Journal de l'année Édition 1975

Du 01 juillet 1974 au 30 juin 1975

Ça c'est passé le

Chypre.

Coup d'État des militaires grecs ; Nicolas Sampson prête serment comme successeur de Mgr Makarios.

Ça c'est passé le

France.

Nouvelle vague d'explosions en Corse ; dégâts importants à Ajaccio, Bastia et Porto-Vecchio.

Sommaire

  • La vie politique en France
    • Synthèse

      Il l'a d'ailleurs lui-même admis dans plusieurs des déclarations, interviews et allocutions qui ont marqué, en mai 1975, le premier anniversaire de son entrée à l'Élysée. « Quand je prends les différents thèmes de l'action (que j'ai menée) depuis un an, confiait-il par exemple le 16 mai, si je considère que mon action est imparfaite, c'est qu'il y a trop de sujets où, à mon avis, elle n'a pas suffisamment progressé. C'est essentiellement en ce qui touche à la transformation de la société française dans le sens d'une égalité plus grande. » Et il donnait de cette insuffisance deux raisons : la situation économique et « la lenteur des effets de l'action dans la transformation du tissu social ».

    • Conjoncture économique

      Quinze millions de chômeurs ; un travailleur sur 20 sans emploi, dans l'ensemble des pays industrialisés de l'Ouest. On n'a jamais vu cela depuis la guerre. C'est pourtant la situation au printemps 1975, après neuf mois de chute vertigineuse de la production dans tous les pays sans exception. De la même façon que 1973-74 avait été l'année de l'inflation généralisée, 1974-75 est l'année du chômage généralisé.

    • Matières premières

      Le second semestre 1974 et les six premiers mois de 1975 feront date dans les annales mondiales des matières premières, comme l'avaient fait le second semestre 1973 et les six premiers mois de 1974, mais pour des raisons inverses.

    • Réforme de l'entreprise

      1945 : les comités d'entreprise. 1959, puis 1967 : l'intéressement des salariés aux résultats de l'entreprise. 1968 : les sections syndicales d'entreprise. 1971-1972 : la concertation et les contrats de progrès. Le général de Gaulle, Georges Pompidou et Jacques Chaban-Delmas s'étaient longuement penchés sur la relation entre l'homme et son milieu de travail. C'est pourtant Valéry Giscard d'Estaing qui mettra en chantier, en juillet 1974, la première réflexion globale sur le sujet. En demandant à Pierre Sudreau, député-maire de Blois et ancien ministre, d'animer un Comité d'études pour la réforme de l'entreprise, il donnera le coup d'envoi d'un vaste débat national.

    • Productions

      L'offensive brutale des producteurs de pétrole, qui avait provoqué un commencement de panique dans les économies occidentales fin 1973-début 1974, reflue plus vite qu'on pouvait le penser. En 1975, l'économie française, pour s'en tenir à elle, surmonte les conséquences de la crise et met en œuvre une politique qui devrait, à terme, alléger sa dépendance à l'égard du pétrole.

    • Vie sociale

      Deux grands conflits, l'un aux PTT à l'automne, l'autre chez Renault au printemps (deux entreprises publiques), une multitude de grèves provinciales, souvent avec occupation des lieux de travail, mais sans véritable explosion sociale malgré le taux record de chômage, tel est le visage surprenant de cette année 1974. Année « paisible », suivant le mot du président de la République, malgré une situation économique comparable selon certains à la grande dépression de 1929.

    • Budget

      La loi de finances pour 1974 avait été votée avec un excédent de quelque 300 millions de francs. La détérioration de la situation économique a paradoxalement renforcé cet excédent. L'hyperinflation du premier semestre de 1974, provoquée par la fuite en avant des salariés et des entrepreneurs, des consommateurs et des investisseurs (chacun s'efforçant d'esquiver le prélèvement pétrolier), a gonflé les recettes fiscales. Puis la nécessité d'enrayer la spirale a conduit le nouveau gouvernement, en juin, à adopter un plan de refroidissement qui a accru le suréquilibre budgétaire en majorant les impôts et en limitant les dépenses. Une loi de finances rectificative, ou collectif budgétaire (le premier en cours d'année depuis 1968), a réuni l'ensemble de ces opérations, tout en marquant la volonté de stériliser la majeure partie des plus-values nées de l'inflation, puisque 3,5 milliards de francs devaient être remboursés par le Trésor à la Banque de France, ne laissant que l'excédent initial de 346 millions.

