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Lettonie

en letton Latvija

Nom officiel : République de Lettonie

Carton de situation - Lettonie
Drapeau de la Lettonie
Drapeau de la Lettonie

État d'Europe nord-orientale, faisant partie des pays Baltes, la Lettonie est baignée à l'ouest par la mer Baltique (au nord-ouest par le golfe de Riga) ; elle est bordée au nord par l'Estonie, à l'est par la Russie et au sud par la Biélorussie et la Lituanie.
La Lettonie est membre de l'Union européenne et de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

  • Superficie : 64 000 km2
  • Nombre d'habitants : 2 050 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Lettons
  • Capitale : Riga
  • Langue : letton
  • Monnaie : euro
  • Chef de l'État : Raimonds Vejonis
  • Chef du gouvernement : Laimdota Straujuma
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Adoption : 15 février 1922
    • Entrée en vigueur : remise en vigueur le 6 juillet 1993
    • Révision : décembre 1997
Pour en savoir plus : institutions de la Lettonie

GÉOGRAPHIE

C'est un pays plat, au climat frais, en partie forestier, associant quelques cultures (orge, pomme de terre) à l'élevage (bovins, porcins). Outre l’exploitation du bois (papier), l’industrie est représentée par les constructions mécaniques et électriques. La Lettonie, fortement urbanisée (Riga concentre près du tiers de la population totale), est peuplée d'une faible majorité de Lettons de souche et compte environ un tiers de Russes. Son intégration dans l'Union européenne a dynamisé l'économie, toutefois gravement touchée depuis 2007 par la crise mondiale.

Située en grande partie dans le bassin de la Dvina occidentale, la Lettonie occupe une position médiane entre les autres pays Baltes. L'altitude moyenne est partout inférieure à 300 m, mais la topographie de détail est accidentée par des dunes maritimes, des moraines et de nombreuses cuvettes lacustres.

Les Lettons « de souche », descendants des premiers occupants des rives de la Baltique, représentaient 56 % de la population du pays en 1998, la présence russe étant plus sensible en Lettonie que dans les deux autres États baltes. La population est urbaine aux deux-tiers et plus d'un tiers des habitants résident dans la capitale, Riga.

Sous un climat humide et frais, les forêts (conifères et feuillus) couvrent d'importantes superficies. Moins de 40 % du territoire sont consacrés à l'agriculture. Pratiqué sur des prairies naturelles, l'élevage obtient de bons résultats (il représente 90 % de la production agricole en valeur). Le potentiel des ressources minérales est très limité. L'équipement hydroélectrique de la Dvina assure 40 % de la consommation totale d'électricité du pays. L'industrie lourde (machines-outils, chemin de fer), autrefois tournée vers le marché soviétique, a beaucoup souffert de la réorientation vers des débouchés occidentaux. Le pays se reconvertit actuellement dans l'industrie légère et les services.

Les ports de Liepaja et de Ventspils, toujours libres de glace, assurent une importante fonction de transit pour des marchandises en provenance de la Russie et d'autres pays de la CEI. La Lettonie a fait son entrée dans l'Union européenne en 2004.

Touchée par la crise financière internationale, qui a entraîné une forte récession, la Lettonie a bénéficié en 2009 d'une aide du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne. Le taux de chômage des hommes dépasse alors les 20 % (le double chez les jeunes, qui sont nombreux à émigrer).

La Lettonie devient le dix-huitième membre de la zone euro en 2014.

HISTOIRE

L'actuelle Lettonie est occupée au début de l'ère chrétienne par un mélange de peuples du groupe finno-ougrien et du groupe balte (Coures, Latgales, Sèles, Zemgales) qui sont rejoints par des Finnois, les Lives, qui s'installent sur la côte, au nord de la Dvina. Ces peuples fusionnent en un seul groupe ethnique après la conquête de la région par les Germains à l'époque médiévale.

1. La christianisation tardive du pays

Un évêché catholique est créé en 1186 au profit du moine allemand Meinhard, et un évêché orthodoxe en 1199. En 1201, l'évêque Albert de Buxhoeveden fonde la ville de Riga. Il établit aussi l'ordre des chevaliers Porte-Glaive (1202) qui, avec celui des chevaliers Teutoniques, achève la christianisation de la Lettonie durant le xiiie siècle et implante des forteresses autour desquelles se développent les villes.

