Cette réforme, en préparation depuis de longs mois, doit se développer dans deux directions principales :
– création d'un organisme paritaire, qui examinerait les marchés passés et proposerait d'éventuels relèvements de prix pour financer le développement des entreprises ou pour compenser certains sacrifices à l'exportation ;
– mise au point de projets de lois de programme qui aient vