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Hô Chi Minh

Hô Chi Minh
Hô Chi Minh

Homme d'État vietnamien (Kim Liên, province de Nghê Tinh, 1890 ?-Hanoi 1969).

Symbole de la lutte contre les impérialismes français et américain et figure emblématique d'un tiers-monde en construction, Hô Chi Minh mène l'Indochine à son indépendance, au terme de deux longues guerres.

L'agent du Komintern (1890-1930)

Nguyên Tat Thanh, le futur Hô Chih Minh, s’expatrie à vingt ans pour échapper à la misère et parcourt le monde avant de faire, en 1920, à Paris, la découverte du communisme, qui le séduit par son discours anticolonial. Il mène la vie errante d’un militant discipliné du Komintern, alternant missions de propagande à travers l’Asie du Sud-Est et la Chine, et séjours à Moscou, où ses chefs lui reprochent de placer son patriotisme vietnamien avant l’internationalisme prolétarien.

Le père de la nation (1930-1945)

En 1930, année où éclate une première insurrection contre le colonisateur français, il fonde le parti communiste indochinois. Ayant échappé aux prisons anglaises, puis aux purges staliniennes, il retourne en Chine, d’où, à la faveur de l’entrée en guerre du Japon, il revient au Viêt Nam en 1941, après trente ans d’absence, et prend le nom sous lequel il entrera dans l’histoire, Hô Chi Minh. Ayant fondé le Viêt-minh, Ligue pour l’indépendance du Viêt Nam, il proclame, après la capitulation japonaise, la République démocratique du Viêt Nam, dont il devient président.

Le président vietnamien (1945-1969)

Les négociations avec Paris ayant tourné court, Hô Chi Minh conduit, de 1946 à 1954, la guerre d’indépendance qui aboutit, aux accords de Genève, à la partition du pays le long du 17e parallèle. Resté président du seul Nord-Viêt Nam, il semble s’effacer derrière d’autres personnalités politiques, comme ses anciens lieutenants Vo Nguyên Giap et Pham Van Dong, puis Lê Duc Tho. Mais l’autorité morale de « l’oncle Hô » reste inentamée.

À partir de 1959, il appuie activement la guérilla du Viêt-cong, qui combat le régime pro-américain du Sud-Viêt Nam, ce qui entraîne finalement l’intervention directe des États-Unis en 1965. Pour lui, la réunification du pays a autant d’importance que la construction du socialisme au Nord. Leader charismatique, symbole de tous les mouvements de libération nationale, il meurt en 1969, trop tôt pour voir la fin de la guerre et l’entrée des Nordistes dans Saigon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville en 1975.

1. Le patriote vietnamien (1890-1945)

Les exigences de la vie clandestine, puis les opportunités politiques font que bien des aspects de la biographie d'Hô Chi Minh demeurent inconnus. Né Nguyên Tat Thanh, il n'adopte le nom même de Hô Chi Minh que tardivement, en 1941, après avoir notamment usé à partir de 1920 du pseudonyme de Nguyên Ai Quôc (« qui aime son pays »).

1.1. Les années de formation (1890-1920)

Des débuts obscurs (1890-1911)

Est-il né en 1890 ? La chose est seulement probable. Au village de Kiêm Lan, dans le Nord-Annam ? Ce n'est pas certain. Son père était, semble-t-il, un paysan relativement aisé, qui parvint à entrer dans l'administration impériale mais fut licencié à la suite d'une sombre histoire d'homicide involontaire. Le fils reçut d'abord une bonne instruction au niveau de l'enseignement primaire, mais cet homme, qui finit par connaître plusieurs langues, resta pour l'essentiel un autodidacte.

La découverte du monde (1911-1919)

Le 5 juin 1911, il s'expatrie. Aide-cuisinier à bord d'un paquebot, il découvre les ports européens et africains, puis, durant la guerre, séjourne quelque temps à Londres. On le retrouve à Paris en 1919, où il exerce le métier de retoucheur de photographies.

