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Cecil Rhodes

Cecil Rhodes
Cecil Rhodes

Homme politique britannique (Bishop's Stortford, Hertfordshire, 1853-Muizenberg, près du Cap, 1902).

1. Le rêve d'une Afrique britannique

Fils d'un pasteur anglican, cinquième d'une famille de onze enfants, il part, en 1870, pour le Natal chez son frère Herbert, soigner un début de tuberculose. L'année suivante, il rejoint Herbert dans le Griqualand pour y prospecter les champs de diamants récemment découverts à Kimberley.

Malgré une santé précaire, Cecil Rhodes réussit rapidement à faire fortune dans les mines et il peut revenir en Angleterre poursuivre ses études à Oriel College, à Oxford (1873-1874 et 1876-1881).

C'est l'époque où la Grande-Bretagne s'engage résolument dans les voies de l'impérialisme colonial. Cecil Rhodes, gagné à ces idées, va mettre en pratique ses aspirations idéologiques en Afrique, dont il rêve de faire une Afrique britannique.

2. Le magnat du diamant sud-africain

Réaliste, Rhodes ne compte pas sur Londres pour accomplir son programme, se méfiant des lenteurs bureaucratiques, des illusions philanthropiques ou religieuses à l'égard des indigènes. Partisan d'une large autonomie pour l'Afrique du Sud, où Britanniques et Afrikaners œuvreraient de concert, il met au service de cet idéal une énorme fortune acquise dans l'exploitation des mines d'or et de diamants. Il devient bientôt le maître des deux plus puissantes compagnies d'Afrique australe, la Gold Fields of South Africa pour l'or, en 1887, et la De Beers pour les diamants, en 1888.

Pour réaliser son rêve d'expansion vers la région des Grands Lacs, Rhodes, qui est entré au Parlement du Cap en 1881, essaie en vain de persuader le gouvernement britannique de prendre en main les destinées du Basutoland. Il a plus de succès au Bechuanaland, qui commande l'artère vitale du Zambèze et qui est placé sous protectorat britannique en 1885 (→ Bostwana).

Malgré l'opposition du Transvaal, où Paul Kruger se méfie de ses visées, et malgré les réticences de Londres, il réussit à traiter avec Lobengula, chef des Matabélés, et à établir une complète souveraineté, politique et économique, sur un vaste territoire correspondant à l'actuelle Rhodésie. Pour l'exploitation de ces terres, il fonde la British South Africa Company, dotée d'une charte en 1889 et connue ensuite sous le nom de « Chartered ».

3. Premier ministre de la colonie du Cap (1890-1896)

Désirant élargir son domaine jusqu'à l'océan Indien, Rhodes, devenu Premier ministre en 1890, se heurte aux Portugais du Mozambique. L'ultimatum de Londres en 1890 et le traité anglo-portugais signé en 1891 sous son influence fixent une limite aux ambitions portugaises et, la même année, la Grande-Bretagne établit son protectorat sur le Nyassaland (actuel Malawi). Lui-même étend en 1894-1895 l'autorité de la Chartered sur le territoire de l'actuelle Zambie.

Le sud du lac Tanganyika est atteint, mais la jonction avec l'Ouganda britannique, où se trouve Kitchener, ne peut se réaliser, car les Allemands sont installés en Afrique orientale (actuelle Tanzanie). Toutefois, la liaison du Cap au Caire (→ chemin de fer du Cap au Caire) est en bonne voie à la fin du siècle ; grâce à l'énergie de Rhodes, la puissance britannique règne sans partage et d'une manière continue de l'Égypte à l'Ouganda et du lac Tanganyika au Cap.

Premier ministre, Cecil Rhodes montre un paternalisme bien intentionné – création d'industries, intérêt pour les autochtones concrétisé par le Glen Grey Act, (1894), injection de sommes considérables en Rhodésie – malheureusement contrebalancé par son autoritarisme.

4. L'échec de l'union sud-africaine

La politique du président du Transvaal, Paul Kruger, qui refuse une union douanière avec la colonie du Cap, gêne les projets de Rhodes. Pour obliger les républiques boers à se fondre dans les colonies britanniques, celui-ci a essayé d'abord de les étouffer en les entourant de petits protectorats britanniques (Zoulouland, Swaziland, Tongaland). Dans le même but, il encourage la révolte des Uitlanders (colons étrangers installés au Transvaal) : Jameson tente alors le raid qui porte son nom et qui échoue piteusement (1895). Rhodes démissionne de ses fonctions publiques, y compris de la direction de la Chartered, qu'il retrouvera en 1898.

Il revient alors s'établir en Rhodésie, où il fait construire le chemin de fer reliant Salisbury (→ actuelle Harare) au lac Tanganyika, toujours dans l'espoir de favoriser son projet de liaison du Cap au Caire, et il établit un télégraphe transafricain qui atteint l'Égypte en passant par les possessions allemandes d'Afrique orientale.

Cependant, la tension qui se maintient entre Boers et Anglais interdit l'établissement de cette union sud-africaine à laquelle il a rêvé ; elle débouche au contraire sur la guerre de 1899-1902 (→ guerre des Boers) qu'il passe dans Kimberley assiégée, avant de s'éteindre. Son corps est ramené à Matopo Hills, près de Bulawayo, dans le pays qui porte toujours son nom.

Pour en savoir plus, voir les articles colonisation, Empire colonial britannique.