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Soliman Ier

en turc Süleyman Ier Kanunî, « le Législateur », surnommé le Magnifique par les Occidentaux

Soliman le Magnifique
Soliman le Magnifique

(Trébizonde 1494-Szigetvár, Baranya, Hongrie, 1566), 10e sultan ottoman (1520-1566), fils et successeur de Selim Ier.

Jeunesse, formation et premières années de règne

L'éducation de Soliman, fils du sultan Selim Ier, est très soignée et influencée par les mœurs occidentales. À la mort de son père en 1520, Soliman devient sultan. Il a une haute conscience de sa fonction, à laquelle s'ajoute celle, religieuse, de calife. Il est secondé jusqu'en 1536 par Ibrahim Paşa (1493-1536), qui a partagé son éducation et qu'il nomme grand vizir en 1523. La première rébellion fomentée sous le règne de Soliman est celle des Mamelouks, dirigée par Canberdi Gazalî et qui n'aboutit pas : après avoir assiégé Alep, les Mamelouks sont écrasés près de Damas en 1521. C'est ensuite au tour du vizir Ahmed Paşa, déçu de n'avoir pas été nommé gouverneur d'Égypte, de se révolter au Caire ; il est décapité en 1524.

Puis Soliman affronte les Iraniens ; son armée conquiert l'Azerbaïdjan, puis s'empare de Tabriz (1533) et de Bagdad (1534), qu'il donne l'ordre d'épargner en souvenir des anciens califes. Sous son impulsion, les Ottomans font sentir leur présence jusque dans les lointaines colonies portugaises des Indes, où ils soutiennent la révolte des indigènes et occupent pendant trois mois, en 1538-1539, le comptoir portugais de Diu.

La lutte contre l'Occident

En même temps, Soliman entre en conflit avec l'Occident : grâce au jeu subtil des alliances, il va jouer un rôle de premier plan dans les guerres qui opposent entre eux les princes chrétiens.

Charles Quint étant l'allié de l'ennemi mortel de Soliman, le souverain iranien (Ismaïl [1502-1524], puis Tamasp [1524-1574]), le Sultan répond favorablement aux avances du roi de France François Ier. Il engage la guerre contre la Hongrie, prend Belgrade en juillet-août 1521 et Petrovaradin avant de battre et de tuer le roi Louis II de Hongrie à la bataille de Mohács (29 août 1526).

L'envoyé de François Ier, Antonio Rincon, un ancien « comunero » espagnol passé au service du roi de France, négocie en 1528 un avantageux traité commercial avec la Porte, qui sera complété en 1536 par les fameuses « capitulations ».

En Hongrie, la France soutient Jean Zápolya, le voïvode de Transylvanie, vassal de Soliman II, contre les Habsbourg. Au cours de l'été 1529, le Sultan s'empare de Buda (Budapest), dont la chute prélude à la mainmise des Turcs sur toute la Hongrie. Il songe même à un moment à s'emparer de Vienne, qu'il assiège, mais sans succès (septembre-octobre 1529).

Après la mort de Jean Zápolya en 1540, il se heurte au roi de Bohême et de Hongrie Ferdinand Ier de Habsbourg (1526-1564) et annexe la Hongrie à son empire, la Transylvanie étant laissée au fils de Jean Zápolya, Jean-Sigismond. En 1547, un accord est conclu entre lui et Ferdinand, qui laisse à l'empereur la Hongrie occidentale moyennant le versement d'un lourd tribut annuel au Sultan. Plus tard, des contestations s'étant élevées à ce sujet, la guerre reprend entre les Turcs et le nouvel empereur d'Allemagne, Maximilien II. Soliman II se rendra de nouveau en Hongrie, mais, au cours de la campagne, la maladie l'emportera.

Non content de mener la lutte sur terre, le Sultan s'efforce d'établir sa domination sur tout le bassin méditerranéen. Pour arriver à ses fins, il entretient à Pera, le port de la capitale, à l'imitation de Venise, un arsenal de plus de cent galères munies d'une imposante artillerie. Il prend à son service des pirates des archipels grecs, qui fournissent l'Empire d'esclaves chrétiens enlevés sur les côtes de la Méditerranée.

L'objectif militaire le plus important que se fixe Soliman, c'est Rhodes, véritable forteresse qui commande la Méditerranée orientale et d'où les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem menacent pèlerins et marchands musulmans. Dès la seconde année de son règne, en juillet 1522, le Sultan vient mettre le siège devant Rhodes à la tête d'une flotte et d'une armée considérables. Malgré la résistance du grand maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam (1464-1534), les chevaliers doivent capituler ; le 29 décembre 1522, Soliman fait son entrée dans la ville de Rhodes.

En Méditerranée occidentale, des corsaires turcs soutenus par Soliman luttent contre les Espagnols. Ils réussissent à contrôler les ports d'Afrique du Nord, à l'exception de Tunis, repris aux Turcs par Charles Quint en 1535.

Lorsque Soliman le Magnifique disparut en 1566, il avait fait de l'Empire ottoman la puissance prépondérante en Europe. Il avait donné à ses possessions, qui s'étendaient des frontières de l'Autriche au golfe Persique et de la mer Noire au Maroc, un code de lois communes, le Kanunname, qui lui valut le surnom de Kanunî (le « Législateur »). Lettré et artiste, il rédigea un Divan, recueil de poésies, et embellit Istanbul et Andrinople (Édirne).