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Munich

en allemand München

Munich
Munich

Ville d'Allemagne, capitale du Land de Bavière, à 518 m d'altitude, sur l'Isar.

  • Population : 1 348 335 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Munichois

GÉOGRAPHIE

L'Isar est un torrent alpin ; les environs constitués par des alluvions fluvio-glaciaires ne sont guère riches. Au N., le Dachauer Moos est une vaste tourbière qui a longtemps empêché l'extension de la ville. C'est la situation géographique (proximité de Venise, du Brenner, de Vienne) et le choix politique des Wittelsbach qui expliquent la fortune de Munich. Les princes ont presque constamment été des bâtisseurs, de grands mécènes, et les aspects monumentaux traduisent ce riche passé. En 1900, Munich comptait 500 000 habitants. Le maximum, pour la ville, fut atteint en 1972 (1 338 000). La population se reportant vers la périphérie, on ne cesse d'enregistrer un recul. Munich est un très grand centre culturel. En 1900, elle était la capitale du Jugendstil allemand. Avec plus de 20 théâtres, plus de 20 musées, ses dizaines de galeries, ses 2 universités, Munich est souvent considérée comme l'une des capitales culturelles d'Allemagne. Principal centre de l'édition allemande, elle possède également des studios de cinéma, un enseignement supérieur de théâtre, de cinéma et de télévision. Ses fêtes sont célèbres (fête de la bière, carnaval).

La vieille ville, restaurée, a été aménagée en quartier piétonnier, devenant une attraction touristique et une zone de loisirs. Le métro a été construit pour les jeux Olympiques, dont elle a été le site en 1972. La ville concentre une bonne partie des administrations de la Bavière, celle-ci étant plus centralisée que les autres Länder. Munich est aussi une puissante place financière (banque et assurances). La ville a toujours été ouverte aux influences étrangères (française, italienne, autrichienne, slave, magyare). L'industrie vient au second rang des activités, mais place la ville à l'un des premiers rangs des villes industrielles de l'Allemagne (derrière Hambourg). Certaines industries sont nées des besoins de la Cour ou de l'État (chemin de fer, armement, énergie), d'autres de l'accumulation de capitaux, d'autres, enfin, des produits agricoles (brasseries, alimentation). Par ordre d'importance viennent l'électrotechnique, la construction de véhicules, de machines et d'équipements, la mécanique de précision, les industries graphiques et alimentaires, la chimie, la confection, etc. L'aéronautique occupe une bonne place, de même que l'armement. Le Konzern Siemens y a son siège et une partie de ses laboratoires. Munich s'est hissée au niveau d'une métropole européenne.

L'HISTOIRE DE MUNICH

Fondée avant 1158, par Henri le Lion, autour d'un pont jeté sur l'Isar pour détourner le trafic du sel, Munich tire son nom des moines (Mönchen), anciens propriétaires du terroir. Elle devient, en 1255, la résidence des Wittelsbach, ducs, puis rois de Bavière. Après les destructions du grand incendie de 1327, l'empereur Louis de Bavière est le second fondateur de la ville. Au xive s., elle est en proie aux querelles intestines des bourgeois et des corporations, ce qui n'entrave pourtant pas son essor commercial. À l'époque de la guerre de Trente Ans, on appelle cette cité catholique la « Rome germanique ». La fortune de Munich date du xviie s., et particulièrement du règne de l'Électeur Maximilien Ier (?- 1651). Devenue en 1806 capitale du royaume de Bavière, Munich, qui a fréquemment souffert du passage des armées, est constamment embellie et enrichie par les Wittelsbach, notamment par les rois Louis Ier et Maximilien II. C'est là qu'éclate en 1918 le premier soulèvement de la révolution allemande et que se fonde le parti national-socialiste (putsch hitlérien du 9 novembre 1923). Après 1945, Munich devient la capitale du Land de Bavière.

