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Honduras

Nom officiel : République du Honduras

Carton de situation - Honduras
Drapeau du Honduras
Drapeau du Honduras

État d'Amérique centrale baigné au nord par l'océan Atlantique (mer des Antilles), le Honduras est limité au sud-ouest par le Salvador, au sud-est par le Nicaragua et à l'ouest par le Guatemala.

  • Superficie : 112 000 km2
  • Nombre d'habitants : 8 098 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Honduriens
  • Capitale : Tegucigalpa
  • Langue : espagnol
  • Monnaie : lempira
  • Chef de l'État : Juan Orlando Hernández
  • Chef du gouvernement : Juan Orlando Hernández
  • Nature de l'État : république à régime présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 11 janvier 1982
    • Entrée en vigueur : 20 janvier 1982
    • Révision : octobre 1997
Pour en savoir plus : institutions du Honduras

GÉOGRAPHIE

C'est un pays souvent montagneux et forestier, au climat tropical, dont le café et la banane constituent les ressources essentielles. Le maïs est la base de l'alimentation. La population, métissée, s'accroît rapidement. L'économie a été dévastée par le passage d'un cyclone en 1998.

1. Le milieu physique

La majeure partie du pays est montagneuse : 70 % du territoire sont à plus de 300 m d'altitude et 55 % à plus de 600 m. Le pays est à peu près dépourvu de façade pacifique, un étroit passage lui donnant simplement accès au golfe de Fonseca. Il est par contre largement ouvert sur la mer des Antilles, mais par un littoral bas et très peu peuplé jusqu'à une époque récente. Il est coupé, du nord au sud, par une dépression structurale, la « dépression du Honduras », allant de la région caraïbe (ríos Ulúa et Chamelecón) à la façade pacifique (golfe de Fonseca), par le haut bassin de Comayagua.

2. Population et activités

Le Honduras est à la fois l'un des plus étendus et l'un des moins peuplés des États d'Amérique centrale. Sa population, surtout rurale, est fortement métissée : ainsi, 70 % des Honduriens sont des métis de Blancs et d'Amérindiens, ces derniers représentant encore 20 % de la population. Le pays connaît une croissance démographique relativement soutenue, de l'ordre de 2,1 % par an, avec un indice de fécondité supérieur à 3,3 enfants par femme. La répartition de la population sur le territoire est inégale. Les plaines du Honduras caraïbe, à l'ouest, concentrent plus de 25 % de la population. Elles s'opposent au Honduras intérieur, peu peuplé, qui accueille seulement 8 % des habitants sur près de la moitié de la superficie du pays. Les bassins du Honduras intérieur, avec leur climat chaud et sec, et leur végétation de forêts claires savanisées, se prêtent bien à l'élevage bovin extensif, qui occupe les meilleures terres. Mais cette activité participe au défrichement sauvage de la région, facteur de dégradation du milieu forestier, qui constitue pourtant une ressource économique majeure. C'est également dans cette région, où s'établirent les principaux centres de peuplement colonial, que l'on exploite encore les mines d'argent et de zinc qui avaient attiré jadis les conquérants espagnols. Celles-ci ne fournissaient plus, cependant, que 4 % des exportations à la fin des années 1980.

Le Honduras caraïbe est économiquement plus actif. Il représente à lui seul entre 30 et 40 % des exportations en valeur, grâce à la monoculture de la banane développée par les compagnies nord-américaines United Brands et Standard Fruit Company. Les plantations bananières ont donné naissance à la zone la plus entreprenante du pays : la vallée de l'Ulúa, avec San Pedro Sula, deuxième ville hondurienne mais premier centre industriel et bancaire, et Puerto Cortés, le principal port. La diversification des activités agro-industrielles et les investissements étrangers assurent aujourd'hui la croissance de cette partie du pays et renforce son intégration régionale, grâce notamment à l'existence d'un système cohérent d'infrastructures de transport. Outre la banane (un tiers des exportations contre 80 % vers 1950), le pays produit également du café (20 % des surfaces cultivées), des fruits tropicaux (ananas), du coton, du maïs et du sucre. Deux barrages assurent l'essentiel de la production d'électricité : El Cajón et Yojoa-Río Lindo.

