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Gand

en néerlandais Gent

Gand
Gand

Port de Belgique, chef-lieu de la Flandre-Orientale.

  • Population : 248 813 hab. (recensement de 2013)
  • Nom des habitants : Gantois

Le port et la ville

Au confluent de l'Escaut et de la Lys, Gand, deuxième ville de la région flamande derrière Anvers, est née sur une colline, le mont Blandin, avant de se développer dans la plaine.

Sa situation en bordure de l'Escaut est à l'origine du développement d'un port malgré l'éloignement de la mer, en partie compensé par le creusement du canal Gand-Terneuzen au gabarit de 80 000 tonnes. Le trafic est de l'ordre de 25 millions de tonnes pour le fret international et de 17 millions de tonnes pour les voies de navigation intérieure ; il est alimenté en grande partie par la zone industrielle située à la confluence de l'Escaut et de la Lys et, depuis 1960, par la bordure du canal Gand-Terneuzen où sont implantées de nombreuses entreprises industrielles : silos à grains, industrie du papier, industrie chimique, cimenterie, centrale électrique, aciérie. Le port est bien équipé pour le stockage, la logistique et le reconditionnement des marchandises et chaque quai est relié au réseau ferroviaire, tandis que des autoroutes européennes permettent de gagner directement le Hainaut et le nord de la France. La ville, elle, remplit les fonctions d'un pôle urbain : centre administratif, commercial, , centre de services, d'enseignement supérieur, de soins et de santé. Son patrimoine lui assure en outre une fréquentation touristique régulière.

L'HISTOIRE DE GAND

Les origines

D'abord occupé par les abbayes de Saint-Bavon et de Saint-Pierre, fondées entre 630 et 650 par saint Amand, le site de Gand ne s'urbanise qu'au cours du ixe s. La ville est le siège d'un pagus carolingien et se développe d'abord autour d'un premier portus, né, peu après 800, de la navigation frisonne sur l'Escaut et sur la Lys (trafic de laine, des draps et du plomb d'Angleterre). Prise par les Normands, Gand connaît un nouvel essor au temps du comte de Flandre Baudouin II le Chauve (879-918) ; celui-ci y édifie en effet un castrum, au pied duquel se développent la ville épiscopale et un second portus.

L'économie gantoise

Animant la foire annuelle de Saint-Bavon du 1er octobre, en relations commerciales étroites avec l'Angleterre et même avec l'Allemagne par la route terrestre de Cologne, les mercatores de Gand réinvestissent leurs capitaux dans une puissante industrie drapière, qui, dès la fin du xiie s. enlève à Arras sa primauté en cette matière. Ils sont bien accueillis à Gênes dès la fin du xiie s. ainsi qu'en Allemagne et en Scandinavie, où ils échangent leurs draps contre des vins rhénans, des céréales, des harengs et du bois (apogée vers 1250-1258), mais ils doivent pourtant renoncer à toute itinérance sous la double pression des marchands de Cologne et de Lübeck, qui les éliminent tour à tour au xiiie s. des villes rhénanes et hanséates, et sous celle des marchands italiens, qui achètent leurs draps d'abord aux foires de Champagne au xiiie s., puis de plus en plus souvent à Bruges à partir du xive s.

Population et société

Dans ces conditions, la fonction industrielle de la ville devient primordiale. Bénéficiant de l'une des plus fortes concentrations ouvrières de l'Europe du Nord-Ouest, Gand compte environ 56 000 habitants à la veille de la Grande Peste de 1348 ; aussi accroît-elle sa superficie à trois reprises, en 1254, en 1275 et en 1300, et s'entoure-t-elle d'une dernière enceinte, d'ailleurs trop vaste en raison de la stagnation démographique de la fin du xive s. Près de la moitié de ses habitants vit uniquement de la draperie. Celle-ci est placée d'abord sous le contrôle d'entrepreneurs marchands très dynamiques ; à la fin du xiiie s., elle passe sous celui d'un riche patriciat qui impose par la charte de 1277 la séparation des activités commerciales et industrielles. Formé des descendants de marchands enrichis qui ont investi leurs revenus en terres depuis le milieu du xie s., bénéficiant depuis lors des privilèges attachés à la propriété foncière, le patriciat gantois comprend de 1 500 à 2 000 personnes appartenant à environ 108 familles d'« hommes héritables », c'est-à-dire ayant des propriétés de ce type, dont l'une des plus célèbres est celle des « uten Hove » (« de la Cour »).

