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Attila

Attila, roi des Huns
Attila, roi des Huns

(?-453), roi des Huns (434-453).

C’est avec le règne d’Attila, surnommé le « fléau de Dieu » par ses ennemis, que la puissance des Huns a atteint son apogée au milieu du ve s.

Les sources historiques

Si Attila est paradoxalement l'un des souverains barbares les plus célèbres et les plus méconnus de l'histoire, la faute en revient d'abord à ceux qui l'ont représenté sous les traits de l'un des chefs de guerre les plus cruels de tous les temps, celui dont on disait que l'herbe ne repoussait plus là où le sol avait été foulé par son cheval.

En fait, cette description, qui contient en effet une part de vérité, est loin de recouvrir toute la réalité du personnage, comme en témoigne en particulier l’Histoire de l'Empire byzantin et d'Attila de Priscos. Cette source, contemporaine du règne d’Attila, est particulièrement précieuse puisque son auteur, ambassadeur de l’empereur romain d’Orient Théodose II auprès du roi des Huns, a été personnellement au contact d’Attila.

Un souverain barbare méconnu

La magnificence du roi des Huns

Priscos a laissé un portrait de son hôte Attila, ainsi qu’une description de sa résidence, située peut-être à l'époque en Valachie. Son récit souligne que les mœurs du roi des Huns et de son peuple étaient moins rudes et moins primitives que l’imaginaire collectif a bien voulu le croire.

Situé au centre d'une vaste enceinte palissadée et couronnée de tours enserrant le village de bois qui tient lieu de capitale aux Huns, le palais d'Attila apparaît en effet comme une riche demeure aux boiseries sculptées avec art et au sol recouvert de magnifiques tapis de laine. La magnificence des vêtements, rehaussés de broderies aux couleurs vives, la splendeur de la vaisselle, en or et en argent, la beauté des armes, richement serties de pierres précieuses, tout traduit dans cette demeure un goût du faste qui ne vise qu'à rehausser le prestige et l'autorité d'Attila.

Un roi avisé

Priscos reconnaît, par ailleurs, qu'Attila se distingue non seulement par sa simplicité, mais aussi par un sens politique très avisé, qui l'amène à considérer la connaissance des langues étrangères (le goth, le latin et le grec) comme des instruments essentiels de sa diplomatie. Aussi, faute de les posséder lui-même, Attila s'entoure-t-il de secrétaires originaires de l'orient comme de l'occident de l'Empire romain et donc susceptibles de s'entretenir dans ces langues avec les représentants des peuples et des États voisins.

À ces qualités de politique et diplomate, il joint celles d'un homme de guerre habile, courageux, voire cruel si nécessaire. En outre, il bénéficie d’un contexte favorable à la réussite de ses entreprises, car il accède au pouvoir au moment où la puissance hunnique l'emporte sur celle de tous les autres peuples barbares implantés en Europe grâce aux larges assises territoriales dont l'ont doté en Europe centrale Mundzuk, Roua et Oktar (respectivement son père et ses oncles).

Un homme de guerre conquérant

Les raids dans l’Empire romain d’Orient

Après quelques années de règne conjoint avec son frère Bléda (qu'il élimine en 445), Attila poursuit seul la politique d'expansion qu'il a entreprise dès son avènement, en 434. Cette politique, qui vise d'ailleurs moins à conquérir le terrain qu'à y prélever le maximum de butin, il la mène avec prudence. Ayant assuré ses arrières en obtenant du Romain Aetius la cession de la Pannonie occidentale en 439, il s'en prend d'abord uniquement à l'Empire d'Orient, auquel il veut imposer sa suzeraineté ainsi que le doublement du tribut annuel de 350 livres d'or que Théodose II versait à ses prédécesseurs depuis 432. Pour aboutir à ses fins, il envahit chaque année les territoires balkaniques situés au sud du Danube. Secondé par les Ostrogoths, les Gépides, les Hérules et les Skires – peuples barbares qui reconnaissent la puissance prééminente des Huns –, il fait ravager par ses troupes les plus importantes villes de cette partie de l'Empire : Naissus, Viminacium, Singidunum, Sirmium, etc.

En 448-449, Attila reçoit Priscos en ambassade et finit par accepter d'évacuer les territoires romains situés au sud du Danube et d'orienter désormais sa politique expansionniste vers l'Empire d'Occident, à l'intérieur duquel sa diplomatie lui a déjà ménagé de nombreux alliés. Au premier rang de ces alliés en Occident figurent : les Bagaudes gaulois et leur chef Eudoxe ; les Francs, dont un clan aspire à l'empire pour son chef ; les Vandales, qui auraient peut-être sollicité son appui contre les Goths (?) ; et surtout la princesse Honoria, qui lui promet sa main pour se venger de la mort de son amant Eugène, assassiné sur ordre de son frère, l'empereur Valentinien III.

Les raids dans l’Empire romain d’Occident

Deux raids marquent alors cette dernière étape du règne d'Attila. La première débute en 451. Remontant en plein hiver le Danube et le Rhin, Attila pénètre dans l'Empire d’Occident à la hauteur de Mayence. Ravageant la Belgique, incendiant Metz le 7 avril, assiégeant peut-être Orléans, défendue par le roi Alain Sangiban et par saint Aignan, il est finalement mis en échec par la coalition dirigée par Aetius au « Campus Mauriacus » (champs Catalauniques) le 20 juin 451.

S'étant replié en Pannonie, il y prépare un nouveau raid, qui déferle cette fois sur l'Italie du Nord, dont les grandes villes tombent toutes entre ses mains. À la dernière minute, pourtant, Turin et, sans doute, Rome sont sauvées par les négociations qu'il engage près de Mantoue avec le pape Léon Ier le Grand et avec les représentants de l'empereur.

Contre un tribut et la promesse d'épouser la princesse Honoria, Attila se retire en emportant le butin (dont les habitants d'Aquilée) pris dans la péninsule. Il porte ses forces sur le Danube, où le nouvel empereur d'Orient, Marcien, refusant de verser le tribut, menace le cœur de ses possessions. Le conflit, pourtant, n'éclate pas avant la mort d'Attila, qui aurait succombé d'une hémorragie nasale au soir de ses noces avec Germaine Ildico. La mort d'Attila scelle le destin de son empire, auquel les rivalités de ses fils et les révoltes des peuples satellites portent le coup final.