maroni est séparée de la Guyane et prend le nom de Territoire de l'Inini. En 1946, la Guyane devient un département d'outre-mer. Cinq ans après – en 1951 – l'Inini est réintégré à la Guyane et constitué en arrondissement. Depuis 1975, une Région se superpose au département et les lois de décentralisation de 1982 l'ont dotée d'un conseil régional élu. La vie politique est marquée par la poussée des revendications autonomistes – voire indépendantistes –, par le problème que pose la présence de nombreux étrangers, souvent en situation irrégulière, ainsi que par les débats concernant la sauvegarde et la protection des civilisations amérindiennes originaires. En novembre et décembre 2008, la Guyane connaît de ponctuelles actions contre la vie chère. En janvier 2010, les Guyanais rejettent par 69,8 % de « non » le statut d'autonomie selon l'article 74 de la Constitution et approuvent (57,49 % de « oui ») le passage à une collectivité unique.