Le 7 juin, l'évêque de Santander publie une lettre pastorale dénonçant l'inexistence de lois garantissant les droits et la liberté des citoyens et l'absence de garanties juridiques : « Il est nécessaire que notre législation soit modifiée pour garantir le plein exercice de la justice que nous désirons, non seulement pour les prêtres, mais aussi pour tous les citoyens. »

Mais dans sa grande majorité le peuple espagnol n'implique pas dans son mécontentement la personne du Caudillo, comme l'a démontré la tournée triomphale qu'il a accomplie en juin dans les capitales provinciales. Franco semble avoir atteint une sorte de stature historique que souligna par ailleurs sa rencontre avec le général de Gaulle au début du mois de juin, à Madrid.

L'affaire Matesa

La société Matesa, dirigée par Salvat Dalmau, ancien président du Football Club de Barcelone, et les frères Villa Reyes, fabriquait et exportait des métiers à tisser. Or, le matériel, qui se vendait à peine, était stocké. Cependant la société pouvait bénéficier de crédits gouvernementaux pour favoriser l'exportation. Ces crédits peuvent atteindre 80 % de la valeur de la marchandise et sont remboursables dans un délai de cinq ans, avec un intérêt de 5 %. Profitant de cette possibilité, Matesa avait emprunté, en l'espace de huit ans, 12 milliards de pesetas (un milliard de francs environ) à la Banque centrale. Une nouvelle demande de crédit, portant sur 5 milliards de pesetas, présentée au début du mois d'août 1969, fait découvrir l'affaire. On apprend, entre autres, que l'argent accordé avait servi à constituer des sociétés filiales en Europe, à créer deux holdings et même à financer pour 20 000 dollars la campagne présidentielle de Nixon. La presse a mis en doute la façon dont étaient accordés les crédits ; elle a mis en cause sinon l'honnêteté, du moins la désinvolture et la compétence des membres de l'Opus Dei, qui occupent de hautes charges dans les secteurs économiques du pays.

Finlande

4 705 000. 14. 0,7 %.
Économie. PNB (67) 1 868. Production (66) : A 16 % + I 39 % + S 45 %. Énerg. (67) : 3 013. C.E. (67) : 17 %.
Transports. (*67) : 2 153 M pass./km, 5 603 M t/km. (*67) : 551 200 + 100 300.  : 1 128 000 tjb. (*67) : 455 096 000 pass./km.
Information. (67) : 68 quotidiens. (67) : 1 663 000. (67) : 899 000. (67) : 109 600 fauteuils. (67) : 949 976.
Santé (66). 3 797. Mté inf. (67) : 14,2.
Éducation (66). Prim. : 438 057. Sec. et techn. : 459 244. Sup. : 46 289.
Institutions. République indépendante, proclamée le 6 décembre 1917. Constitution de 1919. Président de la République : Dr Urho Kekkonen, réélu le 15 février 1968, pour la 3e fois. Président du Conseil : Teuvo Aura. Victoire des sociaux-démocrates aux élections législatives, les 15 et 16 mars 1970.

La politique de stabilisation imposée en 1968 après la dévaluation du 12 octobre 1967 (23,8 %) débouche, à la fin de l'été 1969, sur un assainissement des finances et de l'économie finlandaises.

Mais, quel que soit son succès, une politique d'austérité engendre toujours des mécontentements. Dès l'automne, on observe un regain de l'activité politique qui n'est pas sans rapport avec les élections législatives prévues pour mars. Les surenchères des partis politiques déclenchent dès le mois de décembre un mécontentement social. Des grèves sauvages éclatent un peu partout. La signature des contrats collectifs de travail accentue les désordres. Les acquis du plan de stabilisation sont mis en danger. Des révisions interviennent début mars. Jugées satisfaisantes, elles ramènent le calme.

Un gouvernement de gestion

Les 15 et 16 mars 1970, 80 % des 3 millions d'électeurs se rendent aux urnes. La poussée bourgeoise est forte : 113 sièges, contre 87 pour les communistes et les sociaux-démocrates qui constituaient la majorité depuis 1966. La division des partis bourgeois crée une situation confuse. La Finlande devient ingouvernable. Le 14 mai, le président Kekkonen intervient et crée un gouvernement de gestion.

Le 8 juin, à la surprise générale, le chef de l'État charge le dirigeant social-démocrate Fagerholm d'étudier les conditions dans lesquelles un gouvernement de coalition pourrait être formé. Les négociations n'avaient pas encore abouti à la fin du mois de juin.