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Ouganda

en anglais Uganda

Nom officiel : République de l'Ouganda

Carton de situation - Ouganda
Drapeau de l'Ouganda
Drapeau de l'Ouganda

État d'Afrique orientale, l'Ouganda est limité au nord par le Soudan du Sud, à l'est par le Kenya, au sud par la Tanzanie et le Rwanda et à l'ouest par la République démocratique du Congo.
L'Ouganda est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 237 000 km2
  • Nombre d'habitants : 37 579 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Ougandais
  • Capitale : Kampala
  • Langue : anglais
  • Monnaie : shilling ougandais
  • Chef de l'État : Yoweri Kaguta Museveni
  • Chef du gouvernement : Yoweri Kaguta Museveni
  • Premier ministre : Ruhakana Rugunda
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 22 septembre 1995
    • Entrée en vigueur : octobre 1995
Pour en savoir plus : institutions de l'Ouganda

GÉOGRAPHIE

Au Nord du lac Victoria, l'Ouganda est un pays de plateaux couverts de savanes, dont l'élevage, le coton, le thé et surtout le café et la pêche (en eau douce) constituent les principales ressources. La population, qui s'accroît rapidement, est formée de groupes variés (dont celui des Baganda).

1. Le milieu naturel

L'Ouganda est un État continental, traversé par l'équateur, dont le septième de la superficie est occupé par les lacs (les plus importants sont le lac Victoria, partagé avec le Kenya et la Tanzanie, le lac Kyoga, les lacs Édouard et Albert). À la frontière de la République démocratique du Congo, les lacs Édouard et Albert jalonnent la branche occidentale de la Rift Valley.

L'Ouganda est formé par un haut plateau dont l'altitude moyenne est de 1 200 m, légèrement incliné du sud au nord, entouré de reliefs très élevés, qui se situent sur les frontières : au sud-ouest, les volcans Muhavura et Sabinyo, limitrophes du Rwanda ; à l'ouest, le horst de granite, de gneiss et de quartzite du Ruwenzori, long de 130 km et large de 35 km (dont le sommet est en République démocratique du Congo) ; à l'est, le massif volcanique de l'Elgon, sur la frontière du Kenya. Sa situation sous l'équateur et l'étagement des altitudes déterminent les principaux traits du climat : écarts annuels faibles, diminution des températures et augmentation des pluies avec l'altitude. Cependant le Nord-Est, parcouru par des vents secs, est steppique. L'hydrographie actuelle résulte des bouleversements du cénozoïque, créant une zone indécise entre les lacs Victoria et Édouard.

Ainsi le haut Nil, qui traverse le lac Victoria, vide au passage le lac Kyoga, qui était une partie du lac Victoria, avant de rejoindre le lac Albert, dont il capte les eaux. La majeure partie du pays est couverte de savanes mais la forêt de montagne est bien représentée dans le Sud-Ouest et dans l'Ouest. La faune, extrêmement riche, a été en grande partie détruite.

2. La population et l'économie

Les deux tiers environ des Ougandais, qui peuplent les anciens royaumes du Buganda, de l'Ankole, du Toro et du Bunyoro, sont des Bantous. Les Gandas (ou Bagandas) du Buganda (où se trouve la capitale, Kampala) représentent à eux seuls près du sixième des habitants du pays. Tout au nord, où les densités de population sont plus faibles, les Langos et les Acholis sont des Nilotiques, tandis que les Karamojongs nomadisent aux confins de la frontière avec le Kenya. L'extrémité nord-ouest du pays est habitée par des petites ethnies nilotiques islamisées, dont les Kakwas. La moitié environ de la population est de religion chrétienne (catholiques et protestants), les animistes sont environ 45 %. Les Européens et les Indiens sont très peu nombreux (quelques milliers).

L'agriculture fournit la plupart des exportations, emploie les deux tiers de la population active et représente le tiers du produit intérieur brut. Aussi, le taux d'urbanisation est très faible, à peine supérieur à 10 %. Le pays est un important exportateur de café (douzième rang mondial en production), produit par un million environ de petits exploitants. Les exportations s'effectuent par le chemin de fer qui aboutit à Mombasa, au Kenya, ou, par ferry sur le lac Victoria, vers la Tanzanie. On cultive également le thé (en forte augmentation), le coton et le tabac. Le sucre nécessaire à la consommation intérieure est produit par les grandes plantations des familles indiennes Madhvani et Mehta, qui se sont réinstallées dans le pays en 1980. La pêche dans le lac Victoria – notamment celle de la perche du Nil – est en plein essor. La majorité de la population continue de vivre des cultures vivrières (manioc, haricots secs) et de l'élevage.

