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saint Paul

Maarten De Vos, Saint Paul à Éphèse
Maarten De Vos, Saint Paul à Éphèse

Apôtre de Jésus-Christ (Tarse, en Cilicie, entre 5 et 15-Rome entre 62 et 67).

Introduction

Surnommé l'Apôtre des gentils (c'est-à-dire des païens) il a joué un rôle capital dans la propagation du christianisme dans le monde gréco-romain.

Les sources essentielles de la vie de Paul sont les Actes des Apôtres et des Épîtres, auxquelles on peut joindre quelques éléments puisés chez les Pères de l'Église. La littérature apocryphe le concernant ne saurait être utilisée qu'avec d'infinies précautions.

Le chemin de Damas

Saint Paul est né à Tarse, ville de Cilicie fortement hellénisée, opulente et commerçante, célèbre pour ses écoles de rhétorique. Sa famille, de vieille souche juive, appartenait à la tribu de Benjamin et était ralliée au parti des pharisiens. La date de sa naissance doit se situer au début de notre ère. Son nom était Saulos, forme grécisée de l'hébreu Shaul, auquel Paul avait joint un cognomen latin, Paulus, du fait qu'il était citoyen romain de naissance.

Si l'on en croit un discours qui lui est prêté dans les Actes des Apôtres, Paul aurait été élevé à Jérusalem et formé à l'exacte observance de la Loi à l'école de Gamaliel. Parallèlement, à cette éducation destinée à faire de lui un rabbin, il apprit, selon une règle recueillie par la Mishna, un métier manuel, en l'occurrence la fabrication des tentes, qui lui permettra de subsister au cours de sa vie apostolique.

Pharisien intransigeant, il commence par persécuter les chrétiens, et il apparaît pour la première fois dans les Actes des Apôtres gardant les vêtements des Juifs qui lapident Étienne. À la suite de cela éclate une persécution, et on voit Paul « allant dans les maisons, en arrachant hommes et femmes qu'il traînait en prison ».

La conversion

Tandis qu'il se rend à Damas pour y persécuter la communauté chrétienne, Paul a une vision du Christ qui provoque sa conversion à la religion de ses adversaires. Il est baptisé par un disciple, Ananie, fait une retraite dans le désert d'Arabie, revient à Damas, où il prêche et où les Juifs veulent le faire périr, ce qui l'oblige à s'enfuir caché dans une corbeille que l'on descend par les murailles. Il se rend à Jérusalem, où Barnabé l'introduit auprès de Pierre et de Jacques. Pour échapper aux machinations des Juifs hellénistes, il est conduit à Césarée par les « frères » et, de là, il repart pour Tarse. On ignore ses activités pendant ce séjour en Cilicie. Barnabé, chargé d'organiser l'Église d'Antioche, va tirer Paul de sa retraite pour se l'adjoindre : pendant un an, ils prêchent tous deux dans la grande capitale syrienne.

Les trois grands voyages missionnaires

À la suite d'une famine qu'on peut situer vers l'an 45 de notre ère, Paul et Barnabé portent à Jérusalem des secours envoyés par les chrétiens d'Antioche à leurs frères de Judée. De retour à Antioche, on décide que les deux hommes iront porter le message en terre païenne.

La première mission

Ainsi va commencer le premier voyage de Paul, qu'on place entre 45 et 49. L'apôtre embarque à Séleucie avec Barnabé pour l'île de Chypre. À Salamine de Chypre, tous deux commencent à prêcher dans les synagogues ; à Paphos Paul combat un faux prophète juif et magicien, Bar Jesus ou Elymas, et convertit le proconsul de l'île, Sergius Paulus. De là, ils passent en Asie Mineure, à Perge de Pamphylie, à Antioche de Pisidie, et à Iconium.

Alors que, jusqu'à Chypre, Barnabé est cité le premier et apparaît comme le chef de la mission, Paul prend dès lors la première place, et c'est lui qui a l'initiative de la prédication. Il prêche dans les synagogues, mais il a plus de succès auprès des païens, et à Lystres, en Lycaonie, après avoir guéri un impotent, les prêtres de Zeus veulent lui offrir des sacrifices comme à un dieu. Mais tout ne va pas toujours aussi bien, et, dans cette même ville de Lystres, les Juifs accourus lapident Paul et le laissent pour mort.

Sans se décourager, celui-ci repart pour Derbé avec Barnabé, traverse la Pisidie et la Pamphylie, et va à Attalia s'embarquer pour Antioche. Dans cette ville s'engage alors une querelle avec les judaïsants, qui veulent qu'on impose aux gentils nouvellement convertis les rites judaïques, à commencer par la circoncision. Paul tient tête aux judaïsants et reproche à Pierre sa pusillanimité. Afin de régler la question, on tient une assemblée à Jérusalem ; ce « concile des apôtres » a lieu vers l'an 50, et, à la suite de l'intervention de Pierre et de Jacques, on décide de ne pas imposer les observances mosaïques aux convertis venus de la gentilité.

