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Réfugiés kurdes

Kurdes

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Kurdes

Peuple d'Asie occidentale parlant une langue iranienne et comptant environ 25 millions d'individus, aujourd'hui répartis entre la Turquie (40 à 50 %), l'Iran (25 %), l'Iraq (20 %), la Syrie, la Transcaucasie et le Liban.

Le mode de vie traditionnel des Kurdes était celui de montagnards transhumants et ils étaient divisés en groupes tribaux et en confréries soufies. Ils ont fourni des soldats réputés, parfois fondateurs de dynasties, aux grands empires musulmans. Aujourd'hui, les Kurdes sont majoritairement musulmans sunnites (avec des groupes chiites, yazidis, chrétiens).

HISTOIRE

N'ayant pas réussi à se poser en acteurs politiques autonomes, les Kurdes ont été les principales victimes de la recomposition politique du Moyen-Orient dans les années 1920 (traités de Sèvres et de Lausanne). Dès lors, ils vont se révolter périodiquement contre les nouvelles constructions étatiques qui rejettent leurs revendications. Dans un premier temps en Turquie, contre la république laïque et nationaliste turque de Mustafa Kemal, puis en Iran lors de l'occupation soviétique de 1945-1946 (République de Mahabad), et surtout en Iraq à partir de 1958, date du retour d'exil de Mulla Mustafa Barzani, héros du nationalisme kurde et leader du parti démocrate du Kurdistan (PDK).

1. Le mouvement nationaliste kurde en Iraq

À la suite de rivalités internes, une scission intervient au sein du PDK entre partisans de Mulla Mustafa Barzani et partisans de son jeune disciple, Djalal Talabani ; ces derniers commettent l'erreur de s'allier, de 1966 à 1970, au gouvernement irakien et deviennent alors l'armée auxiliaire de Bagdad. Le 11 mars 1970, Mulla Mustafa Barzani parvient à arracher à Saddam Husayn un accord promettant l'autonomie du Kurdistan irakien, dont la capitale est Sulaimaniya. Mais, en 1975, privé du soutien de l'Iran, le mouvement kurde s'effondre et Barzani dépose les armes. Refusant la défaite, D. Talabani parvient à bloquer l'avance des troupes irakiennes. Fort de ce succès, il fonde alors l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) le 1er juin 1975.

   Pendant le conflit Iran-Iraq (1980-1988), chacun des deux belligérants utilise son influence sur les Kurdes de l'autre pays pour faire pression sur son adversaire. De surcroît, la lutte fratricide entre PDK et UPK se radicalise avec Masud Barzani, fils de Mustafa et héritier du parti. Elle ne s'interrompt qu'en 1987-1988, lorsque la rébellion kurde est férocement réprimée par l'armée de Saddam Husayn. En quelques mois, plus de 700 villages sont rasés et plusieurs milliers de Kurdes sont gazés à Halabja.

   Placés sous protection internationale au lendemain de la guerre du Golfe (1991) les Kurdes parviennent à reprendre le contrôle de la plus grande partie de leur territoire, et y proclament un « État fédéré kurde d'Iraq du Nord » (1992). Mais, de 1994 à 1997, la guerre reprend entre l'UPK, alliée à l'Iran et le PDK des Barzani.

   Si, en 2002, le Parlement kurde approuve à l'unanimité l'accord de paix signé en 1998 à Washington par les chefs des deux partis qui se disputent le territoire, ce sont l'intervention américano-britannique en Iraq en 2003, la chute du régime de Saddam Husayn puis les élections irakiennes de janvier 2005, qui poussent les Kurdes à oublier leurs différends et à faire cause commune, en février, pour mieux peser sur les futures institutions irakiennes. Les prémices de cette volonté d'unification datent de l'accord électoral du 1er décembre 2004 conclu entre les dirigeants du PDK et de l'UPK ; selon cet accord, Djalal Talabani occuperait un poste clé dans le gouvernement central de Bagdad alors que Masud Barzani prendrait la présidence du Kurdistan.

