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maison de Condé

Le Grand Condé
Le Grand Condé

Branche de la maison de Bourbon.

Elle est issue de Louis Ier de Bourbon, 1er prince de Condé (Vendôme 1530-Jarnac 1569), fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme et frère d'Antoine de Bourbon. Après la mort d'Henri II, il se pose en défenseur des calvinistes. Prince du sang, il est surtout avide d'une reconnaissance politique digne de son rang, d'abord en face des Guises qu'il considère comme usurpateurs des droits de sa maison, puis sous la régence de Catherine de Médicis. Contre les Guises, il fomente la conjuration d'Amboise (1560), qui se solde par un échec. Après le massacre de Wassy (1562) par le duc de Guise, il entre en révolte ouverte : alors que derrière lui, se masse la clientèle nobiliaire, il s'empare d'Orléans, où il rassemble une armée protestante, déclenchant ainsi la première guerre de Religion. Fait prisonnier à la bataille de Jarnac, il est traîtreusement assassiné par le sieur de Montesquiou (13 mars 1569).

Pour en savoir plus, voir l'article guerres de Religion.

Son fils Henri Ier de Bourbon, 2e prince de Condé (La Ferté-sous-Jouarre 1552-Saint-Jean-d'Angély 1588), gouverneur de Picardie (1572), est reconnu après sa mort chef du parti protestant conjointement avec Henri de Navarre (futur → Henri IV), à la mort de son père. Il avait épousé en 1571 Marie de Clèves.

Henri II de Bourbon, 3e prince de Condé (Saint-Jean-d'Angély 1588-Paris 1646), fils posthume du précédent. Considéré comme l'héritier présomptif de la Couronne jusqu'à la naissance du futur Louis XIII (1601), il dirige l'opposition des Grands sous la régence de Marie de Médicis. Entré au Conseil après le traité de Loudun (3 mai 1616), il est arrêté et enfermé (septembre 1616-1619). Rallié à Richelieu, il participe à la lutte contre les protestants en Languedoc (1627-1629). Pourvu de trois gouvernements (Berry, Bourbonnais, Bourgogne), il reçoit de Louis XIII le château de Chantilly (1643). De son mariage avec Charlotte de Montmorency (1609), il eut Louis II, prince de Condé, Armand, prince de Conti, et Anne Geneviève, duchesse de Longueville.

Louis II de Bourbon, 4e prince de Condé, dit le Grand Condé (Paris 1621-Fontainebleau 1686), fils du précédent. Il porte le titre de « duc d'Enghien » jusqu'à la mort de son père (1646). Dès l'âge de 15 ans, son père l'initie au gouvernement de la Bourgogne, qu'il assurera de fait à partir de 1638. En 1640, il prend part à son premier combat à Arras. En 1641, il doit épouser contre son gré Claire Clémence de Maillé-Brézé, nièce du cardinal de Richelieu.

Distingué par le cardinal, il se voit confier le commandement de l'armée de Picardie chargée d'arrêter les Espagnols, qui organisent une grande offensive en direction de Paris en 1643 : le 19 mai, le jeune duc d'Enghien écrase la « redoutable infanterie » des tercios à Rocroi. Cette victoire, qui annonce la prééminence française militaire, fait de lui la gloire incontestée du moment.

Avec Turenne, il remporte la bataille de Fribourg (1644), qui entraîne l'occupation de toute la rive gauche du Rhin (de la Suisse à Mayence), puis celle de Nördlingen (1645) sur les Bavarois. Devenu prince de Condé (1646), il bat les Espagnols à Lens (1648), victoire qui décide de la capitulation de l'empereur et de la signature des traités de Westphalie.

Lors de la Fronde parlementaire, Condé est le bras armé de Mazarin : en 1649, il fait le blocus de Paris et oblige les parlementaires à composer (paix de Rueil). Condé, alors au faîte de sa gloire, ambitionne le pouvoir et songe à remplacer Mazarin. Mais, en janvier 1650, Anne d'Autriche le fait arrêter et enfermer à Vincennes, puis au Havre avec son frère Conti et son beau-frère Longueville. Libéré l'année suivante par Mazarin, il prend la tête de la Fronde des princes. Installé à Bordeaux, il traite avec l'Espagne, gagne à sa cause le Berry, le Poitou, l'Anjou, l'Aunis, la Saintonge, la Guyenne et la Provence, puis marche sur Paris. Tenu en échec par Turenne à Bléneau (1652), battu sous les murs de Paris, au combat du faubourg Saint-Antoine (juillet 1652), il est sauvé par l'intervention de la Grande Mademoiselle, qui fait tirer les canons de la Bastille sur les troupes royales et lui ouvre les portes de la capitale. Rentré dans Paris, Condé s'appuie sur le menu peuple exaspéré par la disette, se brouille avec la bourgeoisie et les magistrats, et se trouve bientôt sans autorité dans la capitale, qui négocie avec la Cour. En octobre, il s'enfuit aux Pays-Bas et se met au service de l'Espagne.

