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Iraq ou Irak

en arabe ‘Irāq

Nom officiel : République d'Iraq

Carton de situation -
Drapeau de l'Iraq
Drapeau de l'Iraq

État d'Asie occidentale ouvert sur le golfe Persique, l'Iraq est limité à l'est par l'Iran, au nord par la Turquie, à l'ouest par la Syrie et la Jordanie, au sud et au sud-est par l'Arabie saoudite et le Koweït.
L'Iraq est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (O.P.E.P.).

  • Superficie : 434 000 km2
  • Nombre d'habitants : 33 765 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Irakiens
  • Capitale : Bagdad
  • Langues : arabe et kurde
  • Monnaie : dinar irakien
  • Chef de l'État : Fuad Masum
  • Chef du gouvernement : Haïdar al-Abadi
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Adoption : 18 septembre 2005
    • Entrée en vigueur : 15 octobre 2005
Pour en savoir plus : institutions de l'Iraq

GÉOGRAPHIE

Occupant la majeure partie de la Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate, l'Iraq est un pays au relief monotone, semi-désertique, avec des étés torrides. Il n'est que très partiellement mis en valeur par l'irrigation (blé, riz, dattes, coton). L'élevage (ovins) est la seule ressource des steppes. L'économie, qui repose sur le pétrole (dont la production retrouve aujourd'hui un haut niveau), a été perturbée par un embargo de 1990 à 2003, puis dévastée par la guerre de 2003 et ses suites.

1. Le milieu naturel

L'État irakien, né sur les ruines de l'Empire ottoman, à l'issue de la Première Guerre mondiale, a été organisé autour de la cuvette alluviale de la Mésopotamie et de sa capitale Bagdad, principal centre urbain qui y avait survécu aux siècles de prépondérance des nomades. Il s'agit d'un gigantesque bassin de subsidence quaternaire, limité à l'ouest (flexure bordière de la rive droite de l'Euphrate) par les sédiments tertiaires du désert de Syrie, à l'est par des cônes de déjection coalescents au pied des chaînes du Zagros, qui passent au nord (Djézireh irakienne) à une plaine de piémont plus régulière en bordure du Taurus. Dans ce bassin se déchargent les alluvions du Tigre et de l'Euphrate, dont le cours, très instable, n'est pas réellement fixé. La cuvette est en effet encore affectée de mouvements tectoniques qui expliquent notamment la présence d'importants secteurs lacustres et marécageux dans la basse plaine, déjà existants dans l'Antiquité sumérienne, mais qui se sont considérablement développés aux premiers siècles de l'ère chrétienne. À l'ouest de la Mésopotamie, le territoire irakien s'étend largement sur les plateaux sédimentaires qui occupent le cœur du Croissant fertile. Le climat de ces plateaux et de la cuvette mésopotamienne est subdésertique, avec des pluies apportées par de rares dépressions hivernales d'origine méditerranéenne qui ont déjà déversé leur humidité sur la côte du Levant, et qui se situent entre 100 et 200 mm par an en moyenne ; la vie ne peut y être fondée que sur l'irrigation. C'est seulement au nord, dans la Djézireh, steppe arborée de pistachiers à l'état naturel, que les précipitations se relèvent (entre 200 et 400 mm) et que se présente une large bande de campagnes en cultures pluviales, qui se poursuivent dans le rebord montagneux du Taurus et du Zagros, fortement arrosé, et de végétation naturelle forestière.

2. La population

Siège d'invasions successives et de troubles constants entre nomades et sédentaires, kurdes et arabes, chiites et sunnites, y compris sous l'Empire ottoman, la population irakienne est un brassage d'ethnies et de religions diverses – on recense même quelques turcophones et persanophones. Parmi les 30 millions d'habitants que compte le pays en 2009, les Kurdes (20 % de la population, pour la plupart sunnites) et les Turkmènes résident dans des petits villages de montagne, au cœur des régions les plus fertiles et les plus riches en pétrole ; certains d'entre eux nomadisent encore dans les plaines. Coincés sur les franges du territoire, quelque 400 000 descendants chiites des invasions perses habitent des marais insalubres ; le reste de la population chiite est regroupé dans le sud du pays. Dans les plaines du Centre se sont installés les Arabes sunnites, qui ont dominé l'État irakien depuis son indépendance. Néanmoins, la majorité des habitants est aujourd'hui chiite (plus de 65 %), les sunnites étant devenus minoritaires (30 %). Il existe également une petite minorité chrétienne (5 %) aux rites très divers (→ chaldéen, syrien, arménien, latin), des Yazidis, ainsi que 2 500 Juifs.

