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Empire colonial belge

C'est officiellement pour mettre un terme au scandale de la traite des Noirs, et, plus pragmatiquement, pour exploiter d'éventuelles richesses minières, que le roi des Belges, Léopold II fonde en 1876 l'« Association internationale pour l'exploration et la civilisation de l'Afrique centrale ».

Il sollicite le concours de l'explorateur anglais Stanley. Celui-là même qui s'est rendu célèbre par ses expéditions effectuées depuis 1874 sur le fleuve Congo dont il a reconnu le cours, et qui possède une grande expérience de l'Afrique équatoriale. Stanley est donc chargé par le roi de différentes missions d'exploration et d'établissement de postes permanents dans l'intérieur de l'immense bassin inexploré du grand fleuve.

1. La naissance de l'État indépendant du Congo

Pour compenser le peu de poids militaire et économique de son pays, Léopold II joue habilement sur les alliances qu'il tisse au niveau diplomatique. Ses efforts sont finalement récompensés au Congrès de Berlin (1884-1885), où les grandes puissances acceptent d'officialiser l'existence d'un domaine colonial belge, l'État indépendant du Congo, dont Léopold II est le souverain à titre personnel et dans lequel il s'engage à interdire le commerce des esclaves et à respecter la liberté du commerce et de la navigation. Peu à peu, le domaine s'agrandit en direction de l'Oubangui, de l'Angola et du Katanga. Ainsi, le Congo, « colonie sans métropole », est pénétré et exploité avec l'aide d'administrateurs internationaux, puis belges. Le régime d'exploitation libéral instauré à Berlin se transforme en un véritable monopole d'État en matière d'ivoire et de caoutchouc.

2. La mise en valeur du Congo belge

Pendant que se négocient à Berlin les clauses juridiques de l'existence du Congo belge, sur le terrain, une poignée d'hommes énergiques (quelques centaines à peine) s'active à remplir les objectifs assignés par le roi : l'exploration et la mise en valeur systématique du territoire. Stanley, toujours au service du roi des Belges, comprend très vite la nécessité absolue de la construction d'un chemin de fer s'enfonçant à l'intérieur des terres pour rejoindre l'immense réseau navigable formé par le fleuve et ses affluents et drainer ainsi plus vite les richesses vers la côte atlantique. En 1881, le port de Stanley Pool, qui deviendra Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa), est créé sur la rive d'un large lac formé sur le Congo à quelque 300 km de l'océan Atlantique.

Léopold consacre une grande partie de sa fortune personnelle à la construction de la voie ferrée (1889-1898) et à des investissements lourds. Il lance deux emprunts auprès des banques de son pays en gageant le Congo. Pour rentabiliser l'investissement, d'immenses territoires sont concédés à des compagnies à charte, dotées de pouvoirs administratifs et dont les bénéfices sont partagés avec l'administration royale.

La spéculation effrénée et l'obligation faite aux indigènes de verser un impôt en nature sous forme de journées de travail non rémunérées entraîne les protestations du clergé missionnaire et des associations philanthropiques anglaises. La méthode contribue au développement de grandes sociétés agricoles et minières qui commencent à exploiter le caoutchouc, dont la demande mondiale augmente, et les immenses gisements de cuivre de la région du Katanga. Dès 1896, le budget de la colonie royale devient légèrement excédentaire, puis dégage de substantiels bénéfices. Des mines d'or et de diamant sont ouvertes. Toutefois, les exactions commises par les contremaîtres des compagnies et le système inique de recrutement de la main-d'œuvre par le travail forcé contraignent le Parlement belge, sous la pression conjuguée du gouvernement britannique et d'une large fraction de l'opinion publique, à prendre en 1908 le contrôle de la colonie, qui perd son statut de possession personnelle et passe sous la responsabilité directe de l'État belge.

3. L'ère coloniale belge (1908-1960)

Lorsque l'administration coloniale belge se substitue à celle du roi et des compagnies à charte, l'infrastructure de base est déjà largement en place. Mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale freine pour un temps le développement de la colonie en la privant de l'essentiel de ses cadres, appelés à combattre sur les champs de bataille d'Europe. De plus, comme la Belgique est occupée par les Allemands de 1914 à 1918, les gouverneurs belges du Congo sont coupés de la métropole. Aussi lancent-ils des offensives militaires contre les colonies allemandes de l'Afrique Orientale allemande avec des troupes indigènes (la « Force publique »).

À la suite des traités de paix de 1918-1919, la Belgique récupère deux petits territoires situés à l'est du Congo, le Rwanda et le Burundi, confisqués aux Allemands. Durant les années 1920, la prospérité économique est de retour.

La crise des années 1930, malgré les perturbations qu'elle suscite, amène le développement de la culture du coton, encore rentable sur le marché mondial et renforce la centralisation de la colonie.

Les années marquées par la Seconde Guerre mondiale sont consacrées essentiellement à fournir des matières premières stratégiques aux forces alliées, au moment où la métropole est de nouveau occupée par les Allemands.

4. La décolonisation du Congo belge (1960-1965)

Dans les années 1950, alors qu'environ 100 000 Européens sont installés au Congo belge, l'État ouvre modestement aux Africains l'accès à la scolarité.

Lentement, les nouvelles élites noires, influencées par l'attitude de la France envers ses colonies d'Afrique, se mettent à revendiquer l'indépendance. Contrairement à ce qui se passe dans les territoires constituant l'Empire colonial français (l'AEF et l'AOF voisines), la décolonisation du Congo s'effectue dans la violence (guerre civile et sécession de la province minière du Katanga).

En 1965, Mobutu Sese Seko, ancien sergent dans l'armée belge, prend le pouvoir : le Congo devient le Zaïre.

Pour en savoir plus, voir les articles colonisation, décolonisation.