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Guadeloupe (971)

Guadeloupe
Guadeloupe


Département et Région français d'outre-mer (D.R.O.M.), regroupant une des Petites Antilles et des dépendances. La Guadeloupe est formée des deux îles de Grande-Terre (588 km2) et de Basse-Terre, ou Guadeloupe proprement dite (848 km2) [séparées par l'étroit bras de mer de la rivière Salée et reliées par un pont], et de leurs dépendances proches (Marie-Galante, la Désirade, îles des Saintes et de la Petite-Terre).
Le D.R.O.M. appartient à l'académie des Antilles et de la Guyane, à la cour d'appel de Basse-Terre, à la région militaire Antilles-Guyane.
La Guadeloupe fait partie des régions ultra-périphériques de l'Union européenne.

  • Chef-lieu de département : Basse-Terre
  • Chef-lieu d'arrondissement : Pointe-à-Pitre
  • Nombre d'arrondissements : 2
  • Nombre de cantons : 40
  • Nombre de communes : 32
  • Superficie : 1 703 km2
  • Population : 403 355 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Guadeloupéens

GÉOGRAPHIE

Le milieu physique

Le milieu physique de la Grande-Terre est d'une grande diversité et l'archipel est un véritable microcosme du monde tropical.

Le relief

Dans la Grande-Terre, les Grands Fonds, qui occupent le centre-sud de l'île, avec leur topographie tourmentée, offrent l'exemple caractéristique d'un karst tropical. Leur altitude ne dépasse pas 135 m. Le nord et l'est de l'île sont des plaines ou bas plateaux étagés soulevés au nord, au nord-est et à l'est, d'une altitude moyenne de 30 à 50 m, qui débouchent sur des falaises qui plongent dans l'Atlantique. Enfin, le sud-ouest est formé par la plaine argileuse des Abymes, bosselée de mornes calcaires isolés. Cette plaine se termine au contact de la Basse-Terre par une zone marécageuse colonisée par la mangrove. Le littoral méridional est bordé de plages de sable fin protégées par des récifs coralliens.

En Basse-Terre, un alignement d'édifices volcaniques dont l'altitude croît du nord au sud pour culminer à la Soufrière à 1 467 m, volcan de type péléen toujours actif, constitue l'épine dorsale de cette île. Cette chaîne volcanique tombe brusquement dans la mer des Antilles, tandis que, du côté oriental, elle s'abaisse lentement par de longues pentes plus ou moins régulières qui la raccordent à la côte. Au nord-est, au contact avec la Grande-Terre, s'étend une plaine vallonnée provenant de la dissection du massif volcanique ancien. L'île, où surgissent de nombreuses sources d'eau chaude et sulfureuse, est parcourue par de nombreux cours d'eau, dont le plus important (32 km) est la Grande Rivière, à Goyave. La Grande-Terre, Marie-Galante et la Désirade sont des plateaux calcaires peu élevés et des plaines recouvertes d'argile de décalcification.

Le climat et la végétation

L'ensemble a un climat tropical maritime pluvieux. Les températures y sont d'une grande régularité toute l'année. On peut cependant distinguer deux saisons thermiques : l'une, fraîche, de novembre-décembre à mars-avril, pendant laquelle les minimums sont inférieurs à 20 °C et les maximums moyens à 29°C ; l'autre, chaude, pendant laquelle la moyenne des minimums dépasse 22 °C, et celle des maximums 30 °C. L'archipel est bien arrosé. La saison sèche, ou carême, dure de la fin de décembre à mai. Elle n'est jamais absolument sèche, recevant un quart du total annuel des précipitations. Le reste de l'année est humide et désagréable à cause de la moiteur de l'atmosphère. La distribution géographique des pluies est très inégale. D'une manière générale, la pluviosité augmente de l'est à l'ouest pour atteindre son maximum dans la chaîne volcanique de la Basse-Terre. La côte sous le vent, protégée de l'alizé par la chaîne volcanique de la Basse-Terre, reçoit moins de 1,5 m d'eau de Bouillante à Vieux-Fort, de même que le nord et l'est de la Grande-Terre, ainsi que les dépendances. Dans ces régions, les cultures souffrent de la sécheresse. La côte au vent, ou Capesterre, est très humide, nébuleuse et fort heureusement balayée par l'alizé, qui souffle 300 jours par an. Dans les régions montagneuses, l'occupation humaine n'est plus possible à cause de l'excès d'humidité et du vent. La Guadeloupe est particulièrement affectée par les cyclones ; leur répétition, ces dernières années, a causé beaucoup de préjudice à l'agriculture.

De la végétation originelle, qui comprenait divers types de forêts, il reste la belle forêt domaniale de la Basse-Terre (un parc national y est créé en 1989). Sur les littoraux croît une végétation buissonnante sèche ; une mangrove prospère de part et d'autre de la rivière Salée. Les sols, fertiles, sont cependant difficiles à travailler.

La population

La population actuelle des deux îles principales, dense, est fille de l'histoire. Les populations originaires, les Indiens Caraïbes, ont été éliminées depuis longtemps, remplacées par des esclaves noirs « importés » d'Afrique, dont les descendants sont très largement majoritaires aujourd'hui. Au xixe s. sont arrivés des travailleurs venus de l'Inde qui se sont installés définitivement et constituent aujourd'hui une minorité d'environ 17 000 personnes. Les créoles, dits Békés, Blancs nés en Guadeloupe, sont un peu plus nombreux (environ 12 000) que les métropolitains (environ 8 000). De nombreux métissages entre ces diverses composantes ont créé une société complexe, et ne sont pas sans marquer les rapports sociaux. Les étrangers (4 à 5 % de la population) sont principalement originaires d'Haïti et de la République dominicaine. L'urbanisation (agglomérations de Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Basse-Terre) est importante. Le dynamisme démographique reste fort et la population comprend une forte proportion de jeunes. L'émigration, particulièrement en direction de la métropole, où sont installés plus de 100 000 Guadeloupéens, représente souvent la seule chance de trouver un emploi, le chômage étant sur place très important (environ 25 % de la population active).

Les activités

Les industries, en dehors des cimenteries, appartiennent surtout au secteur agroalimentaire : sucreries, rhumeries (avec du rhum industriel préparé à partir de mélasse), conserveries, jus de fruits. Les plantations de canne à sucre et de bananes [détruites par un cyclone en 2006] sont principalement tournée vers l'exportation. Les autres cultures sont les cultures tropicales traditionnelles : melons, aubergines, ananas, café, cacao, vanille, associées à l'élevage et à la pêche et les fleurs. Le commerce et les services, dont l'administration, sont par contre hypertrophiés (environ 70 % du produit intérieur brut local). Un effort de diversification a été entrepris, notamment dans le secteur du tourisme, avec par exemple la création, en 1989, d'un parc national sur l'île de Basse-Terre au relief contrasté (le volcan de la Soufrière y culmine à 1 467 m). Le commerce extérieur est fortement déficitaire depuis de nombreuses années – les exportations ne couvrent au mieux que 10 % des importations –, ce que compensent, au niveau de la balance des paiements, les importants flux financiers en provenance de la métropole.

HISTOIRE

Une vieille colonie

Peuplée d'Indiens Karibs (ou Caraïbes), la Guadeloupe est découverte par Christophe Colomb durant son second voyage, en 1493. Délaissée par les Espagnols au profit de Saint-Domingue, elle devient rapidement une base pour les flibustiers (pirates) et les boucaniers (chasseurs de bœufs). L'île est occupée par les Français Jean Duplessis et Léonard de L'Olive (1635), et les colons en chassent définitivement (1660) les Indiens qui avaient pu échapper à leurs exactions. Occupant les terres, mais ne disposant plus de main-d'œuvre, ils « importent » de nombreux esclaves noirs africains dans le cadre du fameux « commerce triangulaire », contrôlé par la Compagnie française des Indes occidentales, qui enrichit bon nombre de ports français de la côte atlantique (Dieppe en particulier). Une économie strictement coloniale se développe, fondée sur la monoculture de la canne à sucre et les échanges avec la France. Le système esclavagiste, d'une cruauté extrême malgré le Code noir de 1685, qui tente de soumettre les planteurs à l'autorité royale et à un minimum de règles de droit, entraîne de nombreuses rébellions, durement réprimées, de Nègres marrons (esclaves fugitifs) réfugiés dans les montagnes.