Le cuivre est la seule ressource minière importante de l'Ouganda, mais la mine de Kilembe a cessé de fonctionner en 1979. Le pays exporte beaucoup plus d'or qu'il n'en produit (cet or proviendrait de la République démocratique du Congo voisine). Le pays dispose d'autres ressources minières, modestes (cobalt, tungstène, étain, phosphates, sel), et de ressources énergétiques (prospection pétrolière au S. du lac Albert). L'industrie, concentrée à Jinja, à proximité immédiate du barrage des chutes d'Owen, comprend des filatures, des brasseries et des cimenteries ; la plupart étant en mauvais état, d'importantes rénovations ont été entreprises dans les années 1990. De nouveaux hôtels ont été construits ou réaménagés pour relancer le tourisme, autrefois florissant.

Le commerce extérieur est largement déficitaire – les principaux partenaires commerciaux du pays sont les États-Unis, la Grande-Bretagne (principal acheteur de café), le Japon et l'Allemagne.

HISTOIRE

1. Les anciens royaumes

Plusieurs royaumes existaient en Ouganda avant la colonisation. Ils se sont formés – et ont parfois disparu – au gré des invasions qui ont jalonné l'histoire du pays.

Au xive siècle, des pasteurs Hima d'origine hamite, venus du Soudan, s'installent au sud du pays et dominent les agriculteurs bantous. Ils sont supplantés, vers 1500, par des Luos qui fondent l'empire de Kitara, lequel se scinde en royaumes vassaux, le Bunyoro, l'Ankole, le Karagwe et le Buganda. Le Buganda secoue la tutelle du Kitara vers 1650, commerce avec la côte orientale de l'Afrique, et connaît son apogée au xixe siècle

Les explorateurs britanniques – John Speke et Richard Burton, à la recherche des sources du Nil, puis Stanley – reconnaissent la région. Mutesa, roi (ou kabaka) du Buganda, accueille à sa cour les missionnaires anglais protestants et les catholiques français, qui se disputent ses faveurs. Son fils Mwanga fait massacrer entre 1885 et 1887 une centaine de ses sujets convertis à la foi chrétienne : 22 de ces martyrs catholiques (→ martyrs de l'Ouganda) ont été canonisés en 1964.

2. La colonisation britannique

En 1890, un traité germano-britannique délimite les zones d'influence en Afrique orientale (Kenya et Ouganda à la Grande-Bretagne, Tanganyika à l'Allemagne) et la British East Africa Company conclut un traité avec le kabaka, mais, faisant de mauvaises affaires, décide de se retirer.

En 1894, le gouvernement britannique prend la relève de la compagnie et impose son protectorat sur l'ensemble du pays. Le Premier ministre du Buganda, Apollo Kagwa, qui exerce la régence, de 1898 à la mort de Mwanga, jusqu'à 1925, collabore avec l'administration coloniale, avec le soutien de l'aristocratie ganda. La construction du chemin de fer reliant le port de Mombasa, au Kenya, à Kampala amène de nombreux travailleurs et commerçants indiens, qui joueront un rôle économique important dans le pays.

Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications indépendantistes aboutissent à la naissance de partis politiques, dont l'United People's Congress (UPC) de Milton Obote, majoritairement protestant et progressiste, et le Democratic Party (DP), de tendance libérale et catholique, de Benedicto Kiwanuka, un Ganda. Soutenant la cause de l'indépendance, puis exilé à Londres, le jeune roi du Buganda, Mutesa II, fait en 1955 un retour triomphal dans son pays.

Les élections organisées en 1961 sont remportées par le DP ; l'indépendance est proclamée en 1962.

3. L'indépendance

L'UPC remporte les élections de 1962 et Milton Obote, un Lango du nord du pays, devient alors Premier ministre. En 1963, Mutesa II est élu à la tête de l'État, qui comprend les quatre royaumes historiques du pays (Buganda, Ankole, Toro et Bunyoro), mais, en 1966, Milton Obote dépose Mutesa II, qui en appelle en vain à l'Organisation des Nations unies (ONU).

Le président Obote met alors fin à l'autonomie des royaumes et proclame une république unitaire ; sa politique d'inspiration socialiste se traduit par la nationalisation des grandes entreprises privées et la redistribution des terres des grandes propriétés (notamment celles de la féodalité ganda).

4. Dictature et coups d'État

En 1971, le général Idi Amin Dada, un Kakwa musulman du Nord, chef de l'état-major, s'empare du pouvoir par un coup d'État qui marque le début de la période la plus sombre de l'histoire contemporaine de l'Ouganda. .

