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Bavière

en allemand Bayern

Munich
Munich

État (Land) d'Allemagne.

  • Population : 12 397 614 hab. (recensement de 2011)
  • Superficie : 70 553 km2
  • Capitale : Munich

GÉOGRAPHIE

Le Land de Bavière est le plus vaste d'Allemagne et vient au second rang pour la population, après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il forme, à lui seul, la septième économie de l'Union européenne et sa population bénéficie d'un haut niveau de vie et d'un taux de chômage très bas.

1. La Bavière proprement dite

Au S., un mince liséré est formé par les Préalpes calcaires, découpées par les rivières en un certain nombre de chaînes prolongées à l'O. par les Alpes de l'Allgäu, qui sont une région fromagère (à Kempten) et touristique et, à l'E., par des chaînes calcaires (Préalpes de Salzbourg). La Salzach marque une partie de la frontière avec l'Autriche. Les chaînons atteignent 2 963 m d'altitude à la Zugspitze, point culminant de l'Allemagne. À leur pied, l'érosion glaciaire a ouvert de larges vallées où de nombreux lacs (Walchensee, Tegernsee) se blottissent au cœur de prairies ou s'enchâssent dans les forêts. L'écoulement des eaux est souvent difficile. Le mot Moos (Dachauer Moos, Erdinger Moos, Donaumoos) signifie « tourbière » dans les pays de parler bavarois. Le mot Ried est l'équivalent en Bavière souabe, plus à l'ouest. Le tourisme (Garmisch-Partenkirchen, Mittenwald, Oberstdorf) profite de la proximité de Munich. Les vallées du Lech, de l'Ammer, de l'Isar et de l'Inn ouvrent la chaîne sur l'avant-pays.

Le plateau bavarois forme l'avant-pays situé au N. des Alpes bavaroises. Formé de matériau morainique très frais, qui retient l'eau de lacs étendus, tel celui de Chiemsee, il se prolonge par des collines de molasse, à l'est du Lech, et par des dépôts fluvio-glaciaires, à l'ouest ; il est strié de cours d'eau : le Wertach, le Lech, l'Aper, l'Isar et l'Inn, qui ont édifié des terrasses limoneuses, dont les riches cultures contrastent avec la médiocre végétation de la surface du plateau. Il s'abaisse lentement jusqu'aux environs du Danube, entaillé par les cours d'eau issus des Alpes qui ont formé des terrasses. Les dépressions mal drainées sont occupées par des tourbières. Le lœss saupoudre bien des zones, expliquant la richesse de l'agriculture. La vallée du Danube ne présente pas les caractères grandioses de son homonyme rhénane. Son rôle fédérateur et urbanisateur a été faible. Les grandes villes bavaroises tournent le dos au fleuve, qui, pourtant, traverse une bonne partie de l'Europe. Le rôle de l'Isar, surnommé le « Rhin bavarois », a été plus efficace. A l'O., le Danube s'est encaissé dans le plateau du Jura Souabe, avec des défilés taillés dans le calcaire. Le coude à partir de Ratisbonne est dû au soulèvement du massif de la Bayerischer Wald ou forêt de Bavière. Le Danube traverse la Bavière d'Ulm (située dans le Bade-Wurtemberg) à Passau dans une sorte de gouttière formée par la rencontre du plateau et du revers du Jura souabe-franconien ; le fleuve, dont la pente est encore assez forte et le cours rapide, y reçoit, sur sa rive gauche, le Wörnitz, l'Altmühl, le Naab et le Regen, qui drainent la partie septentrionale de la Bavière, la Franconie.

