Nom donné, à l'époque carolingienne, aux pillards venus de Scandinavie (Norvégiens, Danois, Suédois) qui se nommaient eux-mêmes Vikings.
Ils menaçaient depuis le Ve s. les rivages d'Europe occidentale, mais ils deviennent plus dangereux à partir du VIIIe s. Les Norvégiens colonisent le nord des îles Britanniques et s'installent même en Islande et passagèrement au Groenland (Erik le Rouge) [VIIIe-Xe s.]. Les Danois s'attaquent à l'Angleterre proprement dite et se fondent dans la population (IXe s.). Charlemagne avait fortifié l'entrée des rivières de son empire pour en défendre l'approche, mais, après sa mort, les pirates multiplient leurs incursions, remontant les fleuves, surprenant et pillant les villes, exigeant un tribut (danegeld) pour se retirer et finalement occupant le pays. C'est la Gaule qui subit les plus sévères assauts (saccages de Rouen [856], de Paris [857], de Noyon [859]).
Finalement, sept États normands se constituent en Occident : trois en territoire anglo-saxon et quatre en territoire franc (dont la Normandie). Les descendants des Vikings forment une aristocratie turbulente, toujours prête aux entreprises lointaines : conquête de l'Angleterre, expéditions en Italie et en Sicile, voyages d'exploration, commerce aventureux jusqu'à la mer Noire ou la Caspienne (les Varègues qui, selon la tradition, ont pris le pouvoir à Novgorod et à Kiev). Au XIe s., les monarchies consolidées permettront la reprise des activités maritimes.