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Fernand de Magellan

en portugais Fernão de Magalhães

Battista Agnese, mappemonde
Battista Agnese, mappemonde

Navigateur portugais (dans le nord du Portugal 1480-îlot de Mactan, près de l'île de Cebu, Philippines, 1521).

Famille

Sa famille est de petite noblesse portugaise.

Début de carrière

Il participe à l'expédition vers les Indes orientales de Francisco de Almeida en 1505 puis à la conquête de la route des épices par les Portugais.

Premiers succès

Projetant d'atteindre les Moluques (aujourd'hui Indonésie), par l'ouest, en contournant l'Amérique, il reçoit le soutien du roi espagnol Charles Ier, le futur Charles Quint.

Aboutissement

Parti de Séville en 1519, il réussit, après avoir traversé le détroit qui portera son nom puis l'océan Pacifique, à atteindre les Philippines, où il est tué par des indigènes en 1521.

Gloire posthume

Il est relayé par Juan Sebastián de Elcano, qui parvient aux Moluques en novembre 1521. Un seul des cinq navires de son expédition rentre en Espagne (1522), réalisant ainsi le premier tour du monde.

Magellan appartenait à la petite noblesse, mais l'on ne sait presque rien sur son enfance : il fut sans doute page à la cour de Lisbonne. En 1505, il participe à l'expédition vers les Indes orientales de Francisco de Almeida, le futur vice-roi des possessions portugaises. Le premier combat auquel il prend part se produit le 16 mars 1506 devant Cannanore. Magellan est peut-être blessé alors et rapatrié. Il est possible qu'il ait été de nouveau impliqué, dans des affrontements avec les Arabes de l'océan Indien, au début de 1509 : il aurait été encore blessé. Il participe en tout cas à la conquête de la route des épices par les Portugais : il est à Malacca le 11 septembre 1509 et échappe au guet-apens préparé par le sultan de la place. De cette expédition, il ramène un esclave, qui sera son plus fidèle compagnon, Henrique, et une amitié solide, celle de Francisco Serrão, auquel il a sauvé la vie.

En 1511, Albuquerque étant devenu le vice-roi des Indes portugaises, Magellan s'illustre lors de la prise de Malacca : le chemin des épices, vers les Moluques, est ouvert. Serrão est l'un de ceux qui sont chargés de terminer la tâche. Après un naufrage, il est recueilli par des navigateurs d'Amboine et se fixe à Ternate, où il devient le conseiller du souverain local. Il entre en correspondance avec Magellan : c'est alors que les deux amis imaginent, sans doute, de trouver une route nouvelle vers les Moluques.

1. Le projet

En 1512, Magellan est de retour à Lisbonne, où il peut mûrir son projet. Le service de la Couronne le conduit l'année suivante au Maroc, où il est blessé au genou dans une expédition contre les Maures : il claudiquera jusqu'à la fin de ses jours. Accusé de malversation, il prend sur lui de revenir se défendre devant son roi, sans passer par la voie hiérarchique : il est mal reçu par Manuel Ier, qui l'éconduira de nouveau lorsqu'il demandera une modeste réévaluation de sa pension.

Il se lie alors avec un cosmographe, Ruy Faleiro, avec lequel il développe son projet de voyage vers les Moluques. C'est sans doute de bonne foi, et non poussés par quelque ressentiment vis-à-vis de leur souverain, que les deux hommes en viennent à considérer que les Moluques dépendent plutôt de la couronne d'Espagne que de celle du Portugal : les bulles de 1493 et le traité de Tordesillas ne pouvaient être précis quant à la ligne partageant ces confins de l'Asie, que l'on imaginait proches de l'Amérique espagnole. Dès lors, ce n'est pas une trahison que de se tourner vers Charles Ier, le futur Charles Quint, pour mettre sur pied le nouvel itinéraire, qui utiliserait pour la première fois la rotondité de la Terre.

Magellan arrive à Séville en 1517 et se place sous la protection d'un Portugais passé au service de l'Espagne et devenu commandeur de l'ordre de Santiago, Duarte Barbosa (vers 1480-1521). Il peut ainsi entrer en rapport avec de hauts personnages, et en particulier avec Juan de Aranda, haut fonctionnaire très influent à la « Casa de Contratación », organisme qui traite les affaires des Indes. Finalement, Charles Ier lui accorde pour dix années l'exclusivité de la recherche qu'il préconise (22 mars 1518). La Couronne prend les frais à sa charge ; Magellan et Faleiro recevront le vingtième des revenus des terres découvertes.