2. La Franconie

La Franconie est très différente du sud de la Bavière : région de vastes plateaux découverts, de côtes (cuestas), et de vallées, elle est parcourue par le Main et par ses affluents, qui coulent dans des vallées larges et peu élevées (180 m d'altitude à Würzburg pour le Main), où ils décrivent d'amples sinuosités. Dans le bassin sédimentaire de Souabe-Franconie, les couches secondaires viennent prendre appui sur le massif ancien de Bohême. Le cœur de la Franconie se situe entre le Main et le Danube. A l'ouest, Frankenhühe et Steigerwald se terminent par des cuestas. Le Frankisches Stufenland constitue le revers de celles-ci et, à l'est, est interrompu par la vallée de la Regnitz, qui, grâce à la Rednitz, assure les liaisons entre l'Allemagne du Sud et l'Allemagne du Nord. La vallée de la Tauber est jalonnée par une série de villes datant de l'époque médiévale et dont le joyau est la cité-musée de Rothenburg. Les cités ressuscitant le passé (notamment Dinkelsbühl) font transition avec la région urbaine de Souabe. L'allure de moyenne montagne prédomine. Au sud, le Ries, dépression tectonique circulaire, sépare le Jura Souabe du Jura de Franconie. Les zones non recouvertes par les dernières glaciations ont vu le dépôt du lœss fertile et les sols sont favorables aux cultures riches : le Ries passe pour un des greniers à céréales de la Bavière. L'agriculture est partout intensive, reposant sur la polyculture en relation avec l'élevage (laitier). Les cultures commerciales sont nombreuses : tabac, houblon, fruits dans la région de Nuremberg sur des sables initialement peu fertiles. Les versants parfois escarpés de la vallée du Main bénéficient d'un ensoleillement favorable aux vergers et à la vigne, entre Schweinfurt et Würzburg. Le Nord-Est, enfin, est constitué par une série de massifs, essentiellement cristallins. Les alignements de côtes du Jura de Franconie traversent cet ensemble suivant une direction générale nord-sud. La forêt du Haut-Palatinat se situé au centre ; le Fichtelgebirge et le Frankenwald (massif de Franconie) se trouvent au N. tandis que la forêt de Bohême, à l'est, sépare la Bavière de la République tchèque. Les modestes massifs du Spessart, formés de grès rose, et du Rhön, basaltique, forment la limite septentrionale du Land.

3. Une population en forte croissance

La population a évolué relativement lentement au xixe s. : 3 708 000 habitants en 1818, 6 176 000 en 1900. L'essor a été plus rapide, depuis : 8 223 000 en 1939, plus de 12 millions (dont plus de 600 000 étrangers) aujourd'hui. Cette évolution montre l'attractivité de la région (bonnes communications, ressources en eau, infrastructure urbaine, potentiel touristique, etc.).

4. Un Land industriel et dynamique

La Bavière, autrefois largement rurale, est devenue un grand Land industriel et tertiaire (l'essor industriel d'après-guerre s'explique par l'arrivée de réfugiés-expulsés, par l'implantation d'industries de croissance et par la volonté du gouvernement bavarois d'industrialiser le Land). Le travail industriel a été précoce : verre (notamment à Amberg et Landshut) et cristal (influence tchèque), sidérurgie et métallurgie, textile (notamment à Aschaffenburg, Landsberg am Lech et Hof), bois (papeteries à Dachau), céramique, porcelaine (grâce à des gisements d'argile ou de kaolin). La moyenne montagne connaît des densités voisines de 100 habitants au km2, en relation avec le travail industriel. Un cas original est constitué par le Fichtelgebirge, où l'industrie de la céramique emploie de nombreux salariés. Les anciennes relations commerciales (avec l'Italie, les pays slaves) ont orienté les investissements vers l'industrie à Augsbourg, Nördlingen, Nuremberg et Bamberg, Cobourg. L'industrie de transformation est particulièrement présente : biens d'équipement (Siemens a son siège à Munich), semi-conducteurs (notamment à Landshut, à Mühldorf, à Neumarkt et à Freising), automobiles (BMW) et camions, équipements sportifs (Adidas). Les industries de hautes technologies se sont développées à partir des années 1990 : recherche et développement, biotechnologies, nouvelles technologies des télécommunications et de l'information. En revanche, les industries de base sont peu représentées, de même celles de l'alimentation (brasseries à Abensberg). Les ressources énergétiques sont fournies notamment par cinq centrales nucléaires et par l'hydroélectricité.