    • Commerce extérieur

      Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas, y compris dans le domaine du commerce extérieur. Après avoir enregistré un excédent de 7 milliards de francs en 1973, la balance commerciale française accuse un très profond déséquilibre en 1974 : sur la base des importations et exportations toutes marchandises calculées en valeur FOB, le déficit atteint 16 milliards (et même 17 milliards environ, en tenant compte d'ajustements ultérieurs relatifs aux hydrocarbures).

    • Bourse

      La nouvelle équipe (au pouvoir depuis l'élection de Valéry Giscard d'Estaing), consciente de l'urgence des mesures à prendre, adopte un plan d'assainissement visant à rétablir l'équilibre de la balance commerciale et à ramener le taux d'inflation à un niveau acceptable.

    • Régions

      Que la France rurale des champs soit, en moins de vingt ans, devenue la France industrielle des villes, il n'est, pour s'en convaincre, que de lire le Livre blanc publié, au printemps 1974, par l'Association des maires des grandes villes de France.

    • Législation

      Sur convocation du président de la République, le congrès du Parlement, présidé par Edgar Faure, a adopté, le 21 octobre 1974, à la majorité constitutionnelle requise (par 488 voix contre 273), le texte du projet de révision constitutionnelle. Le deuxième alinéa de l'article 61 de la Constitution est remplacé par la disposition suivante : « Aux mêmes fins, les lois peuvent être déférées au Conseil constitutionnel, avant leur promulgation, par le président de la République, le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale, le président du Sénat, ou soixante députés ou soixante sénateurs. »

    • TOM-DOM

      Les partisans de l'autonomie, aux premiers rangs desquels figurent les Foulards rouges et l'Union des jeunesses calédoniennes, essaient toujours de faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir un changement de statut politique de l'île.

    • Armée

      « Lorsque vous m'avez élu président de la République a expliqué, le 25 mars 1975, à la télévision, Valéry Giscard d'Estaing qui s'adressait aux Français, vous m'avez confié le progrès de la France, mais vous m'avez aussi confié constitutionnellement sa sécurité. J'ai réfléchi longuement à ce problème, et j'ai abouti à la conclusion qui avait été celle du général de Gaulle et qui est que la France doit disposer d'une défense indépendante. La France fait partie d'une alliance, mais elle doit assurer elle-même, de manière indépendante, sa défense. » Cette profession de foi gaulliste en matière de défense, le chef de l'État, qui est aussi le chef des armées au terme de la Constitution de 1958, la réitère, le 7 mai 1975, au camp de Mourmelon (Marne), lors d'une revue militaire organisée pour le XXXe anniversaire de la victoire de 1945.

  • La vie politique internationale
    • Marché commun

      Toute la période de fin 1974 à mi-75 a été pratiquement neutralisée pour la construction européenne en raison de l'incertitude sur le maintien des Anglais dans la Communauté. Il a fallu attendre le référendum du 5 juin 1975 (premier référendum de l'histoire de la Grande-Bretagne), pour savoir qu'à deux contre un les Anglais décidaient de rester dans le Marché commun.

    • Conflits

      Le conflit du Proche-Orient s'enlise malgré de nombreux signes encourageants qui paraissent annoncer sinon un règlement définitif, du moins de sérieux progrès dans le processus de la négociation.

  • La vie politique à l'étranger
    • Afrique

      Le Cap. 23 720 000. 19. 2,7 %. Économie. PNB (72) 843. Production (72) : G 160 + A 141 + I *150. Énerg. (*72) : 2 770. C.E. (72) : 14 %. Transports. (*72) : 60 373 M t/km. (70) : 1 544 500 + 428 200.  : 491 000 tjb. (72) : 2 307 M pass./km. Information. (70) : 22 quotidiens. (72) : *2 350 000. (72) : 1 707 000. Santé. (71) : 10 500. Éducation. (70). Prim. : 3 603 256. Sec. et techn. : 775 358. Sup. (68) : 72 822. Institutions. État indépendant le 31 mai 1910. République proclamée le 31 mai 1961. Constitution de 1961. Président de la République : Nicolaas Diederichs, élu le 21 février 1975, succède à Jim Fouché. Premier ministre : Balthazar Johannes Vorster.

