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la Flandre ou les Flandres

Teinturiers dans un atelier
Teinturiers dans un atelier

Plaine du nord-ouest de l'Europe, ouverte sur la mer du Nord, entre les collines de l'Artois et l'embouchure de l'Escaut. (Habitants : Flamands.)

GÉOGRAPHIE

Partagée entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, juxtaposant une plaine littorale (Flandre maritime) et un arrière-pays (Flandre intérieure) accidenté de collines, jalonnée de grandes villes (Lille, Gand), la région est densément peuplée et dispose d'un bon réseau de voies de communication. L'agriculture y est intensive (céréales et cultures industrielles) ; les industries littorales (sidérurgie, raffinage du pétrole, chimie) et la construction automobile y relaient partiellement les branches en crise (textile, charbon).

HISTOIRE

Constituée par les régions situées entre l'Escaut, la mer et les collines de l'Artois, la Flandre est habitée dès le néolithique. Occupé par les tribus celtes des Ménapiens et des Morins, le pays est conquis par César (57-54 avant J.-C.) et incorporé successivement aux provinces de Belgique (ier siècle avant J.-C.) et de Belgique seconde (iiie siècle après J.-C.).

Envahie vers 430 par les Francs Saliens qui la germanisent, la Flandre est évangélisée aux vie et viie siècles, et connaît, du viie au xe siècle, un essor économique et commercial (foire de Saint-Bavon à Gand, foire de Tournai) lié à l'essor de la draperie.

Attribuée à Charles le Chauve (843), qui la constitue en marche au profit de son gendre Baudouin Ier Bras-de-Fer, la région est ravagée par les Normands (879-892).

Baudouin II le Chauve (879-918) constitue véritablement le comté de Flandre en poussant jusqu'à l'Escaut, occupant le Boulonnais, l'Artois et le Ternois.

Au xie siècle, ses successeurs acquièrent le Walcheren et le pays d'Alost aux dépens de l'empereur germanique. La double vassalité des comtes de Flandre à l'égard du roi de France et de l'empereur leur permet d'assurer peu à peu une large autonomie à leur comté, qu'ils dotent de nombreuses institutions. En même temps s'amorce un nouvel essor de l'industrie drapière : Ypres, Lille, Douai, Gand, Bruges deviennent les villes les plus importantes du comté, où se développe une grande bourgeoisie d'affaires. Dirigé par cette dernière, le mouvement communal apparaît dès la seconde moitié du xie siècle, et les villes obtiennent des chartes d'affranchissement (début du xiie siècle). Le développement de la draperie fait appel à une abondante main-d'œuvre, qui se révolte contre le patriciat urbain, soutenu par les comtes de Flandre, ce qui facilite l'intervention du roi de France, qui prend parti pour les tisserands et les foulons.

L'ingérence française est également provoquée par les difficultés successorales à la mort de Charles le Bon (1127), et à celle de Baudouin IX (1205). Elle aboutit à l'annexion de la Flandre par Philippe IV le Bel (1297). Pendant près d'un siècle, les villes flamandes se rebellent contre leurs comtes, s'opposent aux rois de France, et s'entre-déchirent. À la mort du comte Louis II de Mâle (1384), le duc de Bourgogne Philippe le Hardi hérite du comté.

Après l'effondrement de la maison de Bourgogne (1477), le pays devient un domaine des Habsbourg d'Autriche, puis d'Espagne, et subit au xviie siècle un morcellement au profit de la France (→ traité des Pyrénées, 1659 ; traités de Nimègue, 1678). Transférée à l'Autriche par le traité d'Utrecht (1713), l'ancienne Flandre espagnole est annexée et divisée en deux départements (1794) sous la Révolution française. Province du royaume des Pays-Bas (1815-1830), puis du royaume de Belgique, la Flandre connaît au xixe siècle un puissant réveil industriel et culturel.