Les services sont représentés par des firmes de banques et d'assurance, dont Allianz et Munich Re.

5. Le réseau urbain

La ville de Munich, ancienne capitale royale et métropole de l'Allemagne du Sud, ajoute un rôle moteur. L'ensemble de la région urbaine constitué par Nuremberg, Fürth et Erlangen constitue le cœur de la Franconie. Les autres villes principales de la Franconie sont Würzburg, Ansbach et Bayreuth. Le Haut-Palatinat (dont la ville principale est Ratisbonne) occupe une position de contact entre la Franconie et la Bavière proprement dite. Augsbourg, située sur le Lech, doit sa fortune aux relations lointaines. Elle est, comme Ratisbonne, une création romaine. Ingolstadt est une ville moyenne, dont l'essor est relativement récent.

6. L'attrait touristique

La plupart de ces cités ainsi que la frange montagneuse du Sud sont animées par le tourisme (station de sports d'hiver de Garmisch-Partenkirchen au pied de la Zugspitze, Lindau, dans la partie orientale du lac de Constance, dans le S.-O., Oberammergau, parc national de la Forêt de Bavière, dans l'est [artisanat à Fürth-im-Wald], Berchtesgaden, lac de Königsee, dans le S.-E.).

Le tourisme bénéficie aussi de la renommée des châteaux de Bavière (châteaux de Neuschwanstein et de Hohenschwangau à Schwangau, château de Nymphenburg, palais de Possenhofen, château de Schleissheim).

HISTOIRE

Dès le début du xe s., la Bavière est l'un des plus importants duchés de l'Empire germanique. La dynastie des Guelfes (1070-1180) est spoliée au profit des Wittelsbach, qui régneront en Bavière jusqu'en 1918. L'unification du pays est gênée par la constitution de puissantes principautés ecclésiastiques (Salzbourg, Augsbourg), et ce n'est qu'au xvie s., notamment avec Albert IV le Sage (1447-1508), duc de 1467 à 1508, que les ducs s'imposent définitivement à leurs États, qui deviennent un bastion de la réforme catholique : l'époque est dominée par Maximilien Ier (de 1597 à 1651), dont le Codex maximilianeus (1616) établit une unité juridique dans toute la Bavière. Mais si Maximilien, durant la guerre de Trente Ans, obtient le titre envié d'« Électeur », la Bavière sort épuisée de cette lutte. Au xviiie s., les Électeurs de Bavière font de leurs États un foyer de renouveau intellectuel et artistique. Allié de Napoléon Ier, l'Électeur Maximilien Ier Joseph (de 1799 à 1825) devient roi en 1806 ; et, tandis que ses territoires s'agrandissent aux dépens de l'Autriche, le ministre Maximilian von Montgelas (1759-1838) pratique un despotisme éclairé efficace. La chute de Napoléon Ier (1815) ramène la Bavière – membre de la Confédération germanique – dans ses limites antérieures. Adversaires de l'unité allemande à la prussienne, partisans du fédéralisme, les rois de Bavière (en particulier Louis II, de 1864 à 1886), après la victoire de la Prusse sur l'Autriche et ses alliés (dont la Bavière) en 1866 et la défaite française en 1870-1871, doivent finalement reconnaître la prépondérance prussienne en Allemagne, encore qu'au sein de l'empire fédéral, créé en 1871, la Bavière bénéficie de « droits spéciaux ». L'abdication de Louis III, en novembre 1918, fait de la Bavière un simple Land dans la république de Weimar ; le puissant parti populaire bavarois, chrétien et fédéraliste, ne peut rien contre la montée et l'emprise de l'hitlérisme, qui triomphe en 1933. En 1949, la Bavière devient au sein de la R.F.A. un Land (État libre de Bavière) dont les limites respectent l'histoire.