L'afflux de réfugiés afghans au Pakistan fait évidemment monter la tension entre les deux voisins. Islamabad dément la présence de camps d'entraînement en territoire pakistanais. Les réfugiés affirment ne recevoir qu'une aide humanitaire, d'ailleurs dérisoire. Toutefois, le Pakistan ferme les yeux sur les activités des réfugiés pachtouns. Kaboul annonce, le 7 avril, que sept soldats afghans ont été tués par les militaires pakistanais ayant franchi la frontière. L'information est catégoriquement démentie à Islamabad.

Alignement

La coopération entre Kaboul et Moscou se transforme en un véritable alignement mutuel. Le « grand voisin du Nord » est omniprésent en Afghanistan. Grand bénéficiaire de la révolution afghane, Moscou poursuit son vieux rêve d'accès aux « mers chaudes ». Aucun secteur de la vie nationale afghane n'échappe à son contrôle. Cinq à six mille conseillers soviétiques, civils et militaires, exercent leur influence. Signé le 5 décembre 1978 lors de la visite officielle de Mohamed Taraki à Moscou, un « traité d'amitié, de coopération et de bon voisinage » comporte des clauses militaires. En mars 1979, l'URSS intensifie le rythme de ses livraisons d'armes et de matériel à l'Afghanistan.

Cet engagement soviétique inquiète vivement Washington. L'assassinat d'Adolph Dubs, ambassadeur américain à Kaboul, est venu détériorer un peu plus les rapports américano-afghans (14 février). Enlevé par des militants d'un groupe régionaliste et chiite, le diplomate est abattu au cours de l'assaut lancé par la police contre l'hôtel où il se trouve séquestré. Washington critique le manque de coopération des autorités afghanes et met en cause les conseillers soviétiques soupçonnés de complicité. Le 22 février 1979, les États-Unis annoncent, en représailles, une « réduction considérable » de leur aide à l'Afghanistan.

Réformes

Désireux de lutter contre l'« obscurantisme », les dirigeants afghans entreprennent un bouleversement des structures économiques. Pièce maîtresse de ce programme, la réforme agraire est promulguée le 1er janvier 1979. Elle fixe à 6 hectares par famille le plafond de la propriété terrienne. Les terres en excédent seront distribuées aux paysans pauvres, aux métayers et aux semi-nomades. Toutefois, le principe de la propriété privée demeure intact, en raison de l'hostilité manifeste de la population à toute forme de collectivisation. Les dettes et les hypothèques pesant sur les paysans sont abolies. La mise en œuvre de cette réforme s'annonce progressive. Le gouvernement s'engage à combattre l'analphabétisme et à démocratiser l'enseignement. Ces mesures ne sont pas superflues dans un pays où 37 % des garçons et 8 % des filles seulement sont scolarisés.

Arabie Saoudite

Riyad. 9 520 000. 5. *2,9 %.
Économie. PIB (76) : 4 754. Production (76) : A 1 + I 83 + S 16. Énerg. (76) : 1 901. CE (76) : *90 %.
Transports. (74) : 72 M pass./km, 66 Mt/km. (74) : 59 400 + 52 600.  : 1 019 000 tjb. (76) : 1 624 M pass./km.
Information. (74) : 11 quotidiens ; tirage global : 96 000. (75) : *255 000. (75) : *124 000. (76) : 160 000.
Santé. (75) : 3 610.
Éducation. (75). Prim. : 686 108. Sec. et techn. : 222 797. Sup. : 26 437.
Armée.  : 58 500.
Institutions. État indépendant depuis 1927. Monarchie. Souverain et chef de l'exécutif : Khaled ben Abdel Aziz ; succède à son frère Faycal ben Abdel Aziz, assassiné le 25 mars 1975.

Riyad, déçu par Washington, rejoint le camp des durs

La crise iranienne et le traité de paix israélo-égyptien placent l'Arabie Saoudite devant un cruel dilemme. Tirant la leçon des événements de Téhéran, les dirigeants saoudiens s'interrogent sur la volonté de Washington de défendre les régimes trop étroitement liés aux intérêts américains et occidentaux et prennent leurs distances à l'égard des États-Unis. Du même coup, ils se rapprochent du camp arabe du refus, hostile à la paix séparée conclue entre Le Caire et Jérusalem sous le patronage de Washington.

Riyad a pourtant longtemps hésité avant de prendre une attitude dure à l'égard du Caire. En août 1978, en prévision de la deuxième réunion au sommet de Camp David, le prince héritier cherche à rétablir l'unité du monde arabe autour d'une solution « raisonnable » du conflit du Proche-Orient et va même jusqu'à qualifier la rencontre israélo-égypto-américaine de « décision courageuse » et d'« indication encourageante quant aux bonnes intentions du président Carter ». La déception saoudienne n'en sera que plus vive, lorsque sont rendus publics, le 19 septembre, les résultats du sommet tripartite. Le gouvernement de Riyad estime que la formule de paix élaborée au cours de cette conférence est « inacceptable », car elle ne précise pas clairement la détermination d'Israël à évacuer les territoires arabes occupés en 1967, et « en premier lieu, la ville sainte de Jérusalem », ignore le « rôle de l'OLP » et le « droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à créer son État sur son sol national ».

Ambiguïté

La condamnation de Camp David II n'est cependant pas définitive, et l'Arabie Saoudite, en dépit des réserves qu'elle a formulées, fait savoir qu'elle ne s'oppose pas « au droit d'un pays arabe à récupérer ses territoires occupés par la lutte armée ou par la voie des négociations dans la mesure où cela ne nuit pas à l'intérêt supérieur des Arabes ».