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Wisigoths ou Visigoths

(« Goths de l’Ouest » ou « Goths sages »), primitivement appelés Tervinges

L'Espagne wisigothique
L'Espagne wisigothique

Ancien peuple germanique, constituant l'une des deux grandes fractions des Goths.

Wisigoths et Ostrogoths

Lorsque, au iiie s., le peuple des Goths se divise en deux rameaux, l'Histoire auguste les distingue en les qualifiant de « tervingi » (gens de la forêt) et de « greutungi » (gens de la grève). Puis, sans que l'on puisse préciser la date, ces deux qualificatifs sont respectivement remplacés par « Wisigoths » et « Ostrogoths ».

Dans sa chronique de l’histoire des Goths (De origine actibusque Getarum) achevée au milieu du vie s., l’Ostrogoth Jordanès indique que Wisigoths signifierait « Goths de l'Ouest » et Ostrogoths « Goths de l'Est ». Une autre interprétation, s’appuyant pour sa part sur l’étymologie, parle plutôt de « Goths sages » et de « Goths brillants ».

Un peuple conquérant

L’invasion de l’Empire romain

Le peuple wisigoth se manifeste dans l'histoire au début du ive s., installé entre Dniepr et Danube, où il est en partie converti au christianisme arien par l'évêque goth Ulfilas. Bousculés par l'avance des Huns (grandes invasions), les Wisigoths sont contraints de fuir et s'établissent dans les Carpates et en Moldavie. Mais la majorité d'entre eux, sous l'autorité de Fritigern, obtient la permission de se réfugier en Thrace (376).

Les Wisigoths se révoltent contre l'empereur romain, Valens, qu’ils vainquent et tuent à Andrinople (378). Le nouvel empereur, Théodose Ier négocie avec les Wisigoths qui obtiennent le droit de demeurer dans la péninsule balkanique. Le roi wisigoth Alaric Ier (396-410) se fait céder l'Épire et est nommé maître de la milice de l'Illyricum. Cependant, les Wisigoths, turbulents fédérés, ravagent les Balkans avant de marcher vers l'Italie. Vers 401, ils pénètrent dans la péninsule italienne et, en 410, mettent à sac Rome, la capitale impériale d’Occident.

Le royaume wisigothique d’Aquitaine

Sous la direction d'Athaulf (410-415), des Wisigoths s’établissent en Narbonnaise et en Aquitaine. Athaulf est assassiné et remplacé par des usurpateurs : Sigéric (415) et Wallia (415-418). Ce dernier se met au service de l’empereur romain d’Occident Honorius et, en son nom, fait campagne en Espagne contre les Alains, les Vandales et les Suèves qui la dévastent.

En 418, les Wisigoths de Théodoric se voient concédé le sud-ouest de la Gaule où ils fondent le royaume d’Aquitaine avec Toulouse pour capitale. Théodoric Ier (418-451), de la famille royale des Balthes, contribue aux côtés des forces d'Aetius à battre l’armée des Huns d’Attila aux champs Catalauniques, où il trouve la mort (451).

Le roi Euric (466-484) conquiert le centre de la Gaule (469-470), l'Auvergne (475), la Provence et une partie de l'Espagne (vers 476). Alors à son apogée territorial, le royaume wisigothique s'étend de la Loire à Gibraltar et de l'Atlantique aux Alpes du Sud. Afin d’assurer la paix sur ses terres et avec ses voisins, Alaric II (484-507) publie un recueil de lois romaines pour les sujets gallo-romains de son royaume : le Bréviaire d'Alaric (506). Mais les Wisigoths sont adeptes de l’arianisme, et la persécution du clergé catholique ordonnée par Euric et Alaric II affaiblit leur domination, qui s'effondre devant le pouvoir du Franc converti, Clovis. Après la mort d’Alaric II à la bataille de Vouillé (507), les Wisigoths se replient en Septimanie et en Espagne.

Le royaume wisigothique d’Espagne

Les Wisigoths transfèrent la capitale à Barcelone sous Theudis (531-548), puis à Mérida sous Agila (549-554). Athanagild (554-567), qui s'est imposé avec l'aide des Byzantins, cède à ces derniers le sud de la péninsule Ibérique, fixe la cour à Tolède et contracte des alliances matrimoniales avec les Francs en mariant ses filles Brunehaut et Galswinthe à Sigebert Ier et à Chilpéric Ier.

Reconnaissant comme lui l'autorité théorique de l'empereur d'Orient, son frère Léovigild (567 ou 568-586) – qui laisse son autre frère Liuva Ier régner sur la Septimanie (567 ou 568-573) – inaugure les campagnes contre les Basques, qu'il soumet (578), et détruit le royaume des Suèves (585), tout en persécutant les catholiques, allant jusqu'à faire exécuter son fils Herménégilde (585). La persécution est vaine, car la conversion en 589 de son second fils et successeur Reccared Ier (586-601) entraîne celle de son peuple et renforce même la position de la monarchie, qui voit le clergé se rallier entièrement à elle et instituer à son profit le rite du sacre.

Peu nombreux, les Wisigoths achèvent alors de se fondre au milieu des Hispano-Romains. Favorisée par la pratique du service militaire en commun dès le ve s., par celle des mariages mixtes (fin du vie s.), cette fusion est accélérée par l'adoption par le roi Receswinthe du Forum judicum.

Après la déposition de Svinthila (621-633), les grands et les évêques tentent d'imposer la monarchie élective (4e concile de Tolède, 633). Si les premiers successeurs de Svinthila se plient à cette nouvelle règle, il n'en est pas de même de Chindaswinthe (642-653) qui, au 7e concile de Tolède (646), impose la succession de son fils Receswinthe (653-672), qu'il associe au pouvoir dès 649. Après ce règne brillant, la monarchie redevient élective. L'aristocratie romanisée ne peut faire face à l'invasion des musulmans de Tariq, venus du Maroc, qui battent et tuent le 19 juillet 711 le roi Rodrigue (vers 710-711) et s’emparent en moins de deux ans de toute la péninsule Ibérique.