    • Amérique

      Ottawa. 22 130 000. 2. 1,6 %. Économie. PNB (72) 4 805. Production (72) : G 163 + A 104 + I 170. Énerg. (*72) : 10 757. C.E. (72) : 19 %. Transports. (*72) : 3 288 M pass./km, 180 535 M t/km. (*72) : 7 407 300 + 2 059 200.  : 2 423 000 tjb. (72) : 8 787 M pass./km. Information. (72) : 121 quotidiens ; tirage global : *5 074 000. (72) : *17 932 000. (71) : *7 610 000. (70) : 666 000 fauteuils ; fréquentation : 92,3 M. (72) : 10 979 000. Santé. (71) : 32 625. Mté inf. (72) : 17,1. Éducation. (70). Prim. : 3 824 320. Sec. et techn. : 1 978 564. Sup. : 481 674. Institutions. État fédéral indépendant en 1931 (Statut de Westminster). Constitution de 1867. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : Jules Léger. Premier ministre : Pierre Elliott Trudeau.

    • Asie

      Kaboul. 18 290 000. 28. 2,3 %. Économie. PNB (70) 88. Production : A (72) 125. Énerg. (*72) : 38. C.E. (70) : 6 %. Transports. (71) : 38 400 + 26 100. (72) : 171 M pass./km. Information. (70) : 18 quotidiens ; tirage global : 101 000. (70) : 12 000 fauteuils ; fréquentation : 19,2 M. (72) : 23 000. Santé. (71) : 937. Éducation. (70). Prim. : 540 687. Sec. et techn. : 121 699. Sup. : 7 302. Institutions. État indépendant depuis 1921. Un coup d'État militaire, le 17 juillet 1973, dirigé par le général Sadar Mohamed Daoud Khan renverse le roi Mohamed Zahir Chah, son cousin et beau-frère. La république est proclamée, la Constitution de 1964 est abolie, le Parlement dissous. Chef de l'État : Sadar Mohamed Daoud Khan.

    • Europe

      Tirana. 2 350 000. 82. 2,9 %. Économie. Production : G (69) 168 + I (69) 195. Énerg. (*72) : 667. Information. (72) : 2 quotidiens ; tirage global : 115 000. (72) : *170 000. (72) : *3 000. (69) : 23 700 fauteuils ; fréquentation : 8,4 M. Santé. (67) : 1 157. Mté inf. (65) : 86,8. Éducation. (69). Prim. : 465 875. Sec. et techn. : 51 438. Sup. : 23 180. Institutions. République populaire, proclamée le 11 janvier 1946. Constitution de 1950, amendée en 1955, 1960 et 1963. Président du présidium : major général Hadji Lleshi, élu en 1953. Président du Conseil : colonel général Mehmet Chehou. Premier secrétaire du Parti : général Enver Hodja.

    • Océanie

      Canberra. 13 130 000. 2. 1,9 %. Économie. PNB (71) 3 228. Production : G (71) 148 + A (72) 115 + I (72) 153. Énerg. (*72) : 5 701. C.E. (71) : 12 %. Transports. (*72) : 25 608 M t/km. (*72) : 4 273 900 + 1 024 000.  : 1 160 000 tjb. (72) : 5 590 M pass./km. Information. (70) : 58 quotidiens ; tirage global : 4 028 000. (72) : 2 758 000. (72) : 2 939 000. (72) : 478 400 fauteuils. (72) : 4 400 000. Santé. (71 ) : 16 107. Mté inf. (72) : 16,7. Éducation. (68). Prim. : 1 768 060. Sec. et techn. : 1 080 524. Sup. : 164 528. Institutions. Fédération de 6 États (Commonwealth of Australia), indépendante le 1er janvier 1901. Constitution de 1901. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : sir Paul Hasluck. Premier ministre : Gough Whitlam.

  • La vie intellectuelle
    • Lettres

      La littérature cherche sa position. Dans la vie sociale et dans la vie de l'esprit. Cet état d'incertitude, de désorientation, de crise, si l'on veut, est périodique, mais aujourd'hui les circonstances qui pourraient entraîner la cessation de cette activité intellectuelle sont dans les journaux, et dès qu'on essaie de prendre un peu de recul, on ne peut pas ne pas en tenir compte.

    • Architecture

      Le public supporte de moins en moins bien les villes qu'on lui fabrique depuis vingt ans. Les responsables l'ont-ils compris, ou bien la crise économique les encourage-t-elle dans le sens de la modération ? Toujours est-il que cette année est marquée par de solennelles remises en cause, par une certaine humilité devant le patrimoine existant, une crainte d'aller trop vite qui tranche avec la foi dans le progrès technique et industriel de la période précédente.

