En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Entente cordiale

Édouard VII
Édouard VII

Expression d'abord employée pour caractériser les bons rapports établis par Louis-Philippe et la reine Victoria, puis reprise en 1904 pour définir le nouveau rapprochement franco-britannique.

1. Sous le gouvernement Guizot

Dans les discours du trône, la reine Victoria, utilise l'expression pour caractériser les bons rapports établis par Louis-Philippe et elle-même et par Guizot et Aberdeen entre la Grande-Bretagne et la France. Ils permirent à cette dernière de sortir de l'isolement diplomatique auquel l'avait réduite les journées de juillet 1830 (entrevues du château d'Eu, 1843 et 1845), mais l'accord entre les deux puissances resta superficiel, en raison de leurs nombreux sujets de litige.

Pour en savoir plus, voir l'article monarchie de Juillet.

2. Sous la IIIe République

L'expression est reprise en 1904 pour définir le nouveau rapprochement franco-britannique. Pour rentrer dans le concert européen, dont l'ont exclue le système de Bismarck et la Triplice, la France, qui s'est déjà alliée à la Russie et rapprochée de l'Italie, a dû chercher une entente avec l'Angleterre quand la Russie s'est détournée des problèmes européens au profit de l'Extrême-Orient. L'arrivée de Delcassé aux Affaires étrangères (1898), de Paul Cambon à l'ambassade de Londres (1898) et, d'autre part, l'avènement d'Édouard VII (1901) permettent une politique de rapprochement. Les trois conventions du 8 avril 1904 règlent les questions en litige :
– à Terre-Neuve (abandon par la France des droits de pêche qu'elle détient, depuis le traité d'Utrecht [1713], sur le French Shore, en échange de la cession des îles de Los au large de Conakry) ;
– au Siam (établissement de deux zones d'influence française et anglaise limitées par le Ménam) ;
– aux Nouvelles-Hébrides (règlement des modalités d'administration commune) ;
– et surtout en Afrique, où l'Angleterre laisse la France libre au Maroc (à l'exception de Tanger, face à Gibraltar), à la condition qu'elle-même le soit en Égypte, et où la frontière entre le Niger et le Tchad est rectifiée.

Sans qu'il soit question d'alliance, la solidarité des deux pays s'affirme contre l'Allemagne lors de la conférence d'Algésiras (janvier-avril 1906) et lors de l'affaire d'Agadir (1911). Sans les accords de 1904, la France n'aurait pu parachever son système d'alliances connu sous le nom de Triple-Entente.

Pour en savoir plus, voir l'article IIIe République.