L'ART À MUNICH

La vocation de Munich en tant que ville d'art ne date que de la seconde moitié du xvie s. Les ducs, puis Électeurs de Bavière de la maison de Wittelsbach édifient alors leur Résidence, dont les bâtiments forment un complexe organisé autour de cinq cours. La principale, la cour de la grotte (Grottenhof), est l'œuvre de l'architecte Friedrich Sustris (vers 1540-1599), né d'une famille venue des Pays-Bas, qui lui a donné le décor de concrétions à la mode dans les jardins d'Italie et l'a ornée d'une fontaine dont la statue de Persée a été sculptée par un autre Néerlandais d'origine, Hubert Gerhard (vers 1550-1620). Près de cette cour existait déjà une galerie destinée au Cabinet de l'Électeur et à ses antiques (Antiquarium, 1569-1571), au surabondant décor maniériste peint et sculpté. Au bord des cinq cours viendront se placer les corps de bâtiments ultérieurs de la Résidence.

En ce qui concerne l'architecture religieuse, la vieille cathédrale du xve s. (Peterskirche) est éclipsée par l'église des Jésuites, Sankt Michael (1583-1597), à coupole, sans collatéraux, et dont les chapelles s'ouvrent sur la nef comme au Gesù de Rome : elle servira de modèle à toute l'architecture jésuite de l'Allemagne. Hubert Gerhard a orné sa façade d'une statue monumentale de son patron.

Ce sont les architectes qui, après la désastreuse guerre de Trente Ans, rallument le flambeau et créent le rococo bavarois, dont l'élégance ne va pas toujours sans quelque complication décorative, notamment dans les stucs. Le plus brillant d'entre eux est François de Cuvilliés (1695-1768), originaire du Hainaut et formé en France, qui crée à la Résidence les Riches Appartements (Reiche Zimmer, 1730-1737), malheureusement détruits en 1944, et le théâtre de la Cour (vers 1750), qui a pu être reconstitué, avec un soin extrême, à un emplacement différent de l'ancien. Autre joyau de Cuvilliés : le pavillon d'Amalienburg (1734-1740) dans le parc de Nymphenburg, aux portes de la ville. Par contre, la Johann-Nepomuk-Kirche, construite vers 1733 par les frères Asam, dont elle prolonge la maison, est exempte d'influence française : un baroque bavarois exaspéré la caractérise, très vivant avec sa note paysanne.

L'ère néoclassique, spécialement riche de monuments à Munich, est inspirée par Louis Ier de Bavière et par ses architectes Leo von Klenze (1784-1864), bon connaisseur de l'Antiquité, et Friedrich von Gärtner (1792-1847). Louis Ier avait projeté de faire de Munich une sorte d'Athènes du Nord ; ses réalisations portent à la fois sur l'urbanisme et sur l'architecture, et cela dans deux quartiers distincts de la ville. Il crée une percée rectiligne, la Ludwigstrasse, entre le portique des généraux (Feldherrnhalle), pastiche florentin, et la porte de la Victoire (Siegestor). L'architecture de la rue, là où elle existe, est d'une grande dignité, sans vain ornement, mais quelque peu monotone. À proximité de la Résidence, la Ludwigstrasse passe le long du jardin de la Cour (Hofgarten), bordé par des arcades propices à la promenade.

L'autre entreprise majeure de Louis Ier a été la place Royale (Königsplatz), entreprise grandiose qui ne fut jamais complètement réalisée. On y accède par les Propylées (1846-1862) de Klenze et l'on y voit la Glyptothèque (1816-1830) du même architecte, construite pour recevoir les sculptures antiques et singulièrement les marbres éginétiques qui sont l'une des gloires de Munich. Non loin de la place, l'Ancienne Pinacothèque, toujours de Klenze et l'un des musées de peinture les plus illustres du monde, a été reconstruite après avoir subi de très graves dommages.

Si l'on joint à ces ambitieux ensembles deux églises d'inspiration plutôt romantique, la Ludwigskirche, construite par Gärtner de 1829 à 1843 pour recevoir les fresques de Peter Cornelius (1783-1867), et la Bonifazius-Pfarrkirche (1835-1850), où est enterré le roi Louis Ier, si l'on tient compte encore du portique dorique de la Ruhmeshalle (portique de la Gloire, 1843-1853) par Klenze, précédé de la statue gigantesque de la Bavaria par le sculpteur Ludwig von Schwanthaler (1802-1848), on admettra que Louis Ier a eu à Munich une influence décisive, lui a donné un style qui a distingué cette capitale entre tant d'autres et a été fort admiré.