Ce patriciat vit comme les nobles, dans des demeures puissamment fortifiées ; il maintient son étroite domination sur le petit peuple encore inorganisé des artisans et des ouvriers de la laine, auquel, en 1275, la comtesse Marguerite de Flandre (1244-1280), puis, à partir de 1278, le comte Gui de Dampierre (?-1305) accordent leur appui, en particulier en matière salariale, afin d'arracher aux XXXIX (substitués en 1228 aux treize échevins primitifs) le gouvernement de la ville. Sauvés une première fois par leur appel au parlement de Paris en 1275, ces derniers s'allient naturellement en 1287 à Philippe IV le Bel afin de sauver le régime patricien et de maintenir la fiscalité oppressive (taille urbaine), contre laquelle se révolte le « commun » des villes flamandes en 1296-1297. Au parti des oligarques, qualifiés désormais par ses adversaires de leliaerts (« gens de fleurs de lys »), s'oppose désormais le parti des clauwaerts (« gens de la griffe », par allusion aux griffes du lion de Flandre). Celui-ci l'emporte d'abord à Gand, où Gui de Dampierre dépose en 1297 les XXXIX, qui font appel à Philippe IV le Bel, qui réunit alors la Flandre au domaine royal et lui impose un gouverneur, Jacques de Châtillon.

Le temps des crises (xive-xvie s.)

Les XXXIX accueillent avec faste le souverain le 22 mai 1301 et empêchent les « communiers » de soutenir en 1302 la révolte des métiers brugeois et de participer à la bataille de Courtrai le 11 juillet, à la seule exception des 700 hommes de Jan Borluut (?-1306). Ils perdent le gouvernement de la ville au lendemain de la défaite royale au profit des gens de métiers, animés par les plus nombreux d'entre eux : les tisserands et les foulons. Peu à peu, un nouvel équilibre politique et social se crée entre trois forces essentielles : les poorters (« bonnes gens »), issus de la fusion du patriciat avec la noblesse gantoise, qui reprennent le pouvoir notamment en 1319 et surtout en 1328, après la défaite du parti populaire à Cassel le 23 août 1328 ; les petits métiers, dirigés par un Conseil de doyens qui a tendance à en fermer l'accès ; enfin les tisserands du grand métier, qui éliminent en 1359 ceux qui sont à la fois leurs alliés sur le plan politique et leurs adversaires sur le plan salarial : les foulons. À une époque où les conséquences de la dépression économique sont aggravées par la montée au Brabant, en Angleterre et en Italie des industries drapantes concurrentes, il ne peut en effet être question d'améliorer également les salaires de chacune des nombreuses catégories de travailleurs du textile, qui entrent ainsi naturellement en rivalité. Plus nombreux, plus disciplinés, les tisserands de Gand jouent en effet, sous la direction de leur doyen, un rôle déterminant lors des révoltes de 1311, de 1319, de 1325-1328 et finalement de 1328-1345. Au cours de cette dernière, ils accordent leur soutien décisif à Jacob Van Artevelde (vers 1290-1345). Aussi, sous leur impulsion, ce dernier s'allie-t-il à Edouard III en échange de la réouverture du marché des laines anglaises, fermé par ce souverain en octobre 1336, et réussit-il à substituer dans toute la Flandre son autorité à celle du comte. Mais, entré en rivalité avec le doyen des tisserands, Gerard Denijs, à qui il a pourtant permis d'éliminer par les armes les foulons le 2 mai 1345, il est finalement assassiné par les tisserands le 17 juillet 1345. En 1360, une assemblée de caractère représentatif, la Collace, est pourtant mise en place, et, en 1369, le gouvernement de la ville est même remis aux représentants des trois membres de Gand : trois pour les poorters, cinq pour les cinquante-trois petits métiers et cinq pour les grands métiers (en fait, les tisserands seuls). Reconquise par les partisans du comte en 1348, Gand devient malgré tout le théâtre d'une lutte incessante entre les partisans du comte Louis de Mâle (1346-1384) et ceux des tisserands, qui se regroupent sous l'autorité de Filips (1340-1382), fils de Jacob Van Artevelde, mais Filips est vaincu et tué par les forces de Charles VI à Rozebeke le 27 novembre 1382. Le 18 décembre 1385, la ville doit alors signer la paix de Tournai avec le nouveau comte de Flandre, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne (1363 ou 1364-1404). Devenue le siège du Conseil des Flandres au temps de Jean sans Peur (1404-1419), elle tente à cinq reprises, mais en vain, de reconquérir son autonomie communale : en 1449, lorsqu'elle se révolte contre la gabelle, jusqu'à ce que ses milices soient écrasées à Gavere le 23 juillet 1453 ; en 1467, lorsqu'elle se soulève contre Charles le Téméraire, qui la prive alors de tous ses privilèges ; en 1477, lorsqu'elle arrache à la duchesse Marie de Bourgogne le « Grand Privilège » ; en 1482, lorsqu'elle s'allie à Charles VIII pour imposer l'humiliante paix d'Arras du 23 décembre à Maximilien, qui doit attendre 1492 pour la contraindre à signer à son tour celle de Cadzand : enfin en 1537, lorsqu'elle refuse d'aider financièrement Marie de Hongrie, dont le frère Charles Quint doit alors substituer à sa constitution urbaine la « concession Caroline » de 1540, qui soumet la ville au gouvernement central.

Malgré ces difficultés, Gand réussit pourtant à maintenir sa prospérité jusqu'au milieu du xvie s. Surmontant la crise de l'industrie drapière au xive s., elle devient tour à tour l'étape du commerce des grains commercialisés en France à la fin du xive s., un vaste entrepôt céréalier et un centre très actif de batellerie au xve s., enfin un foyer important de la tapisserie au xvie s. Mais cette prospérité renouvelée ne survit pas aux guerres de Religion.

Bien qu'elle soit devenue en 1559 le siège d'un nouveau diocèse, Gand est alors en effet profondément pénétrée par les idées réformées. Après la signature de la « pacification » des 5-8 novembre 1576, elle est contrôlée de 1577 à 1584 par les calvinistes, qui la font adhérer à l'Union d'Utrecht de 1579. Reconquise par Alexandre Farnèse le 17 septembre 1584, elle se dépeuple (30 000 habitants en 1600).

Déclin et renouveau (xvie-xxe s.)

Gand est occupée par les Français en 1678, en 1708 et en 1745 ; elle participe à la révolution brabançonne de 1789, est annexée à la France en 1794 et devient le chef-lieu du département de l'Escaut le 1er octobre 1795. Elle est de nouveau un grand centre de l'industrie textile spécialisé dans le travail du coton et du lin (premières filatures fondées respectivement en 1800 par Lieven Bauwens et en 1833) ; en même temps, elle reçoit un accès facile à la mer grâce à la construction du canal de Terneuzen en 1815-1827.

Dans cette ville, dotée en 1817 d'une université par les Néerlandais (1815-1830), la renaissance de l'industrie textile entraîne celle de la démographie (50 000 habitants vers 1690, 166 000 en 1937) et surtout celle du vieux conflit bourgeoisie-prolétariat, la bourgeoisie, conservatrice ou libérale, restant orangiste jusqu'en 1840 et animant ensuite le mouvement flamingant, alors que le prolétariat y fait pénétrer le socialisme.

GAND, VILLE D'ART

Introduction

L'importance économique considérable de Gand au Moyen Âge explique la forte densité de la ville en monuments anciens. L'Escaut, qui servait au transport des matériaux, de la pierre de Tournai, amena aussi les formes de l'école scaldienne ; plus tard, le gothique brabançon influença l'architecture.

La cathédrale Saint-Bavon, de fondation romane (crypte), a été rebâtie en style gothique scaldien, en commençant par le chœur, à la fin du xiiie et au xive s. Des chapelles furent ajoutées au xve s. ; la tour de façade, en grès (1402-1534), est en gothique brabançon ; la nef et le transept remontent au xvie s. Très important mobilier des xviie et xviiie s. Monuments funéraires du xviie s. dus à J. Duquesnoy le Jeune, Rombout Pauwels, J. Delcour, etc. Trésor. Prestigieuse réunion de peintures, parmi lesquelles : polyptyque de l'Agneau mystique de Van Eyck, triptyque de la Crucifixion souvent attribué à Juste de Gand, tableaux de ou d'après Rubens, F. Pourbus l'Ancien, De Crayer, etc.

L'église Saint-Nicolas, à trois nefs et tourlanterne de style gothique scaldien, commencée vers 1200, fut achevée au début du xive s. et remaniée par la suite. Saint-Michel est en gothique brabançon ; Saint-Martin d'Akkergem, église-halle avec parties romanes, a été rebâtie au début du xvie et au xviie s. L'église Saint-Jacques, avec parties romanes (tours occidentales, base de la tour centrale) et chœur gothique (xve s.), conserve un mobilier intéressant. L'ancienne abbaye cistercienne de la Byloke (Bijloke) présente une remarquable salle des malades avec charpente gothique du xiiie s. et des bâtiments du xive s. (réfectoire et dortoir) ; elle abrite un musée d'archéologie. L'ancienne abbatiale bénédictine de Saint-Pierre-au-Mont-Blandin a été rebâtie à partir de 1629 sous la direction de P. Huyssens ; la coupole octogonale qui s'élève à la croisée fut terminée en 1729 ; tour orientale à bulbe, façade baroque, belle grille de chœur. Enfin, les ruines de l'abbaye de Saint-Bavon (xie-xve s.) abritent un musée lapidaire.