Déchu de tous ses biens, titres et fonctions, il est condamné à mort (1654). Pendant 4 ans, le vainqueur de Rocroi dévaste le nord du royaume, mais n'obtient aucun succès décisif face à Turenne. Après l'échec devant Arras (1654), c'est la défaite des Dunes (1658), qui oblige l'Espagne à traiter. Après avoir fait sa soumission, il est rétabli dans ses biens, ses titres et son gouvernement de Bourgogne au traité des Pyrénées (1659).

Candidat malheureux au trône de Pologne (1668), Condé reprend du service : lors de la guerre de Dévolution, il occupe la Franche-Comté (1668). Pendant la guerre de Hollande, il passe le Rhin (1672) et arrête l'armée de Guillaume d'Orange à Seneffe (1674). Chargé du commandement de l'armée de Turenne tué à Sasbach (1675), il réussit à repousser les Impériaux et sauve l'Alsace.

Après ce brillant épilogue, Condé se retire dans son château de Chantilly, qu'il fait embellir par Le Nôtre, et où, pendant quelques années, il va se comporter en grand seigneur libertin et en mécène, protégeant en particulier Molière. C'est d'ailleurs à Chantilly que sera joué en 1668 le Tartuffe, alors interdit à Paris. À la fin de sa vie, il se convertira. Bossuet prononcera son oraison funèbre (1687).

Henri Jules de Bourbon, 5e prince de Condé (Paris 1643-Paris 1709), fils du précédent. Maréchal de camp, puis lieutenant général (1673), il participe aux campagnes de son père, notamment à celles de Franche-Comté (1668 et 1674) et d'Alsace (1675).

Louis III de Bourbon, 6e prince de Condé (Paris 1668-Paris 1710), fils du précédent. En 1685, il épouse Mlle de Nantes, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan (1685). Maréchal de camp (1690), puis lieutenant général (1692), il prend part à plusieurs campagnes de la guerre de la ligue d'Augsbourg et se distingue en particulier à Steinkerque (1692) et à Neerwinden (1693).

Louis Henri de Bourbon, 7e prince de Condé (Versailles 1692-Chantilly 1740), fils du précédent, porta le titre de « duc de Bourbon ». Chef du Conseil de régence (1715), il s'enrichit grâce au système de Law. En 1723, à la mort du Régent (→ Philippe II, duc d'Orléans), il devient Premier ministre. Mais derrière lui, c'est la finance qui gouverne avec E. Berthelot du Pléneuf, père de sa maîtresse. Le duc, qui est l'artisan du mariage de Louis XV avec Marie Leszczyńska (1725), laisse prendre de malencontreuses mesures : des mutations monétaires ; un nouvel impôt (le cinquantième [1725]) sur tous les biens-fonds, qui ne peut être levé ; une milice (1726) qui est ressuscitée en vue d'une guerre éventuelle contre l'Espagne et l'Autriche, et qui mécontente la paysannerie ; une déclaration royale (1724) rigoureuse contre les protestants. Sur les conseils de Fleury, Louis XV le disgrâcie en 1726.

Pour en savoir plus, voir l'article la Régence.

Louis Joseph de Bourbon, 8e prince de Condé (Paris 1736-Paris 1818), fils du précédent. Gouverneur de Bourgogne (1754), il devient lieutenant général en 1758 et prend part à la guerre de Sept Ans : il combat à Hastenbeck (1757), à Minden (1759) et à Johannisberg (1762). Le prince apparaît plutôt libéral : hostile à l'autoritarisme de Maupeou (1771), il soutient les réformes à l'Assemblée des notables en 1787. Mais, dès qu'éclate la Révolution, il émigre à Turin puis à Worms (1791), où il organise, parallèlement à l'« armée des princes » réunie à Coblence, un corps d'émigrés connu sous le nom d'« armée de Condé ». En fait, cette troupe aux effectifs réduits ne servira que de contingent durant les cinq années de campagnes rhénanes auxquelles elle participera (1792-1796). Après le traité Campoformio (1797), Condé passe en Russie et se met au service du tsar (1799). Son corps d'armée est dissous après le traité de Lunéville (1801). Le prince se retire alors en Angleterre, où il restera jusqu'à la première Restauration.

Louis Henry Joseph de Bourbon, 9e prince de Condé (Chantilly 1756-Saint-Leu 1830), fils du précédent, il porte le titre de « duc de Bourbon ». Gouverneur de Franche-Comté, il participe au siège de Gibraltar en 1782. Émigré en juillet 1789, il sert dans l'« armée de Condé », que commande son père, et se retire en Angleterre en 1801. Il rentre en France en 1814. Découvert pendu dans son château de Saint-Leu, sa mort reste une énigme. Avec lui s'éteint la maison de Condé.