La fin des hostilités marque le début de sa carrière politique par une adhésion au parti socialiste, la SFIO. En 1919, il intervient à la conférence de la paix de Versailles, où il demande l'émancipation de ses compatriotes. Au congrès de Tours de 1920, Hô Chi Minh se rallie d'emblée au communisme, qui met l'accent sur l'émancipation des peuples coloniaux.

1.2. Le militant communiste (1920-1941)

Une vie errante

De 1920 à 1941, son existence est heurtée et vagabonde. Il reçoit une formation politique à l'occasion des cinq séjours qu'il fait en URSS. Ensuite, à plusieurs reprises, il assume la mission de propagandiste et de chef révolutionnaire en Extrême-Orient. En 1924, à Moscou, il est le représentant de l'Asie du Sud-Est aux réunions du Komintern, où il condamne la politique coloniale du parti communiste français (PCF). De la fin 1924 à 1927, il recrute et forme en territoire chinois les premiers cadres d'un parti communiste indochinois. Les incidents entre l'URSS et la Chine, où les communistes sont combattus par le gouvernement nationaliste de Tchang Kai-Chek, le contraignent à quitter ce pays. En 1928-1929, Hô Chi Minh reprend la même action, dans la clandestinité, au Siam, puis en Malaisie, colonie anglaise.

La fondation du parti communiste indochinois (1930)

En janvier-février 1930, au congrès de Hong Kong, il préside à la création du parti communiste indochinois (PCI). Peu après, la rébellion de Yên Bay au Tonkin et celle du Centre-Annam provoquent l'arrestation de divers militants, dont Vô Nguyên Giap et Pham Van Dong. Nguyên Ai Quôc, qui est resté à Hongkong, est dénoncé à la police anglaise et arrêté par celle-ci pour menées subversives. La justice française réclame en vain son extradition, et Hô Chi Minh est condamné à six mois de prison par les Britanniques. Libéré, il vit dans la clandestinité jusqu'en 1934.

De Moscou au Tonkin (1934-1941)

De retour à Moscou, il échappe aux grandes purges staliniennes, mais ne se voit plus confier la moindre responsabilité au sein du Komintern, où on lui reproche sans doute de placer son nationalisme vietnamien avant l’internationalisme prolétarien.

Rentré en grâce, il retourne en Chine en 1938 à la faveur de la guerre sino-japonaise ; commissaire politique dans la 8e armée de route communiste, il se trouve aux frontières du Tonkin en 1940, où il se lie d’amitié avec Vô Nguyên Giap et Pham Van Dong, qui seront ses deux plus proches lieutenants autant que ses disciples.

1.3. De la guerre à l’indépendance (1941-1945)

Le retour au pays (1941)

En février 1941, après trente ans d’absence, il est de retour au Viêt Nam. C’est alors qu’il prend le nom de « Hô Chi Minh », (« Puits de lumière »). C’est avec l’aura du ressuscité (il passait pour mort depuis 1932) qu’il préside, le 19 mai, à la fondation du Viêt-minh, Ligue pour l’indépendance du Viêt Nam. Il met ainsi en accord la dynamique nationaliste avec celle du communisme international, conformément aux dernières résolutions du Komintern.

Vers l’indépendance (1945)

La mainmise japonaise sur l'Indochine lui fournit l'occasion de préparer un soulèvement et de constituer au congrès de Lianzhou (mars 1944) un gouvernement provisoire, où figurent des nationalistes non communistes. Il obtient même l'appui des missions de liaison américaines, qui cherchent à recruter des partisans pour lutter contre les Japonais, mais qui songent aussi à s'attacher le maître probable d'une Indochine décolonisée.

La capitulation japonaise ouvre à Hô Chi Minh les portes d'Hanoi, et il peut y proclamer le 2 septembre 1945, après l'abdication de l'empereur Bao Dai l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam, dont il devient le président.