Impliquée dans les conflits qui opposent les puissances coloniales au xviiie s. (Angleterre, Espagne, France, Pays-Bas), la Guadeloupe est occupée temporairement par les Anglais entre 1759 et 1763, puis de nouveau à partir de 1794, avec l'appui des colons qui n'admettent pas l'abolition de l'esclavage décrétée par la Convention (4 février 1794). L'ordre est rétabli – et les Anglais chassés – par le conventionnel Victor Hugues, envoyé par Paris. Une nouvelle insurrection éclate, mais du fait des Noirs cette fois, à la suite du rétablissement de l'esclavage par Bonaparte, Premier consul, en 1802. Elle est écrasée par le général Richepanse, et à cette occasion l'un des chefs rebelles, Louis Delgrès, se suicide avec 300 de ses compagnons.

L'insurrection de 1848 libère 87 000 esclaves, sur une population totale de 129 000 habitants, dont 13 000 Blancs. Elle entraîne une baisse temporaire de la production de canne, de nombreux « nouveaux libres » ayant abandonné les plantations, mais une nouvelle politique d'immigration permet de trouver en Afrique et surtout en Inde une main-d'œuvre bon marché. (→ Empire colonial français, esclavage)

De la colonie au département

La IIe République établit les bases d'un régime représentatif, vite étouffé par Napoléon III qui favorise l'investissement de capitaux français et martiniquais dans l'industrie sucrière. En 1870 est rétablie la représentation à l'Assemblée nationale, et les conseillers généraux et municipaux sont élus au suffrage universel. Mais la vie politique locale reste dominée par les « grands Blancs » qui se sont constitués de vastes domaines. Elle est marquée par le développement d'un mouvement socialiste, par les débats sur l'assimilation, et surtout par l'agitation sociale, qui culmine avec les crises de la production sucrière. À partir de 1910, la Guadeloupe entre dans un cycle de grandes grèves (1910, 1926, 1930). La nomination par le gouvernement de Front populaire en 1936 d'un gouverneur noir – Félix Éboué, originaire de la Guyane – conduit à une relative amélioration du climat.

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, comme la Martinique, la Guadeloupe ne se rallie que tardivement (juillet 1943) au Comité français de libération nationale (C.F.L.N.). La loi du 19 mars 1946, défendue notamment par le Guyanais Gaston Monnerville et le Martiniquais Aimé Césaire, octroie aux « vieilles colonies » le statut de département français. La tradition centralisatrice est maintenue, voire renforcée, ce qui favorise l'émergence de mouvements indépendantistes, dont certains recourent à l'action violente. Ni les timides efforts faits pour restructurer l'économie (réforme foncière, lancée au début des années 1960), ni la création d'une Région (1973), ni la décentralisation amorcée en 1982, avec la mise en place d'un conseil régional élu au suffrage universel, ne permettent de résoudre sérieusement les nombreux problèmes de l'île. La très forte abstention électorale, souvent nettement supérieure à 50 %, comme la violence, qui explose sporadiquement (« nuit bleue » du 25 janvier 1989), témoignent de la persistance du malaise guadeloupéen. À la fin des années 1990, une certaine évolution des esprits semble se manifester au sein de la classe politique traditionnelle, tant locale que métropolitaine : le principe d'une plus grande autonomie est mieux accepté, et l'idée d'une coopération régionale des départements antillais avec les îles indépendantes de la région progresse. À la suite de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République et définissant le cadre d'éventuelles évolutions statutaires ou institutionnelles des collectivités ultra-marines, trois consultations populaires ont lieu le 7 décembre 2003. Les électeurs des îles de Saint-Martin (partie française) et Saint-Barthélemy demandent leur autonomie de la Guadeloupe, avec respectivement 76,17 % et 95,51 % des suffrages exprimés. En Guadeloupe continentale, les électeurs rejettent à 72,98 % des suffrages exprimés le projet de création d'une assemblée unique (taux de participation : 50,34 %). La loi du 21 février 2007, portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l'outre-mer (plus couramment dénommée DSIOM) a créé les deux nouvelles collectivités d'outre-mer de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Au début de 2009, une grève générale, lancée à l'appel d'un collectif de 49 associations syndicales, politiques et culturelles – « Lyannaj kont pwofitasyon » (LKP, dirigé par le syndicaliste Élie Domota) – au nom de la « lutte contre le vie chère et pour l'emploi » paralyse la vie économique de l'archipel. L'ampleur du mouvement et les revendications des manifestants révèlent une crise économique, sociétale et identitaire. Le 5 mars 2009, après 44 jours de conflit, un protocole d'accord, signé par le L.K.P. et le préfet, arrête la grève.