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sionisme

(de Sion, nom propre)

Theodor Herzl
Theodor Herzl

Mouvement dont l'objet fut la constitution, en Palestine, d'un État juif.

L'espérance du retour du peuple juif en Palestine est une donnée constante de la pensée juive : elle est associée à l'idée d'avènement messianique. Au Moyen Âge, à l'époque de la Renaissance et encore au xviiie s., de nombreux rabbins vont se fixer en Terre sainte, et l'idée de la restauration de l'État juif n'est pas étrangère à certains chrétiens, comme le prince de Ligne et Bonaparte.

Le « réveil des nationalités » au xixe s. est une des circonstances favorables au réveil du nationalisme juif ; le déchaînement des pogroms en Russie, à partir de 1881, en est un stimulant décisif ; c'est ainsi que des étudiants juifs de Kharkov fondent, en 1882, le groupe Bilou, qui est à l'origine de l'établissement de villages en Palestine ; en 1894, les communautés agricoles juives groupent environ 4 000 personnes.

C'est avec le journaliste viennois Theodor Herzl qu'apparaît, dans le sillage de l'affaire Dreyfus, un mouvement mondial sioniste ayant une stratégie politique : le livre de Herzl l'État juif (1896) et son journal Die Welt (1897) constituent les véhicules d'une idée qu'il essaie de faire triompher lors de la réunion, à Bâle, du Ier Congrès sioniste mondial (29-31 août 1897). Ce congrès crée une Organisation sioniste mondiale et élit un comité exécutif permanent, qui a son siège à Vienne. Lors du Ve Congrès sioniste (1901) est créé le Fonds national juif pour le rachat des terres en Palestine. Mais Theodor Herzl se heurte à un grand nombre de difficultés, qui ne s'aplaniront quelque peu qu'après la défaite turque et la victoire des Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale. Dès le 2 novembre 1917 a été publiée la déclaration Balfour qui envisage favorablement la création d'un foyer national juif en Palestine ; cependant, dès 1921, le haut-commissaire britannique en Palestine, soucieux de calmer les Arabes, suspend un moment l'immigration juive. Le sionisme se réorganise alors (création de l'Agence juive, 1929) et se montre très actif, donnant son second souffle à l'immigration juive en Palestine. Celle-ci est de nouveau limitée par les Britanniques, alors que de nombreux conflits opposent Arabes et Juifs (1929-1938). Londres finit par imposer, le 17 mai 1939, sa propre solution : celle-ci, d'une part, limite à 75 000 le nombre de Juifs qui seront admis entre 1939 et 1944 ; d'autre part, elle décide que la Palestine deviendra, dans les dix ans, un État autonome ne comptant que 30 % de Juifs. Rejetée par les Juifs, cette solution est, malgré le développement de la Seconde Guerre mondiale, appliquée par les Britanniques. Ceux-ci s'efforcent d'empêcher une immigration juive clandestine qui grossit au lendemain de la Shoah et est favorisée par les États-Unis. Mais les Britanniques, qui cherchent à garder l'amitié des États arabes, entrent mal dans ce jeu. Si bien que les mouvements juifs extrémistes (Irgoun, groupe Stern) répondent à la répression par des attentats auxquels la puissance mandataire réplique par la loi martiale. Finalement, le rêve sioniste se réalise lorsque l'État d'Israël est officiellement créé en mai 1948.