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Empire colonial portugais

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Empire colonial portugais

Ensemble des pays et territoires possédés par le Portugal du XVe au XXe s.

Au XVe s., le pays s'oriente vers l'expansion maritime, à la faveur de la capacité de ses marins et du désir de se procurer de l'or et des épices. Les premiers établissements ont été fondés sur les côtes de l'Afrique, sur le chemin des Indes par le cap de Bonne-Espérance : le Cap-Vert est atteint (vers 1460), puis l'équateur (1471) ; Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance (1487). Le traité de Tordesillas (1494) assure le monopole des conquêtes à venir dans l'océan Indien et garantit la possession du Brésil, assurée par Cabral (1500). Vasco de Gama fonde un établissement à Calicut (1498), et les Portugais s'installent, en principe seuls, dans les Indes orientales. Au milieu du XVIe s., l'empire a acquis une grande extension. Madère a été occupée en 1418, les Açores en 1432, la côte de l'Angola est touchée dès 1482, Sofala est fortifiée en 1503, le Mozambique est exploré à partir de 1498. En Asie, les établissements sont disséminés. Les principaux sont sur les côtes de Malabar, de Diu (1535) à Cochin (1502), Ceylan (1505), Malacca (1511), Macao (1513). L'Afrique n'est pas colonisée durablement : la rapacité des colons et la violence esclavagiste empêchent la pénétration dans le continent. À l'est du Cap se situe le domaine de l'Estado da India (1505), ensemble dépendant d'un gouverneur du vice-roi établi à Goa et comprenant villes relevant de la métropole, protectorats et comptoirs, mais défavorisé par l'absence de colonisation effective par la population portugaise.

   La flotte rapporte à Lisbonne chaque année le poivre (monopole royal), les cotonnades, les épices, les laques et porcelaines. Mais, si le Portugal prétend assurer son monopole commercial, il n'y parvient pas. Dès le milieu du XVIe s., il est concurrencé par les musulmans de l'océan Indien. En outre, les Anglais et les Hollandais prennent l'offensive. Les Hollandais s'emparent d'Amboine (1605), Malacca (1641), Colombo (1656), Cochin (1663), les Anglais d'Ormuz (1622) et Mascate (1650). En revanche, les Portugais se sont solidement enracinés à Madère, aux Açores et au Brésil. Les îles atlantiques évoluent sous le contrôle de la métropole, tandis que le Brésil affirme tôt son originalité, en dépit de la présence d'une vice-royauté (1720) qui entend renforcer l'autorité de la métropole. Le traité Methuen, de 1703, autorise les Anglais à commercer avec le Brésil, et ils s'assurent un quasi-monopole. Au XVIIIe s., le Brésil s'enrichit, sans le secours de la métropole et sans lui profiter. Il accède à l'indépendance en 1822. L'empire se trouve dès lors assez restreint. En 1885, la conférence de Berlin reconnaît et limite les droits du Portugal en Afrique. Cependant, grâce à ses progrès en Angola et en Mozambique, il est le troisième empire colonial au lendemain de la Première Guerre mondiale. En 1951, une loi organique décide la transformation des territoires en provinces d'outre-mer. Mais, dès 1960, des rébellions éclatent en Afrique. En 1961, la République indienne s'annexe Goa, Diu et Damão. Après la « révolution des œillets » (1974), le processus d'accession à l'indépendance se développe au profit de la Guinée-Bissau (1974), du Cap-Vert, de São Tomé et Príncipe, de l'Angola et du Mozambique (1975). Les îles atlantiques sont assimilées aux provinces métropolitaines. Le territoire de Macao est rétrocédé à la Chine en 1999. Occupé par l'Indonésie en 1975, le Timor portugais devient un État indépendant en 2002 sous le nom de Timor-Oriental.

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