Alger estime que les pays producteurs pourraient refuser d'être payés avec des monnaies dévaluées. La réévaluation de l'or d'une façon unilatérale est qualifiée « d'opération diabolique » par le directeur de la Banque nationale d'Algérie. Par contre, la création d'une unité monétaire arabe – étalon-baril, monnaie-pétrole ou Droits de tirages spéciaux (DTS) – est envisagée.

Lors de la conférence des 13 pays membres de l'OPEP, le 24 janvier 1975, à Alger, en présence des ministres des Finances, des Affaires étrangères, du Pétrole, le président Boumediene expose sa position. Il estime que le véritable problème n'est pas le prix du pétrole, mais celui des « prix des denrées alimentaires, ceux des biens d'équipement et ceux de la technologie ». Les pays membres de l'OPEP constituant, selon lui, une partie indissoluble du tiers monde, il souhaite que soit examinée dans son ensemble la question des matières premières et des relations économiques internationales.

Lors de la conférence au sommet des pays de l'OPEP (4 mars), il propose une sorte d'indexation modérée du prix du pétrole sans que les revenus des pays producteurs ne soient défavorisés par l'inflation. Dans cette perspective, le gel des prix réels pendant cinq ans pourrait être envisagé. Bien qu'il émette des réserves sur l'objet de la Conférence sur l'énergie, proposée par Giscard d'Estaing, et sur les modalités de représentation du tiers monde, le chef de l'État algérien y répond favorablement. Après l'échec de la conférence préparatoire, l'Algérie relève toutefois deux aspects positifs : il s'est agi d'une amorce de concertation internationale et les pays du tiers monde ont fait preuve de cohérence et de solidarité.

Socialisme

Le chef de l'État annonce que « l'année 1975 sera celle du socialisme ». Pour limiter les conséquences de l'inflation, il taxe tous les produits qui ne sont pas de première nécessité et adopte des mesures sociales : exonération d'impôts pour les paysans ainsi que pour les personnes gagnant moins de 500 dinars par mois ; les bénéfices des sociétés de capitaux sont imposables à 60 % au lieu de 50 % ; les plus-values immobilières sont frappées à 60 % ; les taxes sur les chiffres d'affaires sont considérablement augmentées.

Enfin, la deuxième phase de la révolution (celle concernant la distribution des terres privées) s'achève. Pour ne pas laisser les campagnes dans la misère dans une économie qui, grâce à un effort d'industrialisation soutenu, commence à décoller, H. Boumediene met en place la troisième phase de la réforme agraire. But : moderniser, organiser, revaloriser.

Le IIe Plan quadriennal (1974-1977) prévoit un investissement global de 110 milliards de dinars et une croissance annuelle de 10 %.

Le gouvernement annonce, le 27 mai, la rupture des négociations avec la régie Renault, négociations qui portaient sur la livraison de 5 500 camions Berliet et Saviem en échange de 460 000 tonnes de pétrole brut. Selon les milieux politiques algériens, la Régie aurait envisagé de revendre ce pétrole au-dessous du prix imposé.

Le 19 juin, à l'occasion du 10e anniversaire de son arrivée au pouvoir, le président Boumediene annonce l'élection d'une Assemblée nationale avant le 19 juin 1976, l'élection du chef de l'État et la promulgation d'une charte algérienne.

Botswana

Gaborone 705 000. 1. 2,8 %.
Économie. PNB (71) 209. Production : G (68) 115.
Transports. (71) : 2 000 + 3 400.
Information. (71) : 2 quotidiens ; tirage global : 14 000. (71) : 11 700. (71) : *3 000 fauteuils ; fréquentation : 908 M. (72) : 5 000.
Santé. (71) : 41.
Éducation. (70). Prim. : 83 002. Sec. et techn. : 5 197.
Institutions. Ancien Bechuanaland. République indépendante proclamée le 30 septembre 1966. Constitution de 1965. Gouverneur général représentant la Couronne britannique : E. J. Emery. Président de la République et chef de l'exécutif : sir Seretse Khama, réélu pour un second mandat le 26 octobre 1974.

Burundi

Bujumbura. 3 620 000. 128.
Économie. PNB (70) 65. Énerg. (*72) : 10. C.E. (70) : 11 %
Transports. (69) : 3 200 + 1 400.
Information. (72) : *100 000. (70) : 1 000 fauteuils ; fréquentation : 0,1 M. (72) : 4 000.
Santé. (71) : 76. Mté inf. (65) : *150.
Éducation. (70). Prim. : 181 758. Sec. et techn. : 9 243. Sup. : 466.
Institutions. État indépendant le 1er juillet 1962. République proclamée le 28 novembre 1966. Constitution de 1962, suspendue. Président de la République et chef du gouvernement : colonel Michel Micombero.

Cameroun

Yaoundé. 5 840 000. 13.
Économie. PNB (70) 187. Énerg. (*72) : 100. C.E. (70) : 21 %.
Transports. (*72) : 195 M pass./km, 308 M t/km. (70) : 32 400 + 32 400. (72) : 145 M pass./km.
Information. (70) : 2 quotidiens ; tirage global : 17 000. (72) : *216 000. (69) : 20 000 fauteuils. (72) : 21 000.
Santé. (71) : 225.
Éducation. (70). Prim. : 923 234. Sec. et techn. : 77 872. Sup. : 2 744.
Institutions. État fédéral (Cameroun ex-français, indépendant le 1er janvier 1960, et Cameroun méridional ex-britannique, indépendant le 1er octobre 1961). République fédérale proclamée le 1er octobre 1961. Constitution de 1961. Président de la République : Ahmadou Ahidjo, réélu pour un quatrième mandat le 5 avril 1975. Premier ministre : Paul Biya.

