En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Rothschild

Meyer Amschel Rothschild
Meyer Amschel Rothschild

Famille de banquiers d'origine allemande de confession israélite.

Meyer Amschel (Francfort-sur-le-Main 1743-Francfort-sur-le-Main 1812) est l'ancêtre de la famille. Orphelin à 12 ans, changeur, il vend des médailles et des monnaies au landgrave, futur prince électeur Guillaume Ier de Hesse-Cassel, qui fait de lui un des agents de la Cour. Francfort est alors un des plus grands centres commerciaux de l'Allemagne, et Meyer Amschel sait faire prospérer ses affaires, notamment au cours des deux périodes (1793 et 1806) où l'Électeur doit fuir devant les armées françaises et éparpiller les ressources de son trésor pour le sauvegarder. Ses cinq fils amplifièrent son œuvre en donnant à la maison un caractère international.

Nathan (1777-1836) s'établit à Manchester, puis bientôt à Londres, où il réalise de vastes opérations commerciales et financières : il aide les Anglais dans leur lutte contre Napoléon, leur procurant de l'argent ou en en faisant passer sur le continent. Il est aidé dans cette œuvre par son dernier frère James (1792-1868), qui s'établit à Paris en 1812 et réalise d'importants bénéfices en procédant à des transferts de fonds, notamment à Wellington, pendant la guerre d'Espagne.

À la mort de Meyer Amschel, son fils aîné Amschel Meyer (1773-1855), dit Anselme, prend en 1812 la direction de la maison de Francfort. Les Rothschild possèdent bientôt leurs propres services de courriers (une légende prétend que Nathan fut le premier informé du résultat de la bataille de Waterloo, d'où un jeu haussier et baissier sur plusieurs places ayant assuré sa fortune) et s'établissent dans les grandes capitales : Londres, Paris, Naples, où Carl (1788-1855), quatrième fils de Meyer Amschel, s'installe en 1820 — Vienne, où Salomon (1774-1855), deuxième fils de Meyer Amschel s'installe en 1821. Ils réalisent d'énormes profits grâce au système de la compensation (ou accord de clearing), achats et ventes se réglant au moyen de virements en compte, sans déplacement effectif d'argent. Après la défaite de Napoléon, les Rothschild, qui avaient aidé financièrement Louis XVIII, facilitent le règlement de la dette de la France à l'égard des divers alliés.

James, nommé consul général d'Autriche, aide puissamment le gouvernement de la Restauration et de Louis-Philippe : banquier de la monarchie de Juillet, il devient également banquier de grandes opérations publiques, pour le compte du royaume de Naples (1821-1824), des États pontificaux, de l'Espagne (1829), de la Belgique. En 1817, il fonde à Paris la société en nom collectif « De Rothschild Frères », dont il fait le véritable centre des affaires de la famille, et qui, grâce à sa pratique de banquier amplie de sagesse, traversera san heurts les soubresauts des guerres, des changements régime et des récessions. Comme son frère Salomon en Autriche, et comme Jacques Laffitte à Paris, il comprend très vite l'avenir des chemins de fer. Il réunit le capital nécessaire pour construire la ligne Paris-Saint-Lazare-Saint-Germain-en-Laye (1837), puis Paris-Versailles-Rive droite. Il préside la Compagnie du chemin de fer du Nord dès sa création en 1845. Sous le second Empire, il lutte avec succès contre le Crédit mobilier, que les deux frères Pereire avaient fondé et qui s'effondre en 1867, malgré l'appui de Napoléon III.

Alphonse de Rothschild (1827-1905), l'aîné des trois fils de James, naturalisé français, est nommé régent de la Banque de France en 1855. En 1871, il parvient à faire réduire l'indemnité due aux Allemands après la défaite et aide à son règlement. Au sein de la Banque de France, il est associé à ses deux frères, Gustave (1829-1911) et Edmond (1845-1934), qui est un des plus fervents promoteurs du sionisme.

À la mort d'Alphonse, son fils Édouard (1868-1949) lui succède, puis Robert (1880-1946) remplace son père Gustave, décédé en 1911. Régent à son tour de la Banque de France, Édouard participe au financement de la Première Guerre mondiale, puis à la stabilisation du franc, réalisée par Poincaré. Lors de l'invasion allemande de 1940, il doit se réfugier aux États-Unis et revient après la Libération.

À sa mort, la direction, à Paris, de la Banque de France se trouve répartie entre son fils Guy et les deux fils de Robert, Alain et Élie.

Le fils d'Edmond, Maurice 1881-1957 est longtemps sénateur. La banque Rothschild est nationalisée en 1982.

La maison mère de Francfort avait disparu à la mort de Wilhelm Karl (1828-1901), celle de Vienne en 1931.

À Londres, Lionel (1808-1879), fils de Nathan, est élu en 1847 à la Chambre des communes pour la Cité, mais, en raison de sa religion, il ne peut siéger qu'en 1858.

Son fils Nathaniel (1840-1915) hérite du titre de baronet de son oncle Anthony (1810-1876), deuxième fils de Nathan, qui est anobli en 1846, et devient, en 1855, le premier israélite élevé à la pairie.

Lionel Walter (1868-1937), fils de Nathaniel, membre à son tour de la Chambre des lords, réunit une importante collection naturaliste. C'est à lui, en tant que chef de la plus importante famille israélite anglaise, qu'est adressée la déclaration Balfour sur l'établissement d'un foyer juif en Palestine.

Un petit-fils de Nathan, James Édouard (1844-1881), établi en France, est un grand bibliophile, et son fils Henri (1872-1942), un médecin, un mécène et un auteur dramatique connu sous le nom d'André Pascal. Plusieurs membres de la famille léguèrent aux Musées nationaux les collections qu'ils avaient réunies : Edmond (→ collection Edmond de Rothschild) et Henri, notamment. Ils créèrent enfin de nombreuses fondations charitables, hospitalières et scientifiques.