La sanglante dictature du général mêle la brutalité des décisions à des bouffonneries douteuses. Idi Amin Dada expulse, en 1972, plusieurs dizaines de milliers d'Indiens – industriels et commerçants, ils sont accusés de spolier les Africains –, nationalise, en 1973, les intérêts britanniques et laisse son armée multiplier les exactions au nord du pays. Il se rapproche de la Libye et des États arabes, ferme en 1972 l'ambassade d'Israël, offrant les locaux de celle-ci à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). En 1976, les Palestiniens qui ont détourné un Airbus d'Air France choisissent d'atterrir à Entebbe, où les otages finissent par être libérés par un audacieux commando israélien

Le Commonwealth condamne le régime pour violation des droits de l'homme en 1977 et, en 1978, l'Ouganda attaque la Tanzanie, où se sont réfugiés ses opposants politiques. L'armée tanzanienne défait les forces ougandaises, pourtant soutenues par un contingent libyen, et Idi Amin Dada se réfugie en Arabie saoudite.

Deux présidents issus de l'opposition en exil, Yusuf Lule, puis Godfrey Binaisa, se succèdent alors à la tête de l'État avant le retour d'exil de Milton Obote, qui reprend le pouvoir en 1980, après des élections contestées. Plusieurs factions armées lancent alors des opérations de guérilla qui entraînent une répression sanglante jusqu'en 1985, année au cours de laquelle le président Obote est renversé par un coup d'État militaire, organisé au profit du général Tito Okello, un Acholi. Ce dernier est à son tour évincé en 1986 par la National Resistance Army (NRA) du général Yoweri Museveni, qui a recruté de nombreux réfugiés tutsis du Rwanda.

5. La présidence de Yoweri Museveni (1986-)

5.1. La « démocratie sans parti » ou le « movement system »

Yoweri Museveni, originaire de l'Ankole, met en place un gouvernement où figurent des dirigeants des anciens partis politiques, dont Paul Ssemogerere, leader du DP. Le nouveau régime s'efforce de redresser une économie en ruines, avec l'aide du Fonds monétaire international (FMI) qui considère l'Ouganda comme un de ses meilleurs « élèves », ce qui n'empêche pas celui-ci de dévaluer sa monnaie à plusieurs reprises. En 1991, le chef de l'État propose la restitution de leurs biens aux Indiens expulsés : 4 000 d'entre eux choisissent de revenir. Le pays retrouve à cette époque une certaine prospérité.

Mais le calme est relatif, car le régime se heurte à diverses oppositions, dont celle d'une secte religieuse dirigée par une femme, Alice Lakwena, qui a pris la tête d'une rébellion finalement matée en 1987. Plusieurs mouvements rebelles ont choisi la lutte armée contre le régime : le Front de la rive occidentale du Nil, formé par d'anciens partisans d'Idi Amin Dada, et soutenu par le Soudan ; l'Alliance des forces démocratiques, qui lutte pour un État fédéral ; le plus important et le plus meurtrier de ces mouvements, se réclamant de la secte d'Alice Lakwena, est la Lord's Resistance Army (Armée de la résistance du Seigneur, LRA), dirigée par Joseph Kony et soutenue, elle aussi, par le Soudan.

Yoweri Museveni refuse de rétablir le multipartisme, qu'il estime prématuré. Son parti, le National Resistance Movement (NRM), tient donc le rôle classique de parti unique, même si les candidats des autres partis politiques – officieusement tolérés – peuvent se présenter aux élections à titre personnel. Il en est ainsi pour l'élection présidentielle de mars 1996, la première à laquelle se soumette Yoweri Museveni et qu'il remporte avec plus de 74 % des suffrages contre Paul Ssemogerere. L'opposition boycotte en juin de la même année les élections législatives, remportées par le NRM à une écrasante majorité. Pour autant, l'armée gouvernementale ne parvient pas à réduire la LRA de Joseph Kony qui se signale encore, en 1998, par d'atroces exactions dans son fief du nord du pays.

En juin 2000, le « système » instauré par Museveni en 1986 est plébiscité par les Ougandais (90,7 %) et le multipartisme rejeté. Son « Mouvement » continuera donc de fonctionner comme un parti unique et de gérer le pays à tous les niveaux. Yoweri Museveni est réélu en mars 2001 avec 69,3 % des voix, résultat aussitôt contesté par son principal adversaire, Kizza Besigye. Cet ancien allié de Museveni, qui a fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption et le déficit de démocratie, recueille 27,8 % des suffrages.

5.2. Soutien aux rébellions soudanaise et rwandaise

En politique étrangère, l'Ouganda apporte son appui à la rébellion de John Garang dans le sud chrétien et animiste du Soudan contre le régime islamiste de Khartoum, ce qui lui vaut la faveur des États-Unis. C'est aussi à partir de l'Ouganda que le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, majoritairement tutsi, lance contre le régime hutu du Rwanda les opérations militaires qui permettront au FPR de s'emparer de Kigali en 1994.