    • Arts

      Une année floue qui aura abondamment sacrifié à la mode « rétro ». S'il n'est guère possible de trouver un point commun à l'animalerie de Grandville, à l'imagerie religieuse des femmes indiennes du Mithila et aux rutilantes acryliques d'Alechinsky, en revanche une même impression de déjà-vu et de lassitude se dégageait des deux manifestations disparates qui connurent une affluence record : les impressionnistes au Grand Palais, qui, pour les foules pressées, ont désormais les couleurs de l'évidence, et la foire de l'art contemporain, à la Bastille, où les bourgeois qui n'achètent plus les yeux fermés un Picasso ou un Matta ne s'étonnent plus d'être éclaboussés par des femmes et des hommes nus qui se roulent dans des draps sanglants. Résurgences donc, plus ou moins proches : des néo-classiques français aux pompiers du musée du Luxembourg, en 1874, et à Max Ernst, qui, devant son amas de frottis, de toiles, de sculptures et de collages, peut dire avant tout : « J'ai duré. »

    • Spectacles

      Que valent l'Orchestre de Paris, les six orchestres de région, les cinquante-sept établissements d'enseignement contrôlés nouvellement (à défaut d'être financés) par l'État, les deux opéras régionaux et les autres réalisations ou réformes entreprises depuis la mise en place du plan décennal en 1969, face aux besoins du pays ? Il n'est pas certain que ce soit pour aller plus vite et plus loin que le secrétaire d'État à la Culture ait décidé tout à coup de se passer de Marcel Landowski, l'homme qui, depuis 1966, régnait sans partage sur la vie musicale française.

    • Sciences

      Tenu, en principe, de distribuer ses récompenses à des scientifiques relevant de disciplines expressément définies, le comité Nobel a su, une nouvelle fois, interpréter ce règlement en tenant compte de l'évolution de la science. Le prix de physique n'est pas allé à des physiciens au sens strict, mais à deux radio-astronomes et, moralement, par l'intermédiaire des lauréats, à toute l'équipe britannique du Mullard Radio-astronomy Laboratory de Cambridge. Née en 1932 d'une découverte fortuite, la radioastronomie a vite apporté une vision nouvelle de l'univers. Le ciel radioélectrique diffère du ciel optique : les objets apparents dans le premier sont souvent à peine visibles dans le second, et réciproquement. Aujourd'hui encore, la plupart des radiosources faibles et quelques radiosources intenses n'ont pas été identifiées avec des objets observés optiquement. Cette identification est souvent rendue incertaine par le fait que, les ondes radio étant bien plus longues que celles de la lumière, le pouvoir de résolution (ou capacité de séparer deux points voisins) d'un radiotélescope est très inférieur à celui d'un télescope optique ; les radiosources ne sont localisées qu'avec une relative imprécision. Les premières réalisations des deux lauréats ont consisté en la mise au point de dispositifs radio-astronomiques à plus haut pouvoir de résolution dans l'espace et aussi dans le temps (par la détection des variations très rapides du flux radio). Le Mullard Laboratory a ainsi découvert les radiosources à variations périodiques baptisées pulsars, qu'on identifie maintenant à des étoiles à neutrons.

  • La vie religieuse
    • La vie religieuse

      Le 24 décembre au soir, quelques minutes avant la messe de minuit, le pape ouvre au moyen d'un petit marteau d'argent l'une des portes de la basilique Saint-Pierre : Paul VI veut ainsi marquer le début de l'Année sainte, dont il entend faire l'année de la réconciliation.

  • La vie quotidienne
    • De la femme-objet à la femme libre

      1975, Année internationale de la femme : cette décision de l'ONU est l'occasion de multiples manifestations, rencontres ou colloques auxquels les gouvernements, les associations féminines de toutes tendances apportent leur contribution (dont la Conférence mondiale de Mexico, qui se déroule du 19 juin au 2 juillet) ; une tentative pour mieux connaître les problèmes des femmes et, par là même, les aider à mieux s'intégrer au monde du travail.

    • Éducation

      Les défauts du système d'éducation français sont bien connus. Joseph Fontanet, avant de proposer « sa » réforme, les avait répertoriés. L'école, qui, en France, assure l'avenir d'une minorité privilégiée, rejette les autres – que défavorise déjà leur origine sociale – sur le marché du travail sans leur offrir une formation suffisante : elle se caractérise donc à la fois par une injustice profonde et un rendement médiocre.

