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Acropole d'Athènes

Athènes
Athènes

Plateau rocheux d'environ 270 m sur 150 qui domine la capitale grecque d'une hauteur d'un peu moins de 100 m.

L'Acropole (ixe-ve s. avant J.-C.) d'Athènes est une forteresse naturelle qui culmine à 156 m au-dessus du niveau de la mer, à environ 100 m au-dessus de la ville basse. Sur une surface d'un peu moins de trois hectares, enclose par des murs, se trouve le plus remarquable ensemble de monuments que la civilisation grecque antique ait jamais produit : le Parthénon, les Propylées, le temple d'Athéna Nikê et l'Érechthéion incarnent dans le marbre une politique de construction prestigieuse menée par Périclès et ses successeurs.

Histoire de l’Acropole

L'Acropole mycénienne

Quoique d'une renommée inférieure à celle de Mycènes ou de Tirynthe, Athènes fut un centre non négligeable de la civilisation mycénienne, organisé autour d'une acropole fortifiée qui servait de refuge à la population en cas de siège, et de résidence au roi. Au xiiie s. avant notre ère, le rocher fut ceint d'un mur imposant de type cyclopéen, encore visible derrière le mur sud des Propylées. L'existence d'une source, la Clepsydre, explique sans doute le choix de cette colline. Le palais, auquel on accédait par un escalier, se trouvait sur le point le plus élevé de la colline; c'était un lieu de culte où l'on vénérait la déesse de la source (qui prit plus tard le nom d'Athéna) et son parèdre, le roi Erechthée.

L'Acropole archaïque

À l'époque archaïque, l'Acropole demeure une forteresse mais, de centre politique, elle se transforme exclusivement en lieu de culte. Durant cette période où se constitue la Cité, la déesse de la source fait place à Athéna, patronne vénérée dès le début du ier millénaire dans un petit temple, au sud de l'actuel Erechthéion. La première phase de construction monumentale remonte au viie s. Le vieux temple, entièrement reconstruit et agrandi vers 600, peut-être sous Solon, est rénové et orné de frontons de marbre sous Pisistrate. Au vie s., la colline se couvrit d'ex-voto et les victoires d'Athènes valurent à sa déesse protectrice la dédicace d'un nouveau petit temple (temple d'Athéna Nikê), situé à l'entrée. Peut-être est-ce après la victoire de Marathon (490) que fut décidée la construction du grand temple, le « vieux Parthénon », que l'invasion perse incendia et dévasta en 480.

L'Acropole de Périclès

Forte personnalité, entouré d'artistes et de penseurs de génie, Périclès conçut le projet grandiose de réaménager l'Acropole selon un plan d'ensemble, les édifices reconstruits devant s'imposer par leurs dimensions et leur magnificence. Pour financer ce projet très coûteux, on utilisa le tribut annuel payé par les cités alliées d'Athènes ; de plus, en 454, le trésor de cette ligue fut transféré de Délos sur l'Acropole. Les travaux purent donc commencer vers 450, avec Phidias pour maître d'œuvre. Celui-ci commandait à toute une foule de maçons, d'architectes, de peintres et de sculpteurs. Les constructions se succédèrent sans trève, la guerre du Péloponnèse (431-404 avant J.-C.) ne faisant que suspendre les travaux, à certaines périodes, sans jamais les arrêter complètement.

Les monuments

Le Parthénon

L'architecte Ictinos réalisa avec ce sanctuaire consacré à Athéna Parthénos (« la Déesse vierge »), érigé entre 447 et 432, le plus parfait des temples grecs. Aménagé sur le soubassement destiné à un autre édifice, jamais achevé (le « Pré-Parthénon »), il en diffère par des proportions déjà classiques, tandis que les particularités du plan s'expliquent par la nécessité d'adapter l'architecture en fonction du programme de sculpture. Les raffinements techniques (chaque bloc, par exemple, dût être taillé sur mesure), les calculs destinés à corriger les illusions d'optique conférèrent à l'édifice une unité organique et dynamique qui explique l'impression de vivante cohésion qui s'en dégage.

Les Propylées

Le gros œuvre du Parthénon étant achevé dès 438, le deuxième chantier du programme de Périclès put commencer. L'architecte Mnésiclès se vit chargé de la construction des Propylées, entrée monumentale de l'Acropole que devaient flanquer d'énormes portiques. Construits en marbre pentélique à partir du soubassement (le marbre bleu d'Éleusis fut cependant utilisé pour rehausser certains traits architecturaux), les Propylées forment une entrée théâtrale composée d'un corps central et de deux ailes en retour dont le plan était destiné à impressionner les visiteurs. Terminé en 431, ce chef-d'œuvre d'architecture pure remplace les Propylées archaïques de Pisistrate et associe, comme au Parthénon, les deux ordres dorique (façade) et ionique (passage intérieur).

Le temple d'Athéna Nikê

Tout près des Propylées fut construit, de 427 à 424, le petit temple d'Athéna Nikê (« la Victoire personnifiée »). Cet édifice miniature, auquel conviennent parfaitement la grâce et l'élégance de l'ordre ionique, fut réalisé à partir des plans de l'architecte Callicratès pour remplacer les modestes installations qui avaient succédé au sanctuaire détruit par les Perses en 480. Entièrement érigé en marbre pentélique, dans une situation aérienne au sommet d'une haute tour (pyrgos), ce temple constitue l'un des traits les plus remarquables du programme de l'Acropole, dont il signale l'entrée avec une grande élégance. Le temple, de style ionique, se compose d'une seule chambre qui abritait la statue du culte, reproduction d'une antique statue en bois (xoanon) probablement détruite par les Perses lors du sac de l'Acropole. Peut-être dérivée d'un trophée primitif, elle n'avait pas les ailes des Victoires proprement dites dont Athéna Nikê était distincte, d'où le nom de temple de la Victoire aptère ultérieurement donné au monument.

L'Érechthéion

Il reste alors à parachever l'ensemble en réalisant le bâtiment le plus important du point de vue cultuel, l'Érechthéion. L'Érechthéion était le lieu de culte essentiel de l'Acropole depuis ses origines ; intimement lié à la fondation et à la pérennité de la Cité, il le restera toujours. De ce fait, c'est un assemblage complexe de plusieurs sanctuaires ; il offre cependant une certaine unité architecturale par la grâce de ses portiques et la finesse de sa décoration.Sa construction se fit en deux temps (421-414 et 409-406). L'identité de l'architecte de cet édifice particulièrement complexe reste inconnue. Le bâtiment, de style ionique, reproduit à peu près le dispositif intérieur du vieux temple d'époque archaïque, auquel se trouvent ajoutés deux éléments annexes, le portique nord et le porche des Caryatides au sud.

Le portique des Caryatides

Œuvre majeure de l'art hellénique, ce portique constitue le motif le plus original de l'Érechthéion, et une sorte de dais funéraire au-dessus du tombeau de Cécrops, le roi-serpent, l'un des fondateurs mythiques d'Athènes. Peut-être dues à l'atelier du sculpteur athénien Alcamène, six statues de jeunes filles s'acquittent avec grâce de leur fonction de support. Droites, vêtues de longues tuniques ioniennes, elles portent en guise de coiffure un chapiteau circulaire. Ce portique servait peut-être de tribune depuis laquelle certains personnages officiels pouvaient contempler le défilé et les cérémonies des panathénées, en même temps qu'il masquait l'escalier reliant l'Érechthéion à la terrasse de l'Acropole.