L'agriculture, avec 39 % des emplois, et l'industrie du bois (nationalisée depuis 1974) fournissent l'essentiel des ventes à l'étranger. L'exportation des crustacés (crevettes, homards, etc.) s'est également développée depuis quelques années. Les latifundia et les plantations assurent la production des cultures commerciales, les petites exploitations, celle des cultures vivrières. Dans tous les départements montagneux, surtout dans le Sud, subsiste une agriculture paysanne archaïque qui vise à l'autosubsistance.

Après une solide expansion économique entre 1976 et 1979, due à la hausse mondiale des prix du café, le Honduras a affronté une grave crise économique. La reprise est intervenue au milieu des années 1980 avec une forte augmentation des exportations de café. Avant les ravages de l'ouragan Mitch (octobre-novembre 1998), la croissance était d'environ 4 % par an.

3. Les problèmes économiques

L'un des handicaps majeurs du Honduras est la médiocrité des voies de communication, liée à la fois au système économique et au cloisonnement du relief. Les centres de peuplement se retrouvent très souvent isolés les uns des autres en raison du manque de moyens de communication, notamment lors des intempéries (cyclones, inondations, ouragans). Ainsi, la capitale, Tegucigalpa, est quasi isolée du reste du pays du fait de la faiblesse des infrastructures routières et ferroviaires.

Prototype de la « république bananière » minée par la corruption, le Honduras connaissait avant le passage dévastateur de l'ouragan Mitch en octobre 1998 (responsable de la mort ou de la disparition de près de 6 000 Honduriens) un taux de chômage d'environ 30 %, une inflation élevée (20 %) et une forte pauvreté, qui touche près de 71 % de la population, dont 55 % vivent dans l'indigence. Touché par la crise économique, le pays était déjà très fortement endetté tandis que le capital étranger contrôlait toutes les branches de l'économie hondurienne et que le Fonds monétaire international (F.M.I.) exerçait une pression constante pour obtenir les privatisations des services publics et la restructuration de la dette extérieure (108 % du P.I.B.).

L'assainissement et la diversification de l'économie hondurienne sont aujourd'hui compromis par les conséquences désastreuses des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays et par la faiblesse de l'industrie, qui reste une cause structurelle de sous-développement.

HISTOIRE

1. Le Honduras précolombien et la colonisation

1.1. Copán, cité maya

Peuplé depuis environ 22 000 ans, le territoire du Honduras actuel recèle la deuxième métropole maya après Tikal (au Guatemala), Copán qui s'épanouit pendant la période classique, entre le iiie et le xe siècle.

Pour en savoir plus, voir l'article Mayas.

1.2. La conquête espagnole

C'est Christophe Colomb qui baptise les côtes du Honduras (Hondura, « profondeur ») lors de son quatrième voyage, en 1502. La conquête espagnole entamée en 1523, à laquelle participe le conquistador Hernán Cortés (1525-1526), se heurte à la résistance des Amérindiens Miskitos. Comayagua, où sont découverts des gisements d'or et d'argent, est fondée en 1537 et restera capitale jusqu'en 1880. Un soulèvement amérindien (1537-1538) mené par le chef des Lencas, Lempira, ébranle un temps la colonisation européenne. Le pays est intégré dans la Capitainerie générale de Guatemala (créée en 1544), dépendante de la vice-royauté de Mexico.

L'exploitation des mines d'argent commence vers 1530 et utilise des milliers d'indigènes soumis au travail forcé, rapidement remplacés par l'importation d'esclaves noirs d'Afrique. Mais, par manque de capitaux, l'exploitation des mines d'or, d'argent et de cuivre ne pourra se développer comme dans d'autres colonies espagnoles.

Pour en savoir plus, voir l'article colonisation.

