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Garde nationale

Le marquis de la Lafayette, commandant de la Garde nationale parisienne
Le marquis de la Lafayette, commandant de la Garde nationale parisienne

Milice civique créée en 1789 à la demande des électeurs de Paris pour défendre l'ordre établi et la propriété.

1. Sous la Révolution

1.1. Création d'une « garde bourgeoise »

Dans la soirée du 13 juillet 1789, le guet ne pouvant apaiser les troubles, et l'Assemblée réclamant que les troupes royales concentrées autour de Versailles soient écartées de la capitale, les électeurs de Paris demandent, pour défendre l'ordre public et la propriété, la création d'une « garde bourgeoise » de 60 bataillons, formant 16 légions, dont les officiers seraient élus par les citoyens électeurs, et les soldats par les habitants. Composée d'abord de 800 hommes placés sous les ordres du marquis de La Salle, cette garde participe à la prise de la Bastille (14 juillet). Le lendemain, La Fayette en est nommé commandant en chef et lui donne le nom de « Garde nationale ». Toutes les villes imitent la capitale et, dès décembre 1789, un décret en attribue le contrôle aux municipalités, qui envoient toutes une délégation à la fête de la Fédération (14 juillet 1790).

1.2. « Contrepoids au chef de la force militaire » (Robespierre)

Le 7 août 1790, elle est complètement organisée à Paris (7 divisions, 140 canons), dotée d'uniformes, de drapeaux, d'une cocarde tricolore. Mais c'est seulement par la loi d'octobre 1791 qu'elle est organisée légalement ; la loi en fait une émanation de la bourgeoisie en n'y admettant que les citoyens actifs. Robespierre affirme à l'Assemblée qu'une Garde nationale « n'est pas établie pour repousser l'ennemi, mais pour faire contrepoids au chef de la force militaire ». De ce fait, elle joue un rôle actif dans les journées révolutionnaires (20 juin et 10 août 1792 surtout). La guerre oblige pourtant à en envoyer une partie aux frontières.

2. Du Directoire à la monarchie de Juillet

2.1. Sous Napoléon

Réorganisée en 1795, la garde parisienne est vaincue par Bonaparte le 13 vendémiaire an IV, puis supprimée. Elle reparaît en 1805 sous le nom de « cohortes », avec lesquelles Napoléon forme des unités de combat pour la défense des frontières et des côtes. En 1814, il la constitue avec la bourgeoisie ; en 1815, avec les classes populaires (fédérés).

Pour en savoir plus, voir l'article premier Empire.

2.3. Sous la Restauration

À la chute de l'Empire, le comte d'Artois (→  le futur Charles X) entre dans Paris en uniforme de la Garde nationale, mais cette Garde, épurée par Louis XVIII, reste de tendances libérales ; elle refuse d'expulser le député Manuel et proclame son attachement à la Charte. Dissoute, mais non désarmée (29 avril 1827), elle peut se reconstituer dès le 27 juillet 1830 et participer à la révolution de 1830.

2.4. Un des fondements de la monarchie de Juillet

Elle est réorganisée par Louis-Philippe (lois du 28 mars 1831 et 19 avril 1832) et devient l'un des fondements du régime. Recrutée parmi les citoyens de 20 à 60 ans payant un impôt foncier, elle est sous les ordres du ministre de l'Intérieur et des préfets ; ses officiers sont élus. Si elle participe parfois aux insurrections sociales et républicaines (Lyon, 1831), elle les réprime plus souvent (Paris, juin 1832 et juin 1834). Aussi est-ce sa défection qui provoque la chute du régime, quand elle exécute contre l'armée l'insurrection de 1848 (→ révolution française de 1848).

Pour en savoir plus, voir l'article monarchie de Juillet.

3. Sous la IIe République

La IIe République la démocratise en y admettant tous les citoyens de 20 à 60 ans ; ses effectifs quadruplent, passant de 56 751 hommes à 190 299. Des difficultés éclatent entre ses membres ouvriers et bourgeois (manifestation des bonnets à poils, 16 mars 1848), mais elle réprime les mouvements sociaux de juillet. Tenue à l'écart du coup d'État du 2 décembre 1851 par le général Lawoestyne, son nouveau chef, elle est mise en disponibilité par un décret de janvier 1852, puis appelée à l'activité en 1870 pour la surveillance des fortifications de Paris lors de la guerre franco-allemande. Elle disparaît après l'échec de la Commune (loi du 30 août 1871), à laquelle elle s'était ralliée et dont elle avait constitué l'armée.

Pour en savoir plus, voir les articles Comité central de la Garde nationale, IIe République.