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Alfred Russel Wallace

Voyageur et naturaliste britannique (Usk, Monmouthshire, 1823-Broadstone, Dorset, 1913).

À l'inverse de Darwin, né dans un milieu très aisé, Wallace fait partie d'une famille de neuf enfants, peu fortunée. Il abandonne ses études à 14 ans. Dès lors, il s'instruit tout seul. À Londres, où il est venu habiter temporairement chez l'un de ses frères, il assiste à des réunions au « Hall de la Science », un club destiné à la formation des ouvriers et adhère aux idées socialistes et laïques de Robert Owen. Après avoir été apprenti géomètre chez un autre de ses frères, il devient, en 1844, instituteur dans une école privée de Leicester. Il consacre ses heures de loisir à la lecture d'ouvrages de sciences naturelles. Un commun intérêt pour la zoologie le rapproche du jeune entomologiste Henry Walter Bates, qui vit aussi à Leicester. Tous deux forment le projet d'un voyage scientifique en Amérique du Sud, sur les traces d'Alexander von Humboldt, pour collecter des spécimens d'animaux puis revendre ensuite ceux qu'ils auraient en double, afin de rentrer dans leurs frais d'expédition.

En 1848, ils partent pour l'Amazonie, où Wallace reste jusqu'en 1852. Comme Bates, il recueille un matériel scientifique considérable, mais le bateau qui le ramène en Angleterre prend feu dans l'Atlantique et il perd toute sa collection. À peine rentré, il publie son Récit de voyage sur l'Amazone et le Rio Negro (1853). Dès 1854, il repart pour une autre région du monde, l'archipel malais. Il y passe huit ans. À son arrivée, il a déjà la conviction que toutes les espèces sont le produit d'une évolution, et il veut en obtenir la confirmation. Pour cela, il s'emploie de nouveau à rassembler le plus de spécimens zoologiques possible et commence à tirer les conséquences des découvertes qu'il fait. En 1855 paraît en Angleterre son essai intitulé Sur la loi qui a régi l'apparition des espèces nouvelles, pour lequel il reçoit les félicitations de Darwin. En 1858, immobilisé par les fièvres dans l'archipel des Moluques, il rédige son fameux mémoire Sur la tendance des variétés à s'écarter indéfiniment du type originel et l'adresse à Darwin. Celui-ci y retrouve ses propres thèses : par une étonnante rencontre d'idées, Wallace a trouvé en même temps que lui le principe de la sélection naturelle comme mécanisme essentiel de la transformation des espèces. Sur le conseil de ses amis, Darwin envoie à la Linnean Society de Londres à la fois le texte de son confrère naturaliste et un texte de lui-même, datant de 1844 et faisant état de sa conception évolutionniste – dont Wallace, d'ailleurs, reconnaîtra la priorité.

Après son retour de Malaisie, Wallace publie de nombreux écrits scientifiques parmi lesquels trois ouvrages : l'Archipel malais (1869), Contribution à la théorie de la sélection naturelle (1870) et sa monumentale Distribution géographique des animaux (1876), qui donne à la zoogéographie ses fondements actuels et où l'auteur trace, entre les îles indonésiennes de Bali et Lombok, au sud, et entre Bornéo et Célèbes, plus au nord, une ligne imaginaire symbolisant la séparation entre la zone de distribution de la faune australienne et celle de la faune asiatique. Dans la seconde partie de sa longue vie, Wallace œuvre en faveur des causes les plus diverses. Ainsi, il préside la Société pour la nationalisation des terres, défend les droits de la femme, prend parti contre la vaccination antivariolique, qu'il juge « inutile et dangereuse », s'élève avec vigueur contre les affirmations d'un astronome célèbre qui croit à une vie sur la planète Mars. Curieusement, il devient un fervent du spiritisme, ce qui ne manque pas d'étonner, et même de choquer, bien des savants de l'époque.

Un grand collectionneur

Un grand collectionneur



Au cours de son séjour en Amazonie, Wallace envoie en Angleterre 1 300 spécimens d'insectes ainsi que 284 oiseaux. La perte du reste de sa collection, lors de son voyage de retour, ne le décourage pas d'en entreprendre une nouvelle, cette fois avec des espèces asiatiques, durant ses explorations dans l'archipel malais. Il rassemble essentiellement des oiseaux, des coléoptères et des papillons. On lui doit la découverte de quelque 200 espèces nouvelles d'oiseaux et autant de fourmis, ainsi que de 900 coléoptères. Il capture aussi et décrit, le premier, des animaux comme l'orang-outan ou la grenouille volante de Bornéo. De nombreux spécimens furent achetés par le British Museum, d'autres allèrent à des collectionneurs privés. Chaque échantillon était soigneusement étiqueté par Wallace, qui donnait notamment une description précise de l'endroit d'où il provenait. Le naturaliste tenait en effet un journal de ses découvertes qu'il appelait son « carnet des espèces ».