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monarchie de Juillet

Juillet 1830, combats de la rue de Rohan
Juillet 1830, combats de la rue de Rohan

Régime monarchique constitutionnel instauré en France après les journées des 27, 28, 29 juillet 1830 (les Trois Glorieuses) et dont le souverain fut Louis-Philippe Ier, qui fut renversé par la révolution de février 1848.

L'installation d'une monarchie bourgeoise (1830-1840)

Le régime de Juillet repose sur la Charte de 1814 révisée, à laquelle Louis-Philippe Ier prête serment le 9 août 1830, et qui consacre la victoire du système représentatif. Le principe de la souveraineté nationale remplace celui de droit divin ; le roi, investi du pouvoir exécutif, partage le législatif avec la Chambre des pairs et la Chambre des députés ; le système électoral, organisé par la loi du 19 avril 1831, attribue à 168 000 bourgeois (en majorité des propriétaires fonciers) le monopole de la représentation nationale. Le régime s'appuie sur la bourgeoisie qui occupe les ressorts de l'État et de l'administration. Confronté à de graves difficultés économiques (faillites, chômage) et à l'agitation, Louis-Philippe fait appel au banquier J. Laffitte (2 novembre 1830), chef du courant le plus libéral, le Mouvement.

Discrédité par les manifestations anticléricales à Paris (février 1831), par ses expédients (augmentation des impôts), par son soutien aux insurrections polonaise et italienne, Laffitte est renvoyé et remplacé par Casimir Perier (13 mars 1831), chef du courant conservateur, la Résistance. Perier réduit les fonctionnaires à l'obéissance, poursuit les révolutionnaires, réprime l'insurrection des canuts de Lyon (novembre 1831), retire le soutien de la France aux carbonari. La mort de Perier (16 mai 1832) ouvre une période de troubles : les légitimistes organisent en Vendée un soulèvement en faveur du fils de la duchesse de Berry mais échouent (avril-novembre 1832) ; les républicains, renforcés par les premières associations ouvrières, tentent un coup de force à l'occasion des funérailles du général Lamarque (juin 1832), puis organisent contre le roi l'attentat de Fieschi (juillet 1835) ; mais les lois de septembre 1835 jugulant la presse et réorganisant les cours d'assises brisent le parti républicain. Enfin, la volonté de Louis-Philippe d'exercer une autorité active engendre une succession de dix ministères, dont ceux de Molé (1836-1839) et de Thiers (mars-octobre 1840). Ce dernier réprime une série de grèves dues à la misère ouvrière et provoque la conclusion du traité de Londres (15 juillet 1840) entre la Grande-Bretagne, la Russie, l'Autriche et la Prusse contre l'Égypte, alliée de la France. Son bellicisme entraîne son renvoi (29 octobre) par Louis-Philippe, qui charge le maréchal Soult de constituer un cabinet qui sera, en fait, dirigé par Guizot.

Le ministère Guizot et la stabilité (1840-1848)

Cette stabilité s'explique par la parfaite entente entre le roi et Guizot, dont le souverain appuie la politique tout entière acquise au conservatisme, et par la désagrégation des partis à la Chambre, qui permet au gouvernement de se créer une majorité par des faveurs personnelles. L'« ère Guizot » est celle des lois d'affaires, favorables à la haute bourgeoisie et à l'expansion économique. C'est l'époque du démarrage de la révolution industrielle, stimulé par les économistes libéraux (J.-B. Say et F. Bastiat) qui font voter la loi du 11 juin 1842 sur les chemins de fer (1 930 km de voies ferrées en 1848 contre 570 en 1842). Mais le protectionnisme et l'insuffisante organisation du crédit freinent le progrès économique. À l'extérieur, le gouvernement conquiert l'Algérie (1847) ; après avoir pratiqué une politique de concessions à la Grande-Bretagne, il rompt avec cette dernière (1846) et se rapproche de l'Autriche de Metternich pour enrayer l'agitation libérale en Europe, ce qui accroît le nombre des opposants au régime.

La chute de la monarchie (février 1848)

À partir de la fin de 1846, la question de la réforme électorale cristallise les efforts de l'opposition qui réclame un abaissement du cens électoral. Le roi et Guizot refusant toute modification de la loi de 1831, l'opposition fait appel à l'opinion par une campagne de banquets tenus à Paris et dans les grandes villes (à partir de juillet 1847) alors que la crise économique jette à la rue près d'un million de chômeurs. L'interdiction du banquet qui devait se tenir à Paris le 22 février 1848 provoque la révolution de 1848 qui renverse Louis-Philippe, met fin à la monarchie de Juillet et instaure la république, proclamée le 24 février par le Gouvernement provisoire. (→ deuxième République.)