Congo

Brazzaville. 1 000 000. 3. 2,2 %.
Économie. PNB (70) 245. Énerg. (*72) : 219. C.E. (70) : 14 %.
Transports. (*72) : 156 M pass./km, 519 M t/km. (72) : 78 M pass./km.
Information. (71) : 3 quotidiens. (72) : *70 000. (72) : *2 500. (70) : 6 500 fauteuils. (72) : 11 000.
Santé. (71) : 112.
Éducation. (69). Prim. : 228 578. Sec. et techn. : 28 405. Sup. : 1 786.
Institutions. État indépendant le 15 août 1960. Nouvelle Constitution du 24 juin 1973, remplace celle du 3 janvier 1970. Chef de l'État : commandant Marien N'Gouabi ; Premier ministre : Henri Lopes.

Côte-d'Ivoire

Abidjan. 4 640 000. 15. 2,4 %.
Économie. PNB (72) 413. Énerg. (*72) : 309. C.E. (72) : 29 %.
Transports. (*72) : 520 M pass./km, 344 M t/km. (*72) : *90 500 + *57 400.  : 89 000 tjb. (72) : 78 M pass./km.
Information. (72) : 3 quotidiens ; tirage global : 44 000. (71) : *80 000. (72) : *40 000. (65) : 28 800 fauteuils. (72) : 41 000.
Santé. (71) : 324.
Éducation. (70). Prim. : 506 272. Sec. et techn. : 68 684. Sup. : 3 472.
Institutions. État indépendant le 7 août 1960. République (4 décembre 1958). Constitution de 1960, amendée en 1975 ; régime présidentiel. Président de la République et chef du gouvernement : Félix Houphouët-Boigny, réélu le 29 novembre 1970.

Dahomey

Porto-Novo. 2 910 000. 26. 2,7 %.
Économie. PNB (63) 75. Énerg. (*72) : 32.
Transports. (71) : 84 M pass./km, 94 M t/km. (71) : 12 800 + 7 700. (72) : 78 M pass./km.
Information. (71) : 2 quotidiens ; tirage global : 2 000. (72) : *150 000. (72) : *100. (72) : 9 000 fauteuils ; fréquentation : 1,2 M. (72) : 8 000.
Santé. (71) : 93.
Éducation. (70). Prim. : 173 897. Sec. et techn. : 21 730. Sup. : 311.
Institutions. État indépendant le 1er août 1960. République (4 décembre 1958). Constitution de 1968. Président de la République : commandant Mathieu Kerekôu, auteur du coup d'État militaire du 26 octobre 1972 qui renverse le Conseil présidentiel dirigé par Hubert Maga ; l'Assemblée nationale est dissoute. Un Conseil national de la révolution (CNR) est créé le 18 octobre 1973.

Égypte

Le Caire. 35 620 000. 38. 2,5 %.
Économie. PNB (70) 216. Production : G (70) 124 + A (72) 127 + I (69) 136. Énerg. (*72) : 324. C.E. (70) : 11 %.
Transports. (*72) : 7 306 M pass./km, 2 976 M t/km. (*72) : 151 700 + 39 200.  : 269 000 tjb. (72) : 1 022 M pass./km.
Information. (71) : 14 quotidiens ; tirage global : 745 000. (72) : 5 000 000. (71) : 584 000. (70) : 137 900 fauteuils ; fréquentation : 65,4 M. (68) : 365 000.
Santé. (71) : 18 802. Mté inf. (71) : 103,3.
Éducation. (70). Prim. : 3 740 551. Sec. et techn. : 1 446 918. Sup. : 218 278.
Institutions. République proclamée le 18 juin 1953, après le coup d'État du 26 juillet 1952 qui renverse le roi Farouk. La Constitution de 1964 est abrogée ; nouvelle Constitution proclamée, après référendum, le 11 septembre 1971. Président de la République : Anouar el-Sadate, élu le 16 octobre 1970 ; succède au colonel Gamal Abdel Nasser, décédé. Vice-président : général Hosni Moubarak. Premier ministre : Mamdouh Salem.

Le Caire : le rapprochement avec Washington se renforce

La réouverture à la navigation internationale du canal de Suez, le 5 juin 1975 (huit ans, jour pour jour, après sa brutale fermeture au début de la guerre de Six Jours), est présentée comme le couronnement de la politique sage et réaliste du président Sadate. L'événement, célébré dans la liesse populaire, permet au successeur de Nasser de faire valoir que l'Égypte s'engage sur la voie de la paix et de la prospérité.

Ouverture symbolique

Les revenus escomptés du trafic maritime pour l'année 1975-76 sont évalués à 450 millions de dollars, soit les deux tiers des devises utilisées l'année précédente pour l'importation de produits alimentaires. La reconstruction des villes du canal, déjà en bonne voie, la création d'une zone franche à Port-Saïd devraient permettre le retour dans le circuit économique d'un million et demi d'habitants, lesquels, ayant fui la région en 1967, vivaient de la charité gouvernementale.