C'est alors que se constitue le groupe terrien germanique des « barons baltes » qui réduit les Lettons en servitude et qui se maintiendra jusqu'au début du xxe siècle sous les différentes dominations qui se succèdent en Lettonie (polonaise, suédoise, russe).

Jusqu'en 1561, la Lettonie reste soumise à l'ordre Teutonique, qui scinde alors le pays en deux : la Livonie devient partie intégrante de la Lituanie et la Courlande forme un duché donné au dernier grand maître de l'ordre livonien, Gotthard Kettler, mais sous suzeraineté polonaise. La Suède s'empare du pays (prise de Riga, 1621), qui passe à la religion luthérienne.

Au cours du xviiie siècle, la Russie occupe la Livonie (1710). En 1795, le troisième partage de la Pologne lui donne également la Courlande. Toute la Lettonie est alors sous l'emprise russe.

2. Les tentatives d'indépendance

Pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands s'emparent successivement de la Courlande (1915), de Riga (1917) et de la Livonie (1918).

Après la défaite allemande, un Conseil national proclame le 18 novembre 1918 l'indépendance de la Lettonie. Les Soviétiques attaquent, prennent Riga et établissent un gouvernement communiste, pendant que le gouvernement du Premier ministre Karlis Ulmanis se réfugie à Liepaja sous la protection des forces navales britanniques. Les corps francs allemands du général von der Goltz reprennent Riga en mai 1919 et y installent un gouvernement pro-allemand. En juillet 1919, Ulmanis, avec l'aide des Alliés, reprend Riga. En 1920, la Lettonie est complètement évacuée et les Soviétiques reconnaissent son indépendance au traité de Riga (11 août).

Ayant réalisé la réforme agraire qui liquide la domination des barons baltes, la Lettonie se dote d'une Constitution démocratique (1922). Mais l'instabilité politique chronique provoque le coup d'État d'Ulmanis le 15 mai 1934. Il cumule les pouvoirs de vadonis (chef), de président de la République et de Premier ministre.

3. La République soviétique de Lettonie (1940-1985)

À la suite du pacte germano-soviétique, la Lettonie entre dans la sphère d'influence soviétique. Le 16 juin 1940, l'URSS envahit le pays, qui est proclamé république soviétique (21 juillet) et incorporé à l'URSS (5 août), tandis qu'Ulmanis et 35 000 Lettons sont déportés en Sibérie. Les troupes allemandes réoccupent la Lettonie de 1941 à 1944, mais les Soviétiques entrent à Riga le 13 octobre 1944 et rétablissent la république socialiste.

De 1945 à 1985, la République soviétique de Lettonie, occupée, puis décimée par les purges staliniennes, paraît, vue de l'étranger, être devenue une république socialiste comme les autres. En dépit d'une poussée de « nationalisme bourgeois » au sein du parti communiste, en 1959, le pays semble, au début des années 1980, être sur la voie d'une complète soviétisation.

Cependant, la ferveur nationale survit dans la clandestinité. L'année 1985 et l'avènement de la perestroïka marquent le début du réveil. En quelques années, la détente politique permet l'émergence d'un vaste et puissant mouvement populaire, national, démocratique et écologiste qui, en 1988, se cristallise dans le Front populaire letton, ralliant la plupart des Lettons et de nombreux slavophones.

4. La Lettonie à nouveau indépendante (1991)

4.1. Proclamation de l'indépendance et premières élections libres

Après l'échec du putsch de Moscou et la dislocation consécutive de l'URSS, c'est ce Front populaire letton qui conduit le pays à l'indépendance, proclamée le 21 août 1991. De 1991 à 1993, le pays, assez désemparé, se cherche et se reconstruit sous la direction du dynamique président du Parlement, Anatolijs Gorbunovs. À la suite des premières élections législatives libres, organisées en juin 1993, Guntis Ulmanis, membre du parti paysan et neveu de l'ancien président Karlis Ulmanis, devient président de la République. Il poursuit la politique réformiste et pro-occidentale initiée par Anatolijs Gorbunovs et obtient le départ des dernières troupes russes, en août 1994. Il sera réélu pour un second mandat en 1996.