2. Des tentatives contrariées d'union et une indépendance mouvementée

Le début du xixe siècle est marqué en Amérique centrale par divers soulèvements et guerres civiles entre libéraux et conservateurs. Indépendant en 1821, le Honduras fait partie de l'Empire mexicain d'Iturbide (1821-1823) puis devient membre de la Fédération des Provinces-Unies de l'Amérique centrale (1824-1838). En décembre 1825, il promulgue sa propre Constitution. À partir de 1830, la fédération est dirigée par le libéral hondurien Francisco Morazán. Mais ce dernier est battu par les conservateurs en 1838, date à laquelle le Honduras quitte la fédération et devient réellement indépendant. Toutefois, dans les faits, la côte du Honduras est sous le contrôle des Britanniques et échappe à l'autorité hondurienne. L'idée de fédération est relancée à plusieurs reprises entre les cinq pays d'Amérique centrale (Nicaragua, Honduras, Guatemala, Salvador, Costa Rica).

2.1. Rivalités entre oligarchies locales

De la fin du xixe siècle au milieu du xxe siècle, le pays est agité par les rivalités entre les différentes oligarchies locales, qui entretiennent un climat de guerre civile : aux 98 changements de gouvernement entre 1824 et 1900 succèdent 14 gouvernements et 159 soulèvements armés de 1900 à 1933. La dernière guerre civile se produit en 1924. Parallèlement, le Honduras subit l'emprise de l'United Fruit Company (UFC), propriétaire des grandes bananeraies, ainsi que d'autres compagnies américaines.

Dans la seconde moitié du xxe siècle, des structures interétatiques se mettent en place : les cinq États d'Amérique centrale s'unissent en 1951 dans l'Organisation des États centraméricains (ODECA), puis en 1960 (en 1962 pour le Costa Rica) dans le Marché commun centraméricain (MCCA). Une Banque centraméricaine d'intégration est créée en 1961. Ces structures se délitent lors de la guerre entre le Salvador et le Honduras en 1969.

2.2. La « guerre du football » avec le Salvador (juillet 1969)

Les origines de ce conflit sont à chercher dans l'émigration de nombreux Salvadoriens, poussés par la forte croissance démographique de leur pays, vers les terres du Honduras sous-peuplé. En 1954, les ouvriers de l'UFC obtiennent le renvoi de travailleurs salvadoriens, qui formaient 15 % de la main-d'œuvre des plantations. En 1969, avec la crise du MCCA et le développement d'un puissant mouvement paysan, le contentieux se transforme en une guerre entre les deux pays.

La « guerre des cent heures », ou « guerre du football », se solde par le retour d'une partie des travailleurs salvadoriens chez eux, après une victoire militaire du Salvador qui a coûté la vie à 3 000 Honduriens. Les rancœurs nées de ce conflit connaissent un début d'apaisement avec la signature en 1980 d'un traité de paix incluant une importante collaboration militaire entre les deux pays.

2.3. La paix régionale

La paix régionale se construit à partir de 1987 par une série d'accords (1987 et 1989) entre le Honduras et ses quatre voisins. Lors de l'accord Esquipulas II (1987), on a vu renaître un projet de Parlement centraméricain.

3. Le Honduras dans la zone d'influence américaine

3.1. L'interventionnisme américain

L’influence des États-Unis dans le pays est manifeste pendant tout le xxe siècle. La domination économique des Nord-Américains date de la fin du xixe siècle, d'abord dans le domaine de l'extraction des métaux, puis dans l'industrie bananière : en 1895, la New York and Honduras Rosario Mining Company contrôle 90 % de la production minière. L'établissement de l'UFC s'opère à la même époque.

À plusieurs reprises, au nom de la doctrine interventionniste de Theodore Roosevelt, les États-Unis interviennent au Honduras pour « rétablir l'ordre » (1903, 1905, 1919 et 1924). Les compagnies fruitières accroissent progressivement leur emprise dans tous les secteurs de l'économie, jusqu'à exercer un contrôle total sur la vie économique et politique du pays. Ainsi, l'UFC contrôle tout le circuit de la banane : plantation, transport, communication. En échange de la construction de routes, la compagnie reçoit de gigantesques concessions de terres. Aujourd'hui, les deux grandes sociétés bananières sont l'United Brands (UFC rebaptisée) et la Standard Fruit.