Avant la guerre Iran-Iraq de 1980-1988, 2 millions d'Égyptiens avaient émigré en Iraq, où ils bénéficiaient d'un accueil favorable, le pays étant toujours soucieux de remédier à la faiblesse relative de son peuplement, en dépit d'une croissance démographique soutenue – son besoin de main-d'œuvre est d'autant plus criant qu'il dispose de la plus forte superficie de terres arables du Moyen-Orient. La population urbaine a considérablement augmenté, passant, entre 1968 et 1998, de 28 à 71 % de la population totale. La province de Bagdad regroupe le quart des Irakiens, l'agglomération de Bassora rassemble 1,5 million d'habitants, avec une forte proportion de fonctionnaires – dont, il y a encore peu, 1 million de militaires, réduits aujourd'hui à 500 000, dont 100 000 réservistes. La guerre Iran-Iraq, la guerre du Golfe, l'embargo et la guerre d'Irak ont ralenti la croissance démographique du pays et accentué l'exode : plus de 2 millions d'Irakiens vivent désormais hors de leur pays, en Europe (particulièrement à Londres) et un peu partout dans le monde. De même, 300 000 chrétiens, sur 475 000, ont fuit le pays depuis 1991. En revanche, de nombreux immigrés Égyptiens, chassés par la guerre du Golfe, se sont réinstallés, ces dernières années, en Iraq.

3. L'économie traditionnelle de l'Iraq

Pays semi-désertique au climat torride, l'Iraq bénéficie toutefois de la cuvette alluviale de la Mésopotamie (cœur historique et démographique du pays), située entre le Tigre et l'Euphrate, où s'est développée, depuis des siècles, une agriculture irriguée (27 % des terres arables). Les ressources agricoles reposent essentiellement sur l'élevage ovin extensif et sur la culture des céréales (blé, riz, orge), des dattes (dont l'Iraq était jadis le premier exportateur mondial), notamment sur les rives du Chatt al-Arab, du coton, des plantes vivrières ou encore du tabac. Ces activités, jointes aux énormes richesses en hydrocarbures (10 % des réserves mondiales), faisaient de l'Iraq l'un des pays les plus prospères de la région. Dès 1918, des barrages édifiés sur le Tigre et sur l'Euphrate développèrent l'irrigation, encore améliorée en 1956 (aménagement de la plaine mésopotamienne pour lutter contre les crues dévastatrices, construction de nouveaux barrages, notamment au Kurdistan). Cependant, les rendements restent médiocres, et l'équipement, rudimentaire. En 1958, la réforme agraire du général Kassem mit fin aux grands fiefs féodaux, mais provoqua une désorganisation des réseaux de commercialisation et une chute de la production : les 400 000 hectares de terres organisés en kolkhozes n'obtinrent pas les effets escomptés. L'Iraq dut alors importer 1 million de tonnes de céréales par an pour nourrir la population, dont près de la moitié pourtant travaillait dans l'agriculture (40 % des actifs, 23 % du produit intérieur brut [PIB]).

Exploité depuis 1927 par l'Iraq Petroleum Company (IPC) dans le Kurdistan (régions de Kirkuk et de Mossoul), puis, à partir de 1953-1958, dans l'extrême Sud, à la suite de la découverte de nouveaux gisements, le pétrole irakien est une richesse exceptionnelle – d'autant que 70 % du territoire sont toujours inexplorés. Cependant, le pays, enclavé, dispose d'un accès à la mer insuffisant : le pétrole doit donc être acheminé par des oléoducs, vers le Liban et la Palestine dans les années 1920, vers la Syrie à partir de 1952, vers la Turquie, enfin, depuis 1977. Il est également exporté, à partir de 1958, par le golfe Persique, grâce au terminal pétrolier de Fao, à l'embouchure du Chatt al-Arab.