4.2. Le maintien d'un populisme droitier

En dépit d'un contexte économique encourageant (la monnaie est stable et les investisseurs étrangers sont nombreux), les partis populistes continuent en effet à jouer un rôle important dans la vie politique lettonne. Dès 1995, on observe déjà un infléchissement de l'opinion vers la droite nationaliste : aux élections législatives du 1er octobre 1995, deux formations populistes (le parti Saimnieks et le Mouvement populaire pour la Lettonie, parti de Joahims Zīgerists) ont en effet effectué une percée révélatrice. On note ainsi le maintien en Lettonie d'une sensibilité ultra droitière chez une partie de l'opinion publique, conduisant nombre d'anciens communistes à voter pour des candidats nationalistes et démagogues, à la fois par crainte envers Moscou et par déception vis-à-vis de l'Occident, dont on avait beaucoup attendu.

Aux élections législatives du 3 octobre 1998, les partis de droite et du centre, favorables à l'économie de marché et à l'Union européenne, confirment leur domination dans le paysage politique letton. Le parti du Peuple arrive en tête avec 21 % des suffrages ; cette nouvelle formation a été créée en mai 1998 par Andris Šķēle, Premier ministre de 1995 à 1997, puis à nouveau de 1999 à 2000.

4.3. L'héritage humain du régime soviétique

Avec les nombreuses arrivées de « migrants » à l'époque soviétique, la Lettonie, – la plus russifiée des trois républiques baltes –, compte 30 % de Russes (12 % en 1935), 4 % de Biélorusses et 3 % d'Ukrainiens. Parmi ces minorités, 650 000 personnes, soit 28 % de l'ensemble de la population, n'ont pas la citoyenneté lettonne.

La loi sur la citoyenneté – tardivement introduite le 22 juillet 1994 après trois ans de débats – conditionne l'obtention de celle-ci à la réussite d'un examen linguistique et sur l'histoire nationale, ce qui restreint le nombre de demandes de naturalisation (7 170 dossiers déposés en 1995-1996), par ailleurs coûteuses. Pour y remédier, les autorités décident d'émettre des « passeports de non-citoyens », reconnus par les États voisins. Cette mesure procure une certaine détente au sein de la communauté russophone. Mais les non-citoyens souffrent de discriminations, notamment en matière d'emploi.

En 1998, les menaces de sanctions économiques que Moscou fait peser incitent le Parlement letton assouplir la loi sur la citoyenneté, en adoptant un amendement qui prévoit la naturalisation automatique des enfants nés dans la République après août 1991 et la suppression du dispositif de quotas par tranche d'âge. Répondant ainsi aux recommandations de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), cette modification de la loi est adoptée par référendum le 3 octobre 1998. L'enjeu du vote, qui se tient en même temps que des élections législatives où les nationalistes, au pouvoir, semblent en position de force, est le rapprochement de la Lettonie avec l'Union européenne (UE) et l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), ainsi que la normalisation de ses relations avec la Russie.

4.4. Vers l'intégration euro-atlantique

Le 17 juin 1999, Vaira Vīķe-Freiberga, inconnue des Lettons et affiliée à aucun parti politique, est élue présidente de la République par le Parlement, devenant ainsi la première femme chef d'État en Europe orientale. Malgré des pouvoirs limités (qui incluent la nomination du Premier ministre), cette pro-européenne acquiert rapidement une grande popularité (elle sera facilement réélue pour un deuxième mandat, en 2003) et met tout en œuvre pour réaliser l'adhésion de son pays à l'Union européenne et à l'OTAN

En quelques années, l'occidentalisation (notamment les privatisations) à marche forcée transforme profondément le pays. Les gouvernements successifs (Guntar Krasts [1997-1998], Vilis Krištopans [1998-1999], Andris Šķēle [1999-2000]), préparent activement le pays à son adhésion à l'Union européenne, avec laquelle s'opèrent désormais plus de 50 % des échanges économiques. Au sommet d'Helsinki de décembre 1999, la Lettonie est intégrée officiellement dans le processus de négociations sur l'élargissement de l'Union.

Parallèlement, se met en place une société politique très fragmentée (une vingtaine de partis) que plusieurs fusions ou alliances simplifient très progressivement. Six principaux blocs politiques parviennent ainsi à entrer au Parlement mais aucun n’obtenant la majorité des voix, de fragiles coalitions doivent être constituées.

En place depuis mai 2000, le gouvernement dirigé par Andris Bērzīņš (Voie lettonne, LC), ancien maire de Riga, s'appuie sur une coalition de trois partis détenant 64 des 100 sièges du Parlement : le parti du Peuple (TP), Voie lettonne et l'Union pour la patrie et la Liberté (TB/LNNK). Le gouvernement Bērzīņš jouit d'une popularité certaine au sein de la population, en raison de la croissance économique soutenue. La principale formation de l'opposition, le parti social-démocrate des travailleurs, voit cinq de ses membres démissionner, en janvier 2002, pour créer un nouveau parti de centre gauche, l'Union sociale-démocrate.