Le voyage va être préparé activement, malgré les intrigues des Portugais, qui voudraient bien, maintenant, tenter de le faire remettre. Cinq navires sont confiés à Magellan, avec 265 hommes. Au dernier moment, on embarque l'Italien Antonio Pigafetta (1480 ou 1491-vers 1534), qui sera l'historiographe de l'entreprise et l'un des rares survivants. Le représentant du roi d'Espagne est Juan de Cartagena, commandant le San Antonio et avec lequel Magellan entretiendra très vite des rapports difficiles.

2. Le chemin du Pacifique

Le départ de Séville a lieu le 10 août 1519. Les approvisionnements complétés, on quitte Sanlúcar derrière la Trinidad, le vaisseau amiral, le 20 septembre. Les Canaries sont atteintes le 26. Après avoir suivi la côte d'Afrique, on traverse l'Atlantique, en affrontant de mauvaises tempêtes qui allument des feux Saint-Elme à la pointe des mâts. La côte brésilienne est en vue à la fin de novembre, vers le site de Recife. Le 13 décembre, la flotille entre dans la baie de Rio, puis, en janvier 1520, l’expédition pénètre dans le Río de la Plata. Mais le passage vers l'ouest reste introuvable et, le 31 mars, il faut s'arrêter pour hiverner sur la côte de Patagonie, par 49 ° de latitude, dans la baie de San Julián, bien au sud des latitudes auxquelles on pensait descendre. L'inquiétude de tous est grande, et Magellan doit faire face à un complot : le chef portugais n'a jamais été vraiment accepté par la majorité espagnole de ses officiers. Cartagena se rend maître de trois navires. Magellan reprend le dessus par la ruse : l'un des mutins, Luíz de Mendoza, est égorgé ; un autre, Gaspar de Quesada, est décapité. Le 24 août, Cartagena sera abandonné sur un littoral désert, avec un prêtre.

Le 18 octobre, quatre navires partent vers le sud (le cinquième s'est échoué). Dès le 21, le cap qui marque l'entrée du passage vers l'Ouest est atteint. Le 1er novembre, la petite flotte au complet entreprend de forcer ce détroit, auquel le nom du découvreur sera donné plus tard. Vingt-sept jours de navigation entre de sinistres falaises conduisent enfin à l'autre océan. Mais un second navire a disparu, le San Antonio, dont l'équipage s'est mutiné : son retour en Espagne (mai 1521) donnera les premières nouvelles de l'entreprise.

3. Vers les îles des épices

La navigation se déroule par mer calme, à tel point que Magellan dénomme « Pacifique » ce nouvel océan. Mais l'immensité du Pacifique semble ne laisser aucun espoir aux navigateurs : « Nous demeurâmes trois mois et vingt jours sans prendre vivres ni autres rafraîchissements et nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre, tout plein de vers et puant de l'odeur d'urine que les rats avaient fait dessus après avoir mangé le bon. » Le 6 mars 1521, enfin, une île est atteinte dans l'archipel des Mariannes : ses habitants montent à bord, commettent mille petits larcins. Un raid à terre leur apportera la terreur : sept naturels de cette « île des Larrons » seront massacrés.

Après dix jours de navigation, on parvient à l'une des Philippines (16 mars). Cette fois, les rapports sont bons avec les indigènes, et Magellan entreprend leur conversion : le roi et la reine de Cebu acceptent de se faire baptiser (14 avril), ainsi que de nombreux sujets (cependant, un village récalcitrant sera brûlé…). Il ne restera plus, tâche aisée, qu'à faire jurer aux néophytes « fidélité » au grand souverain d'Espagne. Mais, de ce fait, Magellan doit assurer des responsabilités dans des querelles locales : un vassal rebelle règne sur la petite île voisine de Mactan. Magellan y débarque avec 59 hommes. Les insulaires contre-attaquent vivement les intrus, qui sont submergés. Le 27 avril, Magellan est atteint à la jambe. Alors, « un Indien lui jeta une lance de canne envenimée au visage qui le tua tout raide ».

4. Le retour de Elcano en Espagne

Les rescapés reprennent leur périple, abandonnant un des navires, et le Basque Juan Sebastián de Elcano (1476-1526) impose son autorité. Les Moluques sont atteintes en novembre. Mais la Trinidad n'est bientôt plus en état de poursuivre sa navigation : de longues réparations lui sont nécessaires, et elle sera capturée plus tard par les Portugais. À partir du 12 décembre 1521, Elcano revient sur la petite Victoria.

En mai 1522, il réussit à franchir le cap de Bonne-Espérance, contourne l'Afrique et parvient à Sanlúcar le 6 septembre. Le premier tour du monde a demandé presque trois années. Dix-huit hommes parvinrent à revenir à Séville.