Début 1997, l'Ouganda, le Rwanda et, dans une moindre mesure, le Burundi, épaulent l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) que dirige Laurent-Désiré Kabila et permettent à ce dernier de s'emparer du pouvoir en 1997. Cependant, au mois d'août 1998, les armées ougandaises et rwandaises pénètrent à nouveau à l'est du territoire zaïrois devenu la République démocratique du Congo (RDC) pour combattre, aux côtés de rebelles congolais d'origine tutsie, le régime de L.-D. Kabila. C'est notamment la présence – tolérée par ce dernier – à l'est de la RDC d'opposants ougandais qui, depuis leurs bases congolaises, lancent des attaques meurtrières et dangereuses contre le régime de Y. Museveni, qui explique cette intervention militaire contre l'allié d'hier. L.-D. Kabila fait appel à des troupes étrangères pour contrer l'offensive des rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda : Angolais, Zimbabwéens, Namibiens, Soudanais et Tchadiens sont impliqués dans le conflit. À partir de 2001, l'Ouganda désengage progressivement ses troupes et signe, en 2002, un accord de paix avec la RDC.

Les relations avec la Tanzanie, et surtout avec le Kenya, connaissent des hauts et des bas, mais le président Museveni est l'un des signataires, en 1994, de l'accord d'Arusha qui reconstitue la Communauté économique est-africaine (Kenya-Tanzanie-Ouganda), dissoute en 1977.

5.3. Entre dictature et démocratie

Après deux décennies d'exercice du pouvoir sans partage, Yoweri Museveni, consentant en 2005 à une relative libéralisation de la vie politique ougandaise, fait adopter par référendum le retour au multipartisme. Toutefois, il a pris soin de faire adopter par le Parlement un amendement constitutionnel mettant fin à la limitation des mandats présidentiels, et lui ouvrant ainsi la voie à une troisième candidature lors de l'élection de février 2006. Au terme d'une campagne marquée par le harcèlement de son principal opposant, Kizza Besigye (Forum du changement démocratique, FCD), accusé de viol, de trahison et de terrorisme, incarcéré puis remis en liberté, Yoweri Museweni est réélu avec 59 % des voix.

Le pays est sur la voie d'une relative pacification. En décembre 2005, l'armée congolaise, appuyée par les Casques bleus de la MONUC, affirme avoir mis en déroute les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) et de l'Armée nationale de libération de l'Ouganda (NALU), mouvements qui – de leurs camps du Nord-Kivu – menaçaient le régime ougandais depuis 1996.

Affaiblie par la perte de ses bases arrière au Sud-Soudan où s'est installé un gouvernement autonome, la LRA de Joseph Kony, qui sème la terreur dans le nord de l'Ouganda depuis 1986, signe entre août 2006 et février 2008 une série d'accords débouchant sur un cessez-le-feu permanent et permettant de ramener la paix et la sécurité dans cette région meurtrie. Joseph Kony, poursuivi depuis 2005 par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et recherché par les armées ougandaises, soudanaise et congolaise, est toujours en fuite.

S'engageant de manière croissante dans la résolution des conflits régionaux, l'Ouganda participe à l'opération de maintien de la paix de l'Union africaine (Amisom) en Somalie, ce qui lui vaut d’être désormais la cible de représailles de la part du mouvement islamiste des shabab.

En février 2011, mettant en avant les performances économiques du pays – une croissance de plus de 5 % en 2010 après des pics à 8 %-10 % en 2006-2008 – et s’engageant à faire de l’Ouganda un pays moderne, grâce notamment à l’exploitation bientôt opérationnelle des gisements de pétrole du lac Albert, vantant également les succès dans la lutte contre la LRA, Yoweri Museveni est réélu sans surprise pour un quatrième mandat. Avec plus de 68 % des suffrages, il bat pour la troisième fois son principal adversaire, Kizza Besigye – à qui la Cour constitutionnelle a rendu justice en octobre 2010 en annulant les poursuites pour trahison qui le visaient –, tandis que le parti présidentiel remporte 263 sièges sur 375. Globalement avalisées par les observateurs internationaux de l’UE et de l’UA, ces élections sont contestées par l’opposition qui dénonce les fraudes et les manipulations électorales, mais renonce à déposer un recours.

Si le président s’est s’appuyé sur son système clientéliste, sa victoire peut cependant également s’expliquer par le retour, pour la première fois depuis son accession au pouvoir, malgré la persistance de certaines tensions, à une situation de paix grâce au programme de démobilisation et de réintégration des anciens rebelles et aux mesures d’amnistie. En revanche, la forte croissance de l’économie ougandaise s’accompagne de plusieurs scandales de corruption que Museveni affirme vouloir combattre et, pour la population, d’une flambée des prix en grande partie due à des facteurs externes. Cette flambée des prix provoque en avril 2011 une série de manifestations contre la vie chère conduites par Kizza Besigye et durement réprimées. Sur le plan social, en août 2014, la Cour constitutionnelle invalide une loi durcissant la pénalisation de l'homosexualité promulguée en février.