Aux termes des accords conclus avec l'IPC en 1952, l'État irakien s'assura, dans un premier temps, de toucher la moitié des bénéfices pétroliers. Puis, sous le général Kassem, une grande partie de la production pétrolière fut nationalisée. En juillet 1964, ce fut au tour des banques, des sociétés d'assurances, des industries du tabac et du ciment. En 1965, cependant, le pouvoir irakien opta pour une économie libérale, leva le monopole de l'État sur les importations, stoppa les nationalisations et supprima les représentations ouvrières dans les compagnies nationalisées. Entre 1972 et 1975, on revint à nouveau à une économie autoritaire, et l'industrie pétrolière fut, cette fois-ci, totalement nationalisée. Malgré ces fluctuations de la politique économique, l'Iraq des années 1970 était un pays prospère. Sixième producteur mondial d'hydrocarbures, il exportait près de 168 millions de tonnes de pétrole par an (20 % du PIB) et disposait d'une industrie pétrochimique à Bassora, d'un complexe sidérurgique sur le Chatt al-Arab, d'une dizaine de raffineries de pétrole, de plusieurs aciéries et d'une industrie légère diversifiée (raffinage de sucre, cimenterie, textile, construction mécanique). Le pays était également performant dans les secteurs de la construction, de la finance et des services. Malgré des achats massifs d'armement, ses avoirs en devises dépassaient 35 milliards de dollars et ses dettes n'atteignaient pas 2,5 milliards de dollars.

4. La fin d'une puissance économique

La guerre avec l'Iran entraîna l'effondrement de l'économie irakienne : pendant le conflit, les exportations de pétrole chutèrent de deux tiers – la découverte de nouveaux gisements en 1988 n'y changea rien –, les terminaux pétroliers furent détruits, la production agricole diminua malgré la privatisation des terres et l'ouverture libérale de l'économie. La dette de l'État devint écrasante et absorba bientôt 40 % des recettes pétrolières, l'inflation atteignit un niveau élevé, le P.I.B. régressa. En 1988, l'Iraq, alors au bord de la ruine, devait 60 milliards de dollars à l'extérieur, dont 35 milliards au Koweït et à l'Arabie saoudite et 15 milliards à la France, le coût de la reconstruction étant, quant à lui, également évalué à 60 milliards de dollars. Il parvint cependant, en l'espace de deux ans, à rééquilibrer sa balance commerciale, à redresser son P.I.B. et à reprendre ses exportations de pétrole. Mais la guerre du Golfe et l'embargo (l'un des plus stricts jamais appliqués) l'ont totalement ruiné. La production agricole et industrielle s'est effondrée, et l'économie est aujourd'hui minée par les trafics et le banditisme. L'Iraq, obligé d'importer massivement des produits alimentaires alors que ses avoirs extérieurs sont gelés – au moins 4,5 milliards de dollars, dont un tiers dans les banques arabes –, doit en outre payer des indemnités au Koweït pour les dommages commis en 1990. La nourriture est rationnée, les ONG (Organisations non gouvernementales) supervisant les distributions tandis que l'ONU contrôle toute l'économie. Les exportations de pétrole sont limitées à 4 milliards de dollars par an à partir de 1996, alors que les besoins en importations de l'Iraq, dans l'état actuel de sa production agricole et industrielle, se chiffrent à près de 10 milliards de dollars par an. L'étau s'est un peu desserré à partir de 1997 : l'Iraq, qui a pu alors réimporter du blé australien et du riz thaïlandais, a produit, surtout au Kurdistan, 3,3 millions de tonnes de céréales et 600 000 tonnes de dattes. Par ailleurs, 33 contrats pétroliers ont été signés avec les Turcs, les Français (Total), les Américains, les Russes, les Japonais et les Chinois. L'embargo a été critiqué par nombre d'experts qui ont estimé qu'il a pénalisé d'abord la population irakienne et contribué à la lente dégradation des infrastructures du pays. En revanche, il n'a pas empêché Saddam Husayn et ses proches d'accroître leurs revenus et de reconstruire l'arsenal militaire grâce à la multiplication de la fraude (surtaxes imposées aux grandes compagnies qui achètent le pétrole irakien, marché noir en direction des pays voisins). Toutefois, la guerre déclenchée par une coalition américano-britannique en 2003, suivie par l'invasion du pays et par l'effondrement du régime de Saddam Husayn ont conduit à une situation géopolitique et économique tout à fait nouvelle, la reconstruction de l'Iraq étant désormais largement tributaire de l'aide susceptible d'être apportée par la communauté internationale et de l'évolution de la politique intérieure.

En 2012, l'Iraq est redevenu le deuxième pays producteur de pétrole des pays de l'OPEP. Pour les exportations, l'Iraq devance notamment l'Iran. La Chine est le premier pays importateur de pétrole irakien. Les exportations de pétrole financent 95 % du budget public et représentent plus des trois quarts du produit intérieur brut. Les réserves de pétrole sont situées principalement dans le sud et dans le Kurdistan (nord du pays).

HISTOIRE

Voir l'article spécialisé Iraq : histoire.