Le château des Comtes, qui remplaça à la fin du xiie s. un château des ixe et xe s., a été fortement restauré ; le donjon central est entouré de murs et de douves ; le logis des comtes est du xiiie s. Le château de Gérard le Diable, très restauré, remonte au xiiie s. L'hôtel de ville, dont la majeure partie date du début du xvie s., est dû aux architectes R. Keldermans et D. de Waghemakere. Le beffroi, commencé sans doute avant 1314, se dresse au-dessus des halles (xve s.), de style gothique brabançon. La ville conserve de nombreuses maisons anciennes : maison romane de l'Étape (xiie s.), maisons gothiques, renaissantes et baroques, somptueux hôtels particuliers du xviiie s. (Haene-Steenhuyse, Falligan, etc.).

La peinture gantoise

Puissante et riche depuis la fin du xiie s., Gand étendait son rayonnement artistique à toutes les villes de Flandre. Si les guerres et les excès iconoclastes dispersèrent ou anéantirent au xvie s. beaucoup de ses œuvres d'art, elle défendit jalousement le chef-d'œuvre de Jan Van Eyck, le polyptyque de l'Agneau mystique conservé à la cathédrale Saint-Bavon. Ce premier monument de la peinture flamande au xve s., somme de toute la science iconographique du Moyen Âge et symbole de l'humanisme nordique, créa à Gand un centre d'attraction culturel pendant plus de deux siècles. En 1604, l'historien d'art Carel Van Mander (1548-1606) nous dit que les peintres affluent à Gand et qu'on peut difficilement approcher l'œuvre aux jours de fête.

L'universalité de la peinture gantoise s'affirma à travers l'œuvre de deux de ses plus grands peintres du xve s. : en premier lieu, Hugo Van der Goes, doyen de la guilde de Gand de 1474 à 1476, diffusa l'influence flamande en Italie et dans les régions rhénanes. L'Italie du quattrocento reçut et admira son retable des Portinari (Offices, Florence), commandé par l'agent des Médicis en Flandre et qui valut à l'artiste une renommée sans précédent. Le second des grands peintres gantois, Joos Van Wassenhove (vers 1435 ou 1440- après 1480), dit Juste de Gand, triompha à la cour d'Urbino. Au xve et au xvie s., un vaste atelier de peintres miniaturistes se développe à Gand, en liaison avec Bruges et parfois avec la cour de Bourgogne, comme le laisse supposer l'œuvre du Maître de Guillebert de Metz, actif pendant la première moitié du xve s. L'art de ce dernier demeure très proche de celui du Maître du privilège de Gand, connu par son manuscrit du musée de Vienne. Au xve s., Gheraert Horenbaut (vers 1465-1540) procède encore d'Hugo Van der Goes. La famille des Bening, enlumineurs très actifs, travaille à Gand et à Bruges entre 1470 et 1560 ; Simon Bening (1483-1561) exprime un sentiment nouveau de la nature, dont s'inspirera Pieter Bruegel.

La ville ne devait retrouver cette vitalité économique et artistique qu'au xixe s. C'est à Sint-Martens-Latem (Laethem-Saint-Martin), à quelques kilomètres au sud de Gand, que travaillèrent entre 1893 et 1903 deux jeunes artistes gantois : le peintre Valerius de Saedeleer (1867-1941) et le sculpteur Georges Minne (1866-1941). Représentants d'une tendance spiritualiste, ils furent suivis plus tard par un second groupe d'artistes, tous natifs de Gand, qui firent de l'expressionnisme une source de l'art belge contemporain.

LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS

Il a été créé à la fin du xviiie s., à la suite de l'occupation française en Belgique. L'art ancien y est représenté par des peintres gantois comme Horenbout, par des peintures flamandes (Rubens, De Crayer, C. de Vos, Jordaens, Van Dyck…), hollandaises (J. Bosch, Van Heemskerck, F. Hals), anglaises (Hogarth, Raeburn), françaises (Ph. de Champaigne, Chardin, Géricault). La collection moderne comprend des peintures par H. de Braekeleer, Evenepoel, Ensor, les membres de l'école de Laethem-Saint-Martin, les peintres de Barbizon, Daumier, Rouault, Magritte, etc., ainsi que des sculptures par J. Lambeaux, C. Meunier, G. Minne, J. Cantré, etc. Importante section d'art contemporain.