En organisant à partir de 1854 la Maximilianstrasse, qui, partant de la Résidence, franchit l'Isar et se termine sur l'autre rive par la perspective de la rotonde du Maximilianeum, le fils de Louis Ier, Maximilien II Joseph, a doté Munich de la plus animée de ses grandes artères. Cependant, l'architecture, lourdement imitée de la Renaissance, n'est pas à la hauteur de la conception, et les véritables palais de la bière, notamment l'illustre Hofbräuhaus (1897), contribuent à la réputation de richesse de Munich plus qu'à sa beauté vers la fin du xixe s.

Hitler nourrissait une prédilection pour Munich : il rêvait d'en faire la capitale artistique du IIIe Reich, et notamment de compléter la place Royale par les édifices du parti. De tout cela, il n'est guère resté que la longue et médiocre Maison de l'art (Haus der Kunst), élevée à partir de 1933 sur les plans de l'architecte Paul Ludwig Troost, près du Jardin anglais (Englischer Garten) qu'avait créé l'Électeur Charles Théodore à la fin du xviiie s. et qui est, aujourd'hui encore, un des éléments essentiels de la parure sylvestre de Munich.

Depuis 1960, on construit surtout des tours et de grands immeubles d'habitation. La réalisation la plus remarquable est celle du complexe construit pour les jeux Olympiques de 1972 par l'agence Behnisch et associés : utilisant pour les couvertures le système de câbles et de plaques d'Altuglas inventé par F. Otto, cet ensemble est une immense sculpture qui s'intègre parfaitement au paysage.

LES MUSÉES DE MUNICH

L'Ancienne Pinacothèque est un édifice de style classique construit par Klenze, de 1826 à 1826, pour exposer les collections de peinture de Louis Ier de Bavière (bâtiments restaurés après les dommages de 1945). Elle comprend des œuvres importantes provenant des collections de la maison de Bavière ; les acquisitions effectuées depuis le xixe s. permettent d'avoir un panorama complet de la peinture allemande des xve et xvie s. Parmi les œuvres les plus importantes se trouvent la Crucifixion du monastère de Tegernsee, le Retable des Pères de l'Église de Pacher, la Bataille d'Alexandre d'Altdorfer, les Apôtres de Dürer, le Christ aux outrages de Grünewald. La collection des peintures flamandes est exceptionnelle (Bruegel, Brouwer, Rubens, Van Dyck). Signalons aussi l'ensemble des Rembrandt et divers tableaux des écoles italienne, espagnole, française.

La Nouvelle Pinacothèque, est consacrée à la peinture du xixe s., allemande (riche collection avec, notamment, des œuvres de Dillis, Koch, Friedrich, Spitzweg, Menzel, Leibl, etc.), autrichienne, française (impressionnisme), etc.

La Nouvelle Galerie d'État présente l'ensemble de la peinture du xxe s. depuis l'expressionnisme.

La Glyptothèque, construite par Klenze de 1816 à 1830 (très restaurée), abrite notamment la collection des antiques acquis par Louis II (frontons d'Égine, statues grecques et romaines).

Le Musée national bavarois est consacré aux objets d'art, aux arts décoratifs et au folklore.

La Bibliothèque d'État est une des plus riches d'Allemagne (manuscrits, incunables, cartes, autographes, etc.).

La Galerie municipale de la maison de Lenbach, installée dans la jolie maison à l'italienne du peintre, offre un aperçu de la peinture munichoise depuis le xvie s. (y compris le Blaue Reiter).

Parmi d'autres musées, signalons le Musée bavarois d'ethnographie (Asie, Amérique) et le Musée allemand des sciences et de la technique, l'un des plus importants du monde dans ce domaine, inauguré en 1925.