Un paradoxe dans ce climat de violence : l'économie, sans être brillante, reste relativement solide. Mais l'inflation (40 % en 1974) risque de tout remettre en cause, d'autant qu'elle prend des proportions inquiétantes durant les six premiers mois de 1975. En juin, une augmentation générale des salaires est prévue. Le gouvernement fixe à 80 % le plafond maximal (certaines augmentations atteignaient 130 %). C'est la rupture entre la CGT et le gouvernement. La grève générale est décrétée. Une manifestation monstre se déroule le 27 juin à Buenos Aires. Les manifestants exigent le départ de Lopez Rega.

Bahamas

Nassau. 190 000. 14. 4,1 %.
Économie. Énerg. (*72) : 4 965.
Transports. (*72) : 41 600 + 7 200.  : 179 000 tjb.
Information. (71) : 3 quotidiens ; tirage global : 30 000. (72) : *84 000. (71) : 4 100 fauteuils. (72) : 49 000.
Santé. (72) : 158. Mté inf. (72) : 33,9.
Éducation. (70). Prim. : *30 880. Sec. et techn. : 20 577. Sup. (69) : *252.
Institutions. État indépendant le 10 juillet 1973. Constitution de 1969. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : sir Milo B. Butler. Premier ministre : Lynden O. Pindling.

Barbade (la)

Bridgetown. 240 000. 557. 0,1 %.
Économie. PNB (71) 701. Énerg. (*72) : 1 113. C.E. (71) : 24 %.
Transports. (71) : 22 500 + 4 300.
Information. (72) : 1 quotidien ; tirage global : 27 000. (72) : *110 000. (72) : *32 000. (72) : 4 700 fauteuils ; fréquentation : 1,8 M. (72) : 36 000.
Santé. (72) : 140. Mté inf. (72) : 33,6.
Éducation. (69). Prim. : 40 338. Sec. et techn. : 26 987. Sup. : 645.
Institutions. État indépendant le 30 novembre 1966. Constitution de 1966. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : sir Winston Scott. Premier ministre : Errol Walton Barrow.

Bolivie

La Paz. 5 330 000. 5. 2,6 %.
Économie. PNB (71) 219. Production : G (71) 154 + A (72) 142 + I (66) 139. Énerg. (*72) : 210. C.E. (71) : 19 %.
Transports. (71) : 270 M pass./km, 440 M t/km. (70) : *19 200 + *28 800. (72) : 80 M pass./km.
Information. (72) : 17 quotidiens ; tirage global : 194 000. (68) : *1 350 000. (72) : *11 000. (64) : 66 000 fauteuils ; fréquentation : 3,2 M. (71) : 44 000.
Santé. (70) : 2 143. Mté inf. (66) : 77,3.
Éducation. (69). Prim. : 663 829. Sec. et techn. : 76 265. Sup. : 27 352.
Institutions. République présidentielle. Constitution de 1947. Président de la République : général Hugo Banzer Suarez, auteur du coup d'État militaire qui renverse, le 22 août 1971, le général Juan José Torrès Gonzales.

Le nouvel ordre

Soulèvements, complots, agitation chez les mineurs et les étudiants, critiques de plus en plus vives de l'Église catholique : devant ces difficultés croissantes, le général Banzer accentue au cours de l'année le caractère autoritaire de son régime.

Dès le 8 juillet 1974, le chef de l'État forme un gouvernement exclusivement composé de militaires, mais en même temps il s'engage à normaliser la situation politique du pays dans le courant de 1975. Un Conseil national de réforme des structures est chargé de préparer une nouvelle Constitution et d'organiser des élections présidentielles.

Ces projets resteront lettre morte. Le 7 novembre 1974, un soulèvement, dirigé, selon les autorités, par d'anciens généraux limogés, éclate à Santa Cruz. Le général Banzer prend lui-même la tête des forces loyalistes et écrase l'insurrection. L'état de siège est proclamé ; un nouveau cabinet militaire est constitué, qui décide d'ajourner sine die les élections et d'assumer le « contrôle total » des affaires publiques jusqu'en 1980. Parallèlement, les associations syndicales et politiques qui jusqu'à présent avaient été tolérées sont dissoutes, la presse est mise au pas et les arrestations se multiplient.

Le « nouvel ordre » imposé au pays sous le triple signe de la discipline, du travail et de l'unité n'empêche ni les complots ni le mécontentement. Au début de l'année 1975, le ministre de l'Intérieur dénonce deux conspirations de gauche et, le 13 janvier, quelque 10 000 mineurs se mettent en grève pour protester contre la fermeture de quatre stations de radio, accusées de créer un climat d'agitation dans les régions minières. Le gouvernement cède le 27 janvier, en autorisant la réouverture de deux stations, mais le malaise ne cesse pas pour autant. L'Église devient la cible des militaires, la commission de l'épiscopat Justice et Paix ne ménageant pas ses critiques à l'égard d'un régime accusé de « favoriser des groupes économiques et des puissances privilégiées ».