La deuxième mission

Peu après, commence le deuxième voyage de Paul, accompagné non plus de Barnabé, mais d'un ancien de Jérusalem, Silas. Ils passent par la Cilicie, Derbé et Lystres, où Paul s'adjoint Timothée, fils d'un Grec et d'une Juive, jeune homme d'une vingtaine d'années. De là, les trois hommes traversent la Phrygie, la Galatie, la Mysie et parviennent à Troas, d'où ils s'embarquent pour Samothrace et Philippes, en Macédoine. Il semble que ce soit à Thoas que Luc se joint aux missionnaires. Paul est assez mal reçu dans cette province : à Philippes, Silas et Paul sont battus de verges par les magistrats municipaux ; à Thessalonique, les Juifs suscitent contre eux une émeute. L'accueil est moins violent à Bérée, d'où Paul gagne la mer afin de s'embarquer pour Athènes. Là il prêche sur l'Agora, et des philosophes épicuriens et stoïciens le conduisent devant l'Aréopage, où il tient un discours qui choque les auditeurs lorsqu'il est question de la résurrection des morts : il obtient cependant quelques conversions, dont celle de Denys l'Aréopagite.

À Corinthe, où il se rend aussitôt après, Paul se lie avec un Juif, Aquila, et sa femme Priscilla, venus de Rome, d'où un édit de Claude vient de chasser les Juifs ; ils sont aussi fabricants de tentes, et Paul travaille avec eux tout en prêchant à la synagogue. Les Juifs le traînent devant le proconsul d'Achaïe, Gallion, ce qui situe le passage de Paul à Corinthe entre le printemps de 51 et celui de 52. Gallion renvoie les plaideurs, refusant de juger entre eux d'un litige de caractère religieux. Paul reste près de dix-huit mois à Corinthe avant de s'embarquer pour Éphèse ; de là, il navigue jusqu'à Césarée de Palestine, d'où il « monte » à Jérusalem avant de rentrer à Antioche.

La troisième mission

Il a laissé à Corinthe Silas et Timothée. Il s'adjoint pour son troisième voyage Tite, un jeune païen converti. Il commence par parcourir les territoires des Galates et la Phrygie pour y affermir les Églises déjà fondées, puis il séjourne deux ans à Éphèse. Il fait tant de prosélytes que les orfèvres, qui vivaient de la vente aux pèlerins d'objets de piété dédiés à Artémis, suscitent une émeute dans la crainte de voir leur commerce décliner. Il doit quitter la ville, se rend en Macédoine, parcourt en bateau les îles de l'Égée, rentre à Césarée et revient à Jérusalem, où les Juifs soulèvent la populace contre lui, il ne doit son salut qu'à l'intervention du tribun militaire Lysias, qui, ayant su que Paul était citoyen romain, l'envoie à Césarée, au procurateur Marcus Antonius Felix, qui le retient captif deux ans. Les Juifs ne cessent de réclamer la mort de Paul, et Festus, successeur de Felix, accepte d'envoyer à Rome son prisonnier, qui en appelle à César.

Le voyage à Rome

Le voyage se fait par mer, en compagnie de Luc, par Chypre, et la Crète. Une tempête cause le naufrage du navire tout près de Malte, où les deux hommes restent trois mois avant de reprendre la mer. Au printemps, ils passent par Syracuse, restent sept jours à Pouzzoles, où des chrétiens viennent les visiter, et enfin arrivent à Rome, où, bien que captif, Paul loue un logement qu'il occupe avec le soldat chargé de le garder.

La captivité romaine

Paul continue de prêcher les Juifs et les gentils, et demeure deux ans ainsi, sans qu'il passe en jugement. On ignore exactement ce qu'il advint de Paul par la suite, car là se termine le récit des Actes. On date de 58-60 son séjour à Césarée et du printemps 61 son arrivée à Rome. Certains auteurs pensent qu'il a finalement subi le martyre en 64, lors de la persécution de Néron, rapportée par Tacite. D'autres soutiennent qu'il a été acquitté, mais on est désormais dans le domaine de l'hypothèse. Libéré, Paul se serait rendu en Espagne, puis serait revenu en Orient, à Éphèse, en Macédoine et en Grèce : ce serait au cours de ces ultimes pérégrinations qu'il aurait rédigé sa Première Épître à Timothée et son Épître à Tite. Après la persécution de Néron, il aurait été arrêté en tant qu'appartenant à une secte tenue désormais pour criminelle. Ramené à Rome, tenu dans une dure captivité, il aurait eu un long procès avant d'être décapité sur la voie d'Ostie, vers 67. Ce serait pendant cette seconde captivité romaine qu'il aurait écrit sa Seconde Épître à Timothée. Cette reconstitution est établie d'après les trois épîtres précitées, dites « pastorales », un passage de l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée et saint Jérôme ; de nombreux critiques se refusent à accepter cette hypothèse, malgré ses aspects séduisants, et préfèrent ne pas conclure.

Toute la doctrine de saint Paul – qu'on peut considérer comme le premier théologien –, fondée d'une part sur la foi et la charité, d'autre part sur le Christ, Dieu vivant et rédempteur, est développée dans ses Épîtres.