2. Le président vietnamien (1945-1969)

2.1. La lutte pour l'indépendance du Viêt Nam (1945-1954)

Le 18 mars 1946, les troupes françaises arrivent à Hanoi, où elles relèvent les Chinois. Mais le gouvernement provisoire, dont les membres non communistes ont été éliminés, a mis à profit la fin de l'année 1945 et le début de 1946 pour implanter dans tout le pays une organisation politico-militaire. Après les accords de Fontainebleau, le Viêt Nam est reconnu comme État libre au sein de l'Union française, créée en 1946, mais le sort de la Cochinchine reste une pierre d’achoppement.

La marche à la guerre (1945-1946)

Hô Chi Minh est-il disposé à conclure avec la France un compromis plus ou moins durable ? Estime-t-il, au contraire, qu'une guerre est inévitable et qu'il faut gagner le temps nécessaire à sa préparation ? La question sera seulement tranchée lorsque les archives du Viêt-minh seront accessibles aux historiens. Certes, l'appel à l'insurrection générale du 19 décembre 1946 ne fait que répondre au bombardement du port de Haiphong décidé par l'amiral d'Argenlieu le 26 novembre. MAis la minutie avec laquelle est exécutée en décembre l’attaque coordonnée de garnisons du Tonkin et d’Annam, prouve que l'entrée en guerre a été décidée très certainement dès l'été 1946.

Une autorité surtout morale

Dès cette époque, le problème du partage du pouvoir s'est vraisemblablement posé au sein du Viêt-minh. L'autorité d'Hô Chi Minh est-elle restée prépondérante ? S'est-il instauré, au contraire, une direction collégiale ? Il semble bien que les hommes comme Giap et Pham Van Dong ont peu à peu supplanté le leader vieillissant. De fait, le visage que les documents officiels donnent d'Hô Chi Minh dès 1953-1954 est celui d'un personnage entrant dans la légende : un vieillard aux traits ascétiques (« l’oncle Hô »), accueillant les enfants et dispensant des conseils de sagesse.

Indépendance et partition du Viêt Nam (1954)

Quoiqu’il en soit, la défaite des Français à Diên Biên Phu en mai 1954 marque la fin de la guerre ; le 20 juillet 1954, par les accords de la conférence de Genève, Hô Chi Minh accepte le partage du Viêt Nam. Il reste le premier président d'une République démocratique du Viêt Nam réduite au nord du 17e parallèle.

2.2. Le président du Nord-Viêt Nam (1954-1969)

Un chef d’État en retrait

De 1956 à 1959, il est secrétaire général du parti Lao Dông. Mais en 1959, Lê Duan lui succède et partage sans doute désormais la réalité du pouvoir avec le secrétaire Lê Duc Tho et le général-commissaire politique Nguyên Chi Thanh.

La guerre du Viêt Nam

Pourtant, l’influence morale de « l’oncle Hô » reste immense. À partir de 1959, il apporte son soutien à la lutte menée contre le président Diêm au Viêt Nam du Sud. Il s'engage alors à fond dans la guerre révolutionnaire. Pour lui, la libération du Sud a autant d'importance que la construction du socialisme au Nord. Lorsque, en 1965 les États-Unis bombardent le Viêt Nam du Nord, Hô Chi Minh apparaît non seulement le chef de la révolution vietnamienne, mais aussi le héros de tous les mouvements de libération nationale. Après l'arrêt des bombardements, en 1968, il accepte de négocier. Et, à partir de 1969, les maquisards du Viêt-cong sont reconnus par les Américains comme des interlocuteurs valables.

Mort et héritage

Hô Chi Minh meurt le 3 septembre 1969 dans le palais présidentiel d'Hanoi ; son testament politique, rédigé le 10 mai de la même année, dénonce les coupables divisions entre les pays socialistes. En avril 1975, à la fin de la guerre, son nom est donné à la ville de Saigon.

Hô Chi Minh a cherché à concilier patriotisme ardent et théorie révolutionnaire marxiste-léniniste. Celle-ci a fini par l’emporter, au travers d’un système implacable que « l’oncle Hô » avait contribué à mettre en place en usant de son immense charisme.

Pour en savoir plus, voir les articles Histoire du Viêt Nam, guerre d'Indochine, guerre du Viêt Nam.