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Kyoto, le Kiyomizu-dera

Kyoto

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Kyoto

Ville du Japon, chef-lieu de préfecture dans le sud de Honshu.

Population : 1 474 764 hab. (recensement de 2005)
Population pour l'agglomération : 1 805 000 hab. (estimation pour 2007)

Grand centre touristique. Industries aéronautiques, électriques et chimiques. Kyoto entre dans l'orbite industrielle d'Osaka et de Kobe.

L'HISTOIRE ET L'ART DE KYOTO

L'ancienne cité impériale garde une originalité marquée parmi les grandes villes japonaises. Taillée au Moyen Âge sur le plan des capitales chinoises, elle oriente le damier parfait de ses avenues selon les points cardinaux et s'axe sur le palais impérial. Ses temples et ses jardins lui font une ceinture prestigieuse, et son paysage urbain, avec ses belles maisons de bois aux tuiles grises, possède un charme exceptionnel. C'est un îlot du passé entre Nagoya et Osaka.

   La ville fut fondée en 794 par l'empereur Kammu (781-806). Celui-ci, désireux de se soustraire à l'influence grandissante des religieux de Nara, transféra sa résidence et son gouvernement sur le site d'un ancien lac, vaste bassin traversé du nord au sud par la rivière Kamo et bordé sur trois côtés (sauf au sud) de monts boisés d'altitude moyenne. La nouvelle capitale fut appelée Heian-Kyo (« capitale de la paix ») et donna plus tard son nom à l'une des époques les plus brillantes de l'histoire japonaise, l'époque Heian (794-1185). Par la suite, seul le terme de Kyoto (« ville-capitale ») fut utilisé couramment.

   Dépouillée de son pouvoir politique par les shogun dès la fin du XIIe s. et enjeu de terribles guerres civiles, Kyoto n'en garda pas moins son prestige moral et intellectuel. Aujourd'hui encore, centre moderne ayant une grande activité artistique, elle dispute à Tokyo, la « capitale de l'Est » depuis la restauration de Meiji (1868), l'honneur d'être le haut lieu culturel du pays. Des traditions encore vivantes (cérémonie du thé, arrangement de fleurs) et une atmosphère unique, imprégnée d'un goût millénaire pour la nature, la simplicité et la rusticité de la matière, en font l'âme du Japon de toujours.

   Comme Nara, l'ancienne capitale fondée en 710, Heian-kyo s'inspirait du plan en damier de la métropole chinoise des Tang, Changan. Dans l'agglomération actuelle, le tracé primitif n'a pas totalement disparu : on retrouve les larges avenues nord-sud et les neuf rues est-ouest qui divisaient la ville en quartiers. Temples et bâtiments civils, construits en bois, ayant été brûlés à maintes reprises, aucun vestige architectural ne subsiste de la Heian-kyo primitive. L'actuel palais impérial date du XIXe s., et le sanctuaire shinto Heian (1895), pourvu d'un beau jardin d'iris et de cerisiers, n'est que la reproduction supposée du palais à la chinoise de l'empereur Kammu. Les temples bouddhiques, fondés dans les montagnes à l'est de la ville, l'Enryaku-ji (construit en 788), centre de la secte tendai, et le Kiyomizu-dera (construit en 805), célèbre pour sa magnifique charpente, ont été reconstruits au XVIIe s. Aux environs de Kyoto, à Uji, le pavillon du Phénix (Hoo-do) du Byodo-in, ancienne villa d'un ministre Fujiwara transformée en monastère en 1053, est le seul exemple authentique du style aristocratique de l'époque Heian.

   Après l'installation d'un gouvernement militaire à Kamakura en 1185, Kyoto ne conserve plus que son activité artistique. Les temples où fleurissent des sectes diverses (introduction du zen, en particulier, au début du XIIIe s.) jouent un rôle culturel considérable. En 1254, le sculpteur Tankei et ses disciples achèvent les mille et une figure divines du Sanjusangen-do (Rengeo-in). Le règne de l'empereur Go-Daigo (1333-1336) marque un bref retour de la puissance impériale, mais, bientôt, les shogun Ashikaga reprennent le pouvoir (1338) et s'installent dans un des quartiers de la ville, à Muromachi, Mécènes plus qu'hommes politiques, entourés de moines et d'artistes, ils se font construire d'élégantes résidences (Kinkaku-ji, pavillon d'or, fin du XIVe s. ; Ginkaku-ji, pavillon d'argent, fin du XVe s.) et favorisent l'épanouissement des arts dans tous les domaines. Le pavillon d'argent est le premier type connu de maison « à la japonaise » avec nattes de sol (tatami), portes à glissière, étagères aux rayonnages alternés et niche d'exposition. C'est là que s'élaborèrent les règles de la cérémonie du thé et des arrangements de fleurs. Sous l'influence du zen, le jardin devient un lieu de méditation philosophique. Celui du Saiho-ji (XIVe s.) est célèbre pour ses variétés de mousses et son jardin de pierres, prototype des étranges compositions symboliques du Ryoan-ji (fin du XVe s.) et du Daisen-in (début du XVIe s.).

   Ruinée par les guerres aux XVe s. et XVIe s., Kyoto ne retrouve sa splendeur qu'à la fin du XVIe s. grâce aux vastes travaux de restauration et de construction entrepris par les dictateurs qui se succèdent au pouvoir : Oda Nobunaga (1573-1582), Toyotomi Hideyoshi (1582-1598), puis Tokugawa Ieyasu (1600-1616). Au sud de la ville sont élevés les deux grands temples du Nishi-hongan-ji et du Higashi-hongan-ji. Ieyasu commence en 1603 l'édification du château Nijo. Entre 1625 et 1650, le palais détaché de Katsura, qui allie pavillons de thé et jardins-paysages aux horizons divers, est terminé pour un prince impérial.

   À partir du XVIIe s., la classe bourgeoise s'affirme, et les riches marchands de la ville stimulent le développement des métiers d'art. La plupart des soieries et des laques du Japon sont fabriqués à Kyoto. Les artisans du textile, groupés dans le quartier Nishijin, rivalisent d'ingéniosité pour décorer les étoffes et utilisent un procédé spécial de teinture (yuzen) qui permet des dessins libres et multicolores. Les broderies, les objets en bambou, les peignes et les poupées sont également réputés. La production céramique connaît un essor constant, en particulier à Kiyomizu et à Awata. Cet artisanat de haute qualité reste aujourd'hui très vivant.

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