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diaspora

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Consulter aussi dans le dictionnaire : diaspora

diaspora
nom féminin
(grec diaspora, dispersion)

Cet article fait partie du DOSSIER consacré au judaïsme.

 (avec une majuscule) Dispersion hors de Palestine des juifs exilés ; ensemble des communautés juives dispersées à travers le monde.

La Diaspora, ou dispersion des juifs, a commencé lors de l'Exil à Babylone, au VIe s. avant J.-C. Elle s'est accentuée après la conquête du royaume de Judée par les armées romaines qui s'achève par la destruction de Jérusalem en 70 après J.-C. et le départ de la plupart des juifs hors de Palestine. Sous l'Empire romain, les Juifs préservent leur identité comme peuple séparé, grâce au respect de la loi religieuse (règles alimentaires, refus du mariage avec les « Gentils », etc.). Cette spécificité du peuple juif est admise par les Romains, qui n'obligent pas les juifs à pratiquer le culte impérial, à la différence des autres populations de l'Empire.

Au Moyen Âge et à l'époque moderne, les principales communautés de la diaspora sont les Juifs ashkénazes (« allemand » en hébreu, en référence au foyer initial de cette diaspora en Rhénanie), qui vivent en Europe centrale et orientale, et les Juifs sépharades (« espagnol » en hébreu) installés surtout en Espagne, puis, après leur expulsion de ce pays en 1492, dans les pays musulmans du pourtour méditerranéen et en Italie. Les Ashkénazes développent à partir du IXe s. une langue propre dérivée de l'allemand, le yiddish (déformation du mot deutsch, allemand), qui a produit une importante littérature. Quant aux Sépharades, ils parlent le judéo-espagnol et le judéo-arabe.

La réalisation du projet sioniste à partir de la fin du XIXe s. – et surtout après la création de l'État d'Israël en 1948 – a sensiblement amoindri le judaïsme diasporique. Néanmoins, une majorité de juifs continue aujourd'hui de vivre hors des frontières d'Israël. En effet, si la population de l'État israélien s'élève à quelque 5 millions d'habitants, 60 % de la communauté juive est encore répartie à travers le monde, la plus importante population étant installée aux États-Unis (environ 5,2 millions de personnes).

Par analogie avec la diaspora du peuple juif, on parle aujourd'hui de diaspora à propos de groupes ethniques dispersés par l'histoire, tel le peuple arménien après le génocide de 1917-1920, voire, dans un sens affaibli, à propos de membres d'un groupe majoritaire dans un pays où ils constituent une minorité.