1.1. Le Kurdistan autonome

Ayant abandonné l'objectif de leur indépendance, les Kurdes exigent une Constitution fédérale garantissant leur autonomie. Ils entendent conserver leurs forces armées, les peshmerga et revendiquent, pour des raisons à la fois stratégiques, historiques et culturelles, la ville de Kirkuk, assise sur un « trésor » pétrolier estimé à dix milliards de barils, et où une majorité de Kurdes côtoie des Arabes sunnites, une minorité turkmène et des chrétiens.

   Selon l'article 140 de la Constitution irakienne de 2005, un référendum doit être organisé pour décider du sort de la ville, mais sa tenue a été plusieurs fois reportée. Certains districts et sous-districts des provinces voisines, où vivent d'importantes communautés kurdes (gouvernorats de Ninive et Diyala) sont également revendiqués.

   Le 6 avril 2005, pour la première fois dans l'histoire de l'Iraq, un Kurde accède à la magistrature suprême : Djalal Talabani, leader historique et secrétaire général de l'UPK, est élu à la présidence de la République. En juillet 2009, M. Barzani est réélu (pour la première fois au suffrage universel) à la présidence de la région autonome kurde d'Iraq. La liste « Kurdistani », rassemblant le PDK et l'UPK, conserve la majorité absolue dans l'assemblée régionale avec 59 sièges sur 111 et 57 % des suffrages face à une nouvelle formation d'opposition – Goran – née d'une scission de l'alliance kurde et qui, après une campagne dénonçant la corruption et le monopole exercé par les deux « clans » Barzani et Talabani, obtient plus de 20 % des suffrages.

   En 2010, ce groupe (de même que deux petits partis islamiques kurdes) se sépare également de la coalition kurde dominante (43 sièges) au Parlement irakien, tandis que Djalal Talabani est reconduit à la présidence de la République irakienne après de longues tractations.

2. La rébellion kurde en Turquie

En Turquie, la révolte lancée dans les années 1990 par le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) s'essouffle sous les coups d'une terrible répression menée par l'armée turque. Après la capture et l'incarcération, en 1999, de son leader Abdullah Öcalan, le PKK, inscrit sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis, l'Union européenne et la Turquie, déclare renoncer à la lutte armée en 2000.

   Rebaptisé Kadek (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan) en 2002, puis Kongra-Gel (Congrès du peuple du Kurdistan) en 2003, avant de reprendre son nom d'origine en 2005, il renonce au séparatisme et appelle le gouvernement turc au dialogue. Cependant, des troupes du PKK, ayant trouvé refuge à Qandil, le long de la frontière septentrionale de l'Iraq avec la Turquie et l'Iran, poursuivent leur guérilla.

   Depuis la trêve avec la Turquie, décrétée unilatéralement par le PKK le 1er octobre 2006, la guérilla s'est concentrée sur le front Est, en Iran, conduite par le PJAK (parti pour une Vie libre au Kurdistan, branche iranienne du PKK) puis reprend sporadiquement en Turquie tandis que l'armée turque veut en détruire les bases arrière au Kurdistan irakien par des raids aériens à la frontière entre les deux pays.

   Jouant le jeu des élections, les Kurdes apportent massivement leur soutien au parti de la Société démocratique (DTP) qui, accusé d'être une vitrine politique du PKK, est dissous en 2009, puis au parti pour la Paix et la démocratie (BDP) représenté au Parlement turc par un trentaine de députés élus sous l'étiquette « indépendants » depuis 2011.

   En raison des guerres successives et de l'exode rural, une bonne partie de la population a émigré vers les grands centres urbains (en particulier en Turquie), et les Kurdes forment une part importante de la population immigrée dite « turque » en Europe de l'Ouest.

   Pour en savoir plus, voir les articles Iran, Iraq, Turquie.

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