3.2. Le Honduras, base arrière des États-Unis en Amérique centrale

À partir des années 1950, l'aide qu'apportent les États-Unis à la modernisation du pays va de pair avec une domination accrue des politiques intérieure et extérieure. Le Honduras est en effet une pièce majeure du dispositif militaire américain en Amérique centrale. Par sa situation géographique, le pays garantit la stabilité régionale : dans les années 1970 et 1980, il constitue une base arrière pour les Américains dans le cas d'une agression cubaine ou nicaraguayenne et empêche la guérilla salvadorienne d'utiliser son territoire. Le Honduras sert surtout de sanctuaire pour la Contra antisandiniste : l'aide militaire passe alors de 4 millions de dollars en 1980 à 65 millions en 1984. Cette militarisation poussée a également permis de contenir la guérilla intérieure (Front morazaniste de libération nationale, FMLN ; Front morazaniste de libération du Honduras, FMLH) comme dans les autres pays d'Amérique centrale. Ce n’est que dans les années 1990 que l’emprise américaine se desserre quelque peu avec la normalisation de la situation au Nicaragua et au Salvador. Les liens avec les États-Unis, premier partenaire commercial et créancier, reste cependant étroits.

4. Le rôle des militaires et les tentatives de réforme agraire

Le Honduras connaît plusieurs périodes de dictature : Policarpo Bonilla (1894-1899), Miguel Dávila (1907-1911), Tiburcio Carías Andino (1933-1948), qui impose pendant quinze ans la loi martiale et interdit tous les partis, Julio Lozano Díaz (1954-1956).

Juan Manuel Gálvez (1949-1954), chef du parti national, élu à la suite de T. Carías Andino, modernise le pays en encourageant l'élevage, la culture du café et du coton, et trouve des capitaux pour construire des routes et des barrages. Il insuffle une relative démocratisation.

1954 est l'année de l'« explosion sociale », qui touche les travailleurs des bananeraies. En mai, 40 000 travailleurs refusent de reprendre le travail. Les premiers syndicats légaux sont alors fondés et des augmentations substantielles de salaires sont obtenues. En juin, les étudiants manifestent contre l'invasion du Guatemala par les États-Unis.

Le président libéral Ramón Villeda Morales, régulièrement élu en 1957, est accusé de communisme et renversé en 1963 par le colonel (plus tard général) Osvaldo López Arellano, conservateur, qui fait adopter une nouvelle Constitution en 1965. Le gouvernement démocratiquement élu de Ramón Cruz Uclés, du parti national, qui lui succède en 1971, est renversé dès 1972 par O. López Arellano. Une junte militaire commandée par le colonel Policarpio Paz García s'empare du pouvoir en 1978.

Les militaires renforcent les liens économiques entre le Honduras et les États-Unis d'Amérique par deux importants programmes : un projet visant à hisser le Honduras au rang de premier producteur de papier du continent et le barrage d'El Cajón.

Le premier essai de réforme agraire a été entrepris par le libéral R. Villeda Morales. Après sa destitution (1963), les militaires tentent à leur tour à mettre sur pied une politique de réforme agraire. Dans les années 1970, le général López Arellano prévoit de remettre en cinq ans 600 000 hectares à 120 000 familles paysannes. Le Plan national de réforme agraire (PNRA) suscite une violente opposition chez les grands propriétaires et les compagnies multinationales, puisque son application entraînerait la nationalisation d'une partie des terres et leur redistribution. Cette opposition parviendra à stopper la mise en œuvre de ce plan.

En 1977, le projet de réforme agraire du général Juan Melgar Castro (1975-1978) prévoit uniquement la colonisation de régions désertées. Dans les années 1980, la redistribution des terres continue, mais elle touche essentiellement celles appartenant à l'État. En mars 1992, une loi de modernisation de l'agriculture est promulguée : elle permet la vente des terres nationales, ou ejidales. Elle affecte en particulier les 2 500 coopératives, et plusieurs groupes de paysans sont expulsés.

La « question paysanne » reste ainsi en suspens et les paysans sans terre, qui s'organisent au sein d'un Front d'union nationale menant des « marches de la faim », continuent à se heurter aux grands propriétaires.

5. Pacification régionale et première alternance démocratique

Les dictatures militaires au Honduras ne se sont jamais transformées en États terroristes comme dans le reste de la région : les syndicats ouvriers ne sont pas interdits, les organisations paysannes demeurent légales et la répression terroriste est absente. Le pays connaît cependant de nombreux assassinats politiques et un important trafic de drogue.

État tampon entre le Nicaragua et le Salvador, le Honduras a servi de camp de repli aux réfugiés des diverses guerres centraméricaines, notamment à la Contra. Il a aussi un différend avec le Salvador concernant un territoire situé le long de la frontière de l'île de Meanguera, dans le golfe de Fonseca ; ce litige est réglé septembre 1992 par la Cour internationale de justice (CIJ).

En janvier 1982, une fois le régime constitutionnel rétabli, Roberto Suazo Córdova, chef du parti libéral, devient président de la République. Un autre libéral, José Simón Azcona del Hoyo, lui succède en novembre 1985. La première alternance démocratique intervient fin 1989, avec la victoire à l'élection présidentielle du candidat du parti national (conservateur, soutenu par l'armée), Rafael Leonardo Callejas Romero. Sous la pression du chef de l'État, les réfugiés quittent peu à peu le Honduras à la fin du conflit au Nicaragua.

6. La démilitarisation : dernière étape de la normalisation du régime

En novembre 1993, le libéral Carlos Roberto Reina Idiáquez remporte l'élection présidentielle. Après sa prise de fonctions en janvier 1994, il organise une commission anticorruption et réduit considérablement le budget militaire, qui absorbait jusqu'à 20 % du budget national. Malgré des conséquences sociales difficiles, engendrées par l'application stricte du plan d'ajustement imposé par le Fond monétaire international (FMI) depuis 1990, le parti libéral remporte une nouvelle fois l'élection de novembre 1997 au travers de son candidat Carlos Roberto Flores Facussé.

Entré en fonctions en janvier 1998, le nouveau président va connaître une première année de mandat difficile. En effet, l'ouragan Mitch, qui a dévasté une partie de la Caraïbe et de l'Amérique centrale fin octobre-début novembre 1998, laisse le pays exsangue. Néanmoins, une étape importante est franchie en direction de la démilitarisation du régime : en septembre 1998, le Congrès adopte une réforme constitutionnelle supprimant le poste de commandant en chef des armées, qui est remplacé par un ministre de la Défense placé sous l'autorité politique du chef de l'État. En janvier 1999, le président nomme un civil à ce poste, fermant la longue parenthèse (plus de trente-cinq années) où l'autonomie des militaires était presque complète.

Au niveau régional, les relations avec le Nicaragua se dégradent considérablement après la ratification par l'Assemblée, fin 1999, de l'accord signé en 1986 par le Honduras et la Colombie fixant leur frontière au 15e parallèle Nord, retirant du même coup près de 30 000 km2 au Nicaragua. En avril 2001, le Honduras et le Nicaragua décident de porter leur différend devant la CIJ.

En novembre 2001, Ricardo Maduro Joest remporte l'élection présidentielle. C'est la deuxième victoire du parti national depuis la démocratisation du pays au début des années 1980. La lutte contre l'insécurité (entretenue notamment par les « maras », gangs armés issus des ghettos américains et financés par le crime organisé) constitue l'une des priorités du nouveau chef de l'État.

7. La crise institutionnelle de 2009

En novembre 2005, Manuel Zelaya Rosales, candidat du parti libéral (PL), qui obtient la majorité au Congrès, remporte d'extrême justesse l'élection présidentielle à l'issue d'un scrutin contesté face à Porfirio Lobo Sosa, candidat du parti national (PN). Contre toute attente, ce prospère propriétaire terrien et homme d'affaires se rallie en 2008 à l'Alternative bolivarienne pour les Amériques tandis que la priorité est donnée à la lutte contre la pauvreté. Ce revirement lui vaut le soutien des syndicats et d'une partie de la population mais l'hostilité de la classe dirigeante y compris de son propre parti, et l'entraîne, finalement, dans une épreuve de force avec les principales institutions du pays.

Son projet de référendum en vue d'une réforme constitutionnelle qui ouvrirait la voie à la réélection du président envenime ses relations en juin 2009 : à l'issue d'un bras de fer avec le Congrès qui juge cette consultation illégale, puis avec le chef d'état-major des Armées, qui est limogé mais reçoit l'appui de ses pairs et de la Cour suprême de Justice, M. Zelaya est écarté du pouvoir par un coup d'État militaro-civil et expulsé sur le champ du pays.

Roberto Micheletti Baín, président du Congrès, lui succède à la tête d'un gouvernement intérimaire tandis que les partisans du président déchu (inculpé de haute trahison et de corruption) se mobilisent dans le pays. Malgré les pressions de la communauté internationale (dont la plupart des États d'Amérique latine), la suspension du Honduras de participation à l’Organisation des États américains (OEA) en juillet, et la médiation du président costaricain, Oscar Arias, le gouvernement de facto refuse de rétablir dans ses fonctions M. Zelaya.

Le 21 septembre, ce dernier parvient pourtant à rentrer clandestinement dans son pays, trouvant refuge dans l'ambassade du Brésil. Après l’échec d’ultimes négociations, des élections générales ont lieu dans un climat très tendu au mois de novembre.

8. La normalisation politique

Porfirio Lobo Sosa, candidat du parti national (PN), remporte l'élection présidentielle avec 56,56 % des suffrages face à Elvin Santos du parti libéral (38,09 % des voix), tandis que son parti s’impose avec 71 sièges sur 128 aux élections législatives et arrache 189 mairies sur 298 aux municipales. Mais le camp de M. Zelaya, qui a appelé à boycotter le scrutin, rejette ces résultats ainsi que l'estimation du taux de participation (61 %).

Si Washington reconnaît cette victoire comme une étape vers la résolution de la crise, les États d'Amérique latine, réunis au 19e sommet ibéro-américain à Estoril (Portugal), restent très divisés sur la question et se contentent de réclamer de nouveau le retour à l'ordre constitutionnel. En tête des pays opposés à la reconnaissance de ces élections figure notamment le Brésil. Toutefois, la situation se normalise et la crise prend fin avec l'investiture officielle de P. L. Lobo le 27 janvier 2010 après le vote d'une amnistie générale. L'ex-président s’exile en République dominicaine.

Le rétablissement de relations diplomatiques avec la trentaine de pays les ayant rompues après la crise de 2009, la reprise de l’aide américaine qui avait été suspendue et les recommandations du rapport de la « Commission Vérité » en vue d’une clarification des prérogatives institutionnelles et de la réconciliation, sont autant d’étapes vers la réintégration du Honduras au sein de la communauté internationale au cours de l’année 2010.

En mai 2011, après un accord signé avec la médiation de la Colombie et du Venezuela, l’ancien président M. Zelaya peut regagner son pays ; il y fonde un nouveau parti, Liberté et Refondation (Libre). Le Honduras est réadmis à l’OEA en juin. La situation intérieure reste cependant marquée par une criminalité préoccupante liée au trafic de stupéfiants, y compris dans les rangs de la police qui doit être épurée, ainsi que par une violence politique dont les journalistes sont les premières victimes (11 assassinats entre 2009 et 2011). À l’insécurité, la corruption et plusieurs scandales s’ajoute l’augmentation du chômage et de la pauvreté, ce qui contribue à la faible crédibilité dont bénéficie le président Lobo, alors qu’il aborde la dernière année de son mandat.

C’est toutefois Juan Orlando Hernández, candidat du parti national, qui remporte l’élection présidentielle de novembre 2013 avec 36,9 % des voix devant Xiomara Castro De Zelaya, épouse de l’ancien président destitué (28,8 %). Se présentant comme le continuateur du gouvernement précédent et s’engageant en priorité à poursuivre la lutte contre la violence et l’insécurité, le nouveau chef de l’État entre en fonctions le 27 janvier 2014. Confronté à partir de mai 2015 à un mouvement de grèves et manifestations baptisé Marchas de las antorchas (« Marches des torches ») dénonçant l’implication de fonctionnaires dans une affaire de corruption aux dépens du budget de la Sécurité sociale, Juan Orlando Hernández reconnaît que son parti a reçu une aide de cet organisme pour financer sa campagne présidentielle, mais réfute toute éventualité de démission et propose la mise en place d’une enquête nationale.