4.5. Une instabilité politique chronique (2002-2009)

Einars Repše et l'entrée de la Lettonie dans l'UE et dans l'OTAN

Le parti de centre droit Nouvelle Ère (fondé en février 2002) de l'ancien gouverneur de la Banque centrale, Einars Repše, favorable à l'entrée de son pays dans l'Union européenne et dans l'OTAN, gagne les élections législatives d'octobre 2002 en remportant 26 sièges au Parlement. La coalition Pour les droits de l'homme dans une Lettonie unie (PCTVL), alliance de trois formations de gauche de la minorité russophone, obtient 24 sièges et rejoint désormais l'opposition. Nommé Premier ministre par la présidente lettonne, E. Repše forme un gouvernement de coalition de centre droit rassemblant Nouvelle Ère, le Premier parti de Lettonie (LPP), l'Union des Verts et des paysans (ZZS) et l'Union pour la patrie et la liberté/Mouvement pour l'indépendance nationale de la Lettonie (TB/LNNK). Pour la première fois depuis l'indépendance, cette coalition parvient à se maintenir plus d'un an au pouvoir.

Lors des sommets de Prague (novembre 2002) et de Copenhague (décembre 2002), la Lettonie est appelée à rejoindre l'OTAN (entrée effective en mars 2004), et l'Union européenne à partir de mai 2004. Le 21 septembre 2003, les Lettons approuvent par référendum l'adhésion de leur pays à l'UE par 67 % des voix.

Indulis Emsis (février-décembre 2004)

Ne détenant que 55 sièges au Parlement, la coalition demeure très fragile et les dissensions sont croissantes. Privé du soutien du Premier parti de Lettonie, Einars Repše démissionne en février 2004, entraînant avec lui la chute de son gouvernement. Indulis Emsis, vice-président de l'Union des Verts et des paysans, est nommé Premier ministre. En mars, le Parlement approuve un gouvernement minoritaire de coalition de centre droit, dirigé par le premier chef de gouvernement écologiste d'Europe.

L'instabilité prévaut sur la scène politique et les tentatives pour faire tomber le gouvernement sont nombreuses, qu'elles viennent des formations pro-russes qui s'opposent à la politique lettonne de l'éducation (la promulgation, le 10 février 2004, d'une loi obligeant les écoles, y compris russes, à prodiguer au moins 60 % de l'enseignement en langue lettonne, suscite des protestations de Moscou auprès de l'OSCE), ou de l'opposition, et notamment de Nouvelle Ère, qui tente de revenir au pouvoir.

Aigars Kalvītis (décembre 2004-décembre 2007)

Clôturant une campagne centrée sur le droit des minorités, les premières élections parlementaires européennes du 12 juin, marquées par un taux de participation faible, sont également une sanction pour la coalition au pouvoir, dont seul le parti du Peuple parvient à remporter un siège tandis que le TB/LNNK et Nouvelle Ère en obtiennent 6 sur 9.

À la suite de l'éclatement le 28 octobre 2004 de la coalition dirigée par I. Emsis, Aigars Kalvītis (parti du Peuple), nommé Premier ministre par la présidente, forme une nouvelle coalition de centre droit, composée des trois formations membres de la précédente coalition, auxquelles se joint Nouvelle Ère (le retrait de cette dernière, en avril 2006, mettra la coalition en minorité au Parlement sans toutefois provoquer la chute du gouvernement). À la suite de la courte victoire de la coalition gouvernementale sortante aux législatives d'octobre 2006, A. Kalvītis est reconduit, pour la première fois depuis l'indépendance, dans ses fonctions de Premier ministre.

Cependant, cette relative et éphémère stabilité n'est pas suffisante pour masquer la corruption qui gangrène le pays. En outre, en dépit d'une croissance spectaculaire, la Lettonie demeure le plus pauvre des États membres, accusant en outre un grave déclin démographique dû à la conjonction d'un faible taux de natalité et d'une forte émigration.

Jusqu'à la fin de son mandat, la présidente V. Vīķe-Freiberga, apparaissant comme le seul véritable garant de l'ordre moral, ne ménage pas ses efforts pour lutter contre l'affairisme et rappeler à l'ordre les oligarques lettons. Unique chef d'État balte à se rendre à l'invitation de Moscou pour la commémoration, le 9 mai 2005, de la victoire de l'Armée rouge en 1945, la présidente lettonne saisit cette occasion pour rappeler le sort des victimes du communisme. Élu le 31 mai par le Parlement, Valdis Zatlers, un candidat de compromis, lui succède au poste de président.