    • Consommation

      Législateurs, juristes, magistrats, avocats parviendront-ils à créer en France un « droit de la consommation » digne de ce nom ? Une lacune existe là, qui apparaît cette année avec plus de force peut-être parce que des juristes ont commencé à s'intéresser à ce thème.

    • Auto

      Singulière période ! Alors que, partout, les constructeurs automobiles baissent la tête, réduisent les horaires, licencient du personnel et voient l'avenir sous le jour le plus noir, jamais les Salons de l'auto n'auront vu autant de nouveautés qu'en 1974-75. Comme si la crise de l'automobile, avec son cortège de quadruplement du prix de l'essence et de renforcement des limitations de vitesse, n'était finalement qu'une (mauvaise) invention des gauchistes autophobes prenant leurs désirs pour des réalités.

    • Information

      L'industrie de la presse, condamnée en quelque sorte à vendre un produit moins cher qu'il ne coûte en réalité, est frappée de plein fouet par la conjoncture économique. La hausse du prix du papier (près de 90 % en treize mois), l'augmentation des tarifs postaux (de 50 à 142 %), l'augmentation de la masse salariale et la diminution des recettes publicitaires bouleversent une stabilité déjà précaire quand elles ne compromettent pas l'avenir. Des entreprises cessent leurs activités, d'autres se débattent au milieu de difficultés dramatiques.

    • Faits divers

      C'est devenu un leitmotiv : la violence prime le droit. L'honnête homme fait de plus en plus les frais de cette explosion brutale qu'on semble incapable de juguler vraiment. En dix ans, le nombre des hold-up en France s'est vu multiplier par 28 et la prise d'otages est devenue une technique courante des terroristes et des gangsters, qui n'ont plus qu'un lointain rapport avec les truands de jadis. Enfin le racisme, jamais éteint, resurgit à la moindre occasion. La violence ronge doucement et, déjà, un sentiment d'insécurité s'installe dans les villes et les villages au point que certains en arrivent à préconiser la création de milices de défense. Cette mesure, à laquelle le gouvernement s'oppose, risquerait alors de déboucher sur une escalade de la violence, escalade inévitable.

    • Mode

      « La mode qui se démode est une notion totalement périmée... L'avenir de la mode ? C'est l'uniforme. Le bleu de Chine à la française... Pas tout à fait le costume unique, mais un vestiaire réduit... » déclare Yves Saint-Laurent, en septembre 1974, à un magazine spécialisé du commerce du textile. Il dit aussi : « Une collection de haute couture, c'est un exercice de style : on peut y tester de nouvelles formes... » Pour le printemps, il propose une ligne tige, flexible et droite. Élément de base, le tee-shirt en jersey de soie rayé blanc, marine ou noir, sans manches ou à bretelles. Traité en robe, un lien coulissé à la taille et l'ourlet en haut du mollet, sous un manteau de gabardine, il annonce peut-être un nouvel art de s'habiller.

    • Détente

      Pour la première fois dans l'histoire des courses, une collusion peut être mise en évidence entre des parieurs et des professionnels à la suite du tiercé du Prix Bride-Abattue (Journal de l'année 1973-74). Quatorze jockeys d'obstacles sont présentés au juge d'instruction Michaud, qui les inculpe d'infraction à la législation sur les courses de chevaux. Parmi eux, Pierre Costes, 24 ans, qui, tête de liste au classement pour l'année 1973, devait recevoir la Cravache d'or.

    • Sports

      Les championnats de France, pour la première fois depuis 1945, ne se déroulent pas à Paris mais à Nice ; cette décentralisation coïncide avec l'internationalisation de compétitions où se distinguent de nombreux champions étrangers, tel Stones, recordman du monde du saut en hauteur. Les championnats d'Europe, qui ont lieu à Rome, sont dominés par les Allemands de l'Est et les Soviétiques ; les Français remportant deux médailles d'or (Drut au 110 m haies et au 4 × 100 m) et deux médailles d'argent (Nallet au 400 m haies et Le Roy en décathlon). Une belle performance, celle de la Polonaise Irenan Szewinska, victorieuse sur 100 m et 200 m.

  • Nécrologie

    Marcel ACHARD, de son vrai nom Marcel Auguste Ferréol (75 ans), écrivain et membre de l'Académie française ; Paris, le 4-IX-74.