Essentiellement agricole jusque dans les années 1950, l'économie grecque s'appuie désormais sur une industrie diversifiée et sur d'importantes activités de service telles que le tourisme et la marine marchande. En 2008, l'agriculture fournissait 3 % du produit intérieur brut, l'industrie 18 % et les services 79 %.
Athènes et son port, Le Pirée, regroupent près du tiers de la population du pays. Avec Thessalonique, ces villes concentrent l'essentiel des industries de transformation, partiellement fondées sur quelques activités extractives (lignite, bauxite, nickel). Le lourd déficit commercial est en partie compensé par les revenus du tourisme et de la flotte marchande. Le sous-emploi reste élevé (et l'économie souterraine, importante).
En 2010, l'ampleur du déficit budgétaire et de l'endettement public, devenue critique après avoir été longtemps masquée dans les chiffres officiels, contraint la Grèce à mettre en œuvre un programme d'austérité drastique – générateur de fortes tensions sociales – et à faire appel à l'aide de ses partenaires de l'Union européenne et à celle du Fonds monétaire international.
L'intégration d'une partie de la production dans des filières industrielles et commerciales, la diminution corrélative de l'autoconsommation et la recherche de marchés extérieurs ont joué un rôle déterminant dans son évolution.
Alors que l'élevage traditionnel déclinait et que les espaces pastoraux de montagne se trouvaient marginalisés, les étables laitières et les élevages en batterie (poulets, porcs) se sont multipliés dans les régions d'agriculture moderne. Le morcellement en petites exploitations et la médiocrité des revenus agricoles traduisent toutefois la persistance de certains archaïsmes. L'élevage ovin reste très présent dans les montagnes du Pinde et du Péloponnèse, avec un cheptel estimé à 9 millions de têtes en 2010.
Les cultures méditerranéennes traditionnelles (céréales, vignobles, oliveraies) sont concentrées sur le littoral et dans les plaines des régions méridionales (Péloponnèse, Béotie, Crète) ; la culture du tabac, en très forte régression, est pratiquée en Macédoine et en Thrace. La Grèce est le troisième producteur mondial d'olives (1,8 millions de tonnes en 2010) et se place au neuvième rang pour le coton.
La modernisation de l'agriculture (irrigation, mécanisation, emploi des engrais) s'est accompagnée d'une importante diversification des productions : cultures industrielles (coton, betterave à sucre) dans les régions septentrionales, agrumes, fruits et légumes à vocation commerciale dans les régions méridionales, cultures maraîchères autour des agglomérations d'Athènes et de Thessalonique, destinées à l'approvisionnement des marchés urbains. Certaines productions sont exportées vers les autres pays de l'Union européenne, bien que concurrencées par celles de l'Espagne et du Portugal.
Relativement pauvre en ressources naturelles, la Grèce a vu s'accroître sa dépendance énergétique au fur et à mesure que son industrie se développait. Elle importe ainsi de Russie plus de 80 % de sa consommation de gaz naturel. Outre une petite production d'hydroélectricité (Épire), elle exploite quelques minerais (extraits, pour la plupart, en Grèce centrale), essentiellement de la bauxite (gisements du mont Parnasse), du nickel (Lárymna en Béotie), de la magnésite (Alivéri en Eubée) et du lignite (Macédoine, Thrace, Eubée). L'État a contribué à l'industrialisation du pays en développant les infrastructures routières, les barrages hydroélectriques et les télécommunications. Les entreprises publiques restent, aujourd'hui encore, des acteurs économiques importants, malgré un programme de privatisation lancé en 1990.
La spécificité de l'industrie grecque repose à la fois sur l'appartenance d'un grand nombre de sociétés à des firmes multinationales et sur la présence d'une multitude de petites entreprises de sous-traitance, disposant de peu de capitaux et utilisant une main-d'œuvre peu qualifiée. Elle souffre d'importants handicaps : déficit énergétique, réseau de transports encore à moderniser, émiettement des entreprises. Elle produit surtout des biens de consommation (agroalimentaire, textile, petite métallurgie).
La région d'Athènes concentre près de la moitié de l'activité industrielle du pays, les autres grands foyers d'activité étant Thessalonique, Patras et le port de Vólos, en Thessalie. Les industries légères de transformation (agroalimentaire, textile, cuir) sont présentes dans tout le pays, alors que les industries lourdes sont concentrées à Athènes (chimie, constructions mécaniques et électriques, aéronautique), au Pirée (chantiers navals), à Thessalonique (métallurgie, chimie), à Patras (chimie) et à Vólos (métallurgie).
Les principaux partenaires commerciaux de la Grèce sont les pays de l'Union européenne et ceux du bassin méditerranéen. Depuis la fin du communisme en Europe, les échanges avec les autres États balkaniques sont en augmentation rapide et la ville de Thessalonique est appelée à reprendre le rôle de carrefour régional qui était le sien durant la période ottomane.
Bien que la part des biens industriels dans les exportations soit désormais plus élevée que celle des produits agricoles et miniers, la Grèce a une balance commerciale fortement déficitaire, le volume des importations restant plus de trois fois supérieur à celui des exportations.
Toutefois, il est en partie compensé par les envois de la diaspora et les revenus liés au tourisme et à la marine marchande. La flotte marchande grecque est en effet la première du monde, les armateurs du pays possédant, en outre, une part importante des flottes chypriote, panaméenne et libérienne. Quant au tourisme, il s'est développé rapidement à partir des années 1960, la Grèce accueillant en 2009 près de 15 millions de touristes. La balance des paiements reste néanmoins globalement déficitaire.
En 2010, l'ampleur du déficit budgétaire et de l'endettement public, devenue critique après avoir été longtemps masquée dans les chiffres officiels, contraint la Grèce à mettre en œuvre un programme d'austérité drastique et à faire appel à l'aide de ses partenaires de l'Union européenne et à celle du Fonds monétaire international. Les composantes de l'économie grecque, État faible, corruption et fraude fiscale généralisée, poids de l'économie informelle (30 % du produit intérieur brut en 2009), ont amené le poids de la dette publique a dépasser les 160 % du produit intérieur brut, soit 350 milliards d'euros. Le pays se retrouve au bord de la banqueroute. Le taux de croissance est de – 5% en 2011.
En février 2012, un accord avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international permet d'obtenir un plan d'aide de 130 milliards d'euros et l'annulation de 107 milliards d'euros de dette. En contrepartie, le gouvernement décide de baisser le salaire minimum de plus de 20 %, de baisser les salaires des fonctionnaires de 35 % et de reculer l'âge de la retraite de 63 à 65 ans. Ces mesures entraînent de fortes tensions sociales, alors que le taux de chômage dépasse 20 % de la population active en 2012, soit plus d'un million de chômeurs dans un pays de onze millions d'habitants, et que les classes moyennes grecques s'enfoncent désormais dans une paupérisation inédite.
Confrontée à des enjeux structurels sans cesse repoussés, la Grèce doit en définitive refonder le fonctionnement de son État et les bases de son pacte social, mieux répartir la richesse et les efforts fiscaux à réaliser et repenser son modèle économique.
Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de la Grèce et population de la Grèce.