Accusé de dérive autoritaire et sous la pression d'importantes manifestations, A. Kalvītis démissionne en décembre 2007. Son successeur, Ivars Godmanis, co-président du Premier parti de Lettonie – Voie lettonne (LPP/LC, nouvelle coalition créée en 2006) – doit aussi renoncer à son poste en février 2009 face aux répercussions de la crise financière internationale.

4.6. Crise financière et recomposition politique (2009-2014)

Premier cabinet Dombrovskis (mars 2009-octobre 2010)

Alors que la Lettonie est désormais au bord de la faillite, l'eurodéputé et ancien ministre des Finances, Valdis Dombrovskis (Nouvelle Ère), obtient le soutien de cinq partis sur huit, sa tâche prioritaire étant de négocier la poursuite du plan de sauvetage mis en place par le Fonds monétaire international (FMI) et l'UE.

Aux élections européennes de juin 2009 – marquées par une augmentation de la participation de 43,3 % à 53,7 %, taux le plus élevé parmi les trois pays baltes –, la liste Union civique conduite par l'ex-ministre des Affaires étrangères Sandra Kalniete, remporte 24,3 % des suffrages, un succès pour cette formation politique membre de la coalition gouvernementale et créée par des dissidents du parti Nouvelle Ère ; mais ce dernier qui avait obtenu 19,7 % des voix en 2004, n'en recueille plus que 6,6 %, tandis que le TB/LNNK (droite conservatrice) recule de 29,8 % à 7,4 % des suffrages. C'est le Centre de l'Harmonie (Saskaņas centrs), créé en 2005 et devenu depuis les élections de 2006 la principale force de l’opposition (social-démocrate) en étant soutenue avant tout, mais pas exclusivement, par la minorité russophone, qui réalise une percée en obtenant 19,5 % des voix, suivi du PCTVL, l'autre parti russophone, plus radical et pro-russe (9,6 %).

Aux élections municipales organisées le même jour, le Centre de l'Harmonie remporte également une victoire éclatante à Riga où il rassemble plus de 34 % des suffrages devant l'Union civique (18,9 %) et forme une coalition avec le LPP/LC (15 % des voix). Le maire sortant Janis Birks (TB/LNNK défait dans la capitale) laisse sa place au chef du Saskanas centrs, Nils Ušakovs.

En dépit de ces résultats peu favorables aux partis de la coalition au pouvoir, le Parlement – se pliant aux exigences de l'UE et du FMI – adopte un très sévère programme de rigueur budgétaire prévoyant notamment des coupes de 20 % dans les salaires de la fonction publique et de 10 % pour les retraites avant d'obtenir le déblocage de la seconde tranche d'aide financière.

La crise économique incite les partis à se réorganiser et à parvenir à davantage de stabilité gouvernementale. En mars 2010, les trois principaux partis de centre droit au pouvoir dont Nouvelle Ère et l’Union civique décident ainsi de se rassembler dans une nouvelle coalition, baptisée « Unité ». Cette dernière arrive en tête des élections législatives d’octobre avec plus de 31 % des suffrages et 33 sièges devant le Centre de l’Harmonie (plus de 26 % et 29 sièges), l’Union des Verts et des Paysans (ZZS, 19,6 %, 22 sièges), la récente Alliance nationale Tout pour la Lettonie (VL)-TB/LNNK (nationaliste-conservatrice, créée à la veille du scrutin, 7,6 %, 8 sièges) et l’union « Pour la Lettonie » fondée en juin principalement par le LPP/LC et le TP (7,6 %, 8 sièges), le PCTVL étant éliminé du Parlement avec moins de 2 % des voix.

Second cabinet Dombrovskis (novembre 2010-juillet 2011)

Le Premier ministre sortant V. Dombrovskis forme alors un gouvernement avec l’Union des Verts et des Paysans, qui, recevant également le soutien sans participation des nationalistes du VL-TB/LNNK, , est investi par le Parlement le 3 novembre. Mais à l’appel du président Zatlers – qui fonde sous son propre nom un nouveau « parti de la Réforme » alors que lui succède Andris Bērziņš (sans lien de parenté avec l'ex-Premier ministre de 2000 à 2002) en juillet 2011 –, les Lettons se prononcent en juin en faveur d’une dissolution du Parlement qui avait refusé de lever l’immunité parlementaire d’un député poursuivi pour corruption.

Troisième cabinet Dombrovskis (octobre 2011-janvier 2014)

Le 17 septembre, le Centre de l’Harmonie revient en tête du scrutin avec plus de 28 % des suffrages et 31 sièges devant le nouveau parti de la Réforme (20,8 % des voix et 22 sièges) et Unité (18,8 % et 20 sièges). Malgré cette avance, accusé d’entretenir des liens trop étroits avec Moscou, il est écarté du pouvoir et V. Dombrovskis est reconduit en octobre à la tête d’un gouvernement de coalition rassemblant Unité, le parti de la Réforme et l’Alliance nationale après un accord sur un nouveau plan d’austérité budgétaire. En dépit du poids politique de la minorité russophone, plus de 70 % des électeurs votent contre l'octroi au russe du statut de seconde langue officielle lors d’un référendum tenu en février 2012, une nouvelle défaite pour le parti Harmonie qui, pour la seconde fois, remporte la mairie de Riga lors des élections municipales de juin 2013 devant les nationalistes-conservateurs et Unité. Par ailleurs, les « non citoyens » (Nepilsonis représentant toujours environ 300 000 personnes, pour la plupart d’ex-citoyens soviétiques n’ayant pas été naturalisés, en grande majorité ethniquement russes) tentent de faire entendre leur voix lors d’un congrès organisé en mars.

En novembre 2013, reconnaissant la responsabilité des pouvoirs publics dans l’écroulement d’un supermarché ayant entraîné la mort d’une cinquantaine de personnes, le Premier ministre présente sa démission après avoir exercé le pouvoir pendant près de cinq ans, un record de longévité depuis l’indépendance de la Lettonie. La ministre de l’Agriculture Laimdota Straujuma lui succède en janvier 2014 et forme un nouveau gouvernement avec le soutien d’une coalition de centre droit renforcée.

4.7. Stabilisation économique et politique

Considérée comme un « bon élève » de l’UE, la Lettonie parvient à redresser la situation économique et sociale très critique de 2008-2009. Après la forte récession de 2009 (–17,7 %), l’économie retrouve la croissance à partir de 2011 (5,3 %). Fort de ses résultats économiques et financiers qui le placent sur la voie de l’équilibre budgétaire (avec un déficit ramené de 9 % à 0,9 % du PIB à la fin 2013), le pays est admis dans la zone euro en janvier 2014. Cette embellie, due à l’augmentation des exportations et à la reprise de l’investissement avant celle de la consommation en 2013, a cependant eu lieu au prix notamment d’importantes compressions salariales, ainsi que d’une réduction de certaines dépenses sociales. Si le taux de chômage a été réduit de 19,5 % en 2010 à environ 11 % en 2013-2014 (mais le double chez les jeunes), il reste en grande partie structurel, tandis que l’émigration des 20-39 ans a connu un bond depuis le déclenchement de la crise.

Après des élections européennes marquées par une très faible participation (30 %) contrairement à celles de 2009, le scrutin législatif du 4 octobre 2014 se solde par la victoire de la coalition de centre droit au pouvoir mais l’abstention, en hausse régulière depuis l’indépendance, continue d’augmenter. Si le parti Harmonie conserve sa première place, avec 23 % des voix et 24 députés, il recule par rapport aux élections de 2011, ce qui pourrait s’expliquer par ses positions pro-russes (son refus de condamner l’annexion de la Crimée notamment), alors que les tensions en Ukraine ont renforcé le sentiment national dans les pays Baltes. Unité (auquel s’est rallié l’éphémère parti de la Réforme) vient en seconde position (21,9 % des suffrages et 23 sièges) devant l’Union des Verts et des Paysans (ZZS) qui retrouve son audience de 2010 (19,5 %) et la droite nationaliste (Alliance nationale, VL-TB/LNNK) qui augmente également son score (16,6 %). Deux toutes nouvelles formations, « Du Cœur pour la Lettonie » (centre gauche) et l’Union des régions de Lettonie, font leur entrée au Parlement avec près de 7 % des suffrages chacune. Laimdota Straujuma est reconduite à la tête d’un gouvernement de coalition réunissant Unité, le VL-TB/LNNK et le ZZS le 4 novembre. Le 1er janvier 2015, la Lettonie assure sa première présidence du conseil de l'Union européenne.