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masque

(italien maschera, du bas latin masca)

Masque inuit
Masque inuit

Forme stylisée du visage ou du corps humain ou animal, ayant une fonction rituelle.

D'un point de vue anthropologique, le masque est toujours intégré à un comportement social spécifique, quelle que soit la société : qu'il recouvre le visage, qu'il cache le corps, sa fonction est triple : cacher, transformer et épouvanter. Chez les Dogons, chaque élément constitutif du masque (sa couleur, sa forme, etc.) est déterminé par les mythes : en revêtant le masque, le porteur redonne vie et sens aux mythes qui sont généralement les mythes de la création du monde. Cacher/désigner est une fonction nouvelle, acquise à l'époque moderne (carnaval, bal masqué) sans rupture de sens avec le sens du masque dans une société traditionnelle ; cependant les mythes se sont transformés en personnages symboles (le roi, le fou, le pierrot, etc.) et le récit mythique et religieux a disparu en se condensant sur le symbole dont le masque est porteur.

Les masques de théâtre

Quelle que soit l'époque, le masque de théâtre crée des conditions de jeu particulières, fondées sur les mouvements corporels. En éclipsant la physionomie de l'acteur et en interdisant les mimiques, il enlève au personnage une partie de sa réalité physique ; il introduit une forte stylisation.

Le théâtre antique a toujours utilisé le masque, fixé selon les genres et les types (dieux, rois, héros, prêtres…). On en a compté jusqu'à 76, dont 28 pour la tragédie. Il fut aussi un accessoire indispensable pour jouer les rôles féminins et pour identifier certains personnages (vieillard, esclave…).

Le masque a tenu une place capitale dans la commedia dell'arte, où il était un attribut et presque un portrait des personnages types. C'est ainsi qu'il est passé en France, où des personnages de Molière jouèrent sous le masque. Provisoirement abandonné au xixe s., il a retrouvé son intérêt toutes les fois où des acteurs se sont efforcés de retourner aux sources du jeu, sous l'influence notamment de J. Copeau.

Au Japon, le masque, réaliste ou expressionniste, est essentiel à la dramaturgie du .

Les masques de danse

Aux xviie et xviiie s., il était habituel que les danseurs portent des masques. Outre la stylisation des personnages (les Furies, par exemple, étant représentées par des têtes aux joues rebondies), les protagonistes pouvaient porter des masques à double face – un côté rieur, un côté larmoyant. Par ailleurs, le port du masque permettait à un même danseur de tenir plusieurs rôles. Éloignant l'artiste du monde familier des spectateurs, le masque lui donnait une dimension hors du commun et l'entourait de mystère.

Noverre, dans ses Lettres sur la danse et les ballets (1760), réclama la disparition des accessoires qui entravaient l'action du danseur et de la danseuse, car la pantomime et les mimiques rendaient le masque inutile. En 1772, G. Vestris, n'ayant pu tenir le rôle d'Apollon dans Castor et Pollux, tragédie lyrique de Rameau, fut remplacé par M. Gardel, qui refusa de porter le masque du rôle. Le public fut enchanté de cette initiative.

Le masque, aujourd'hui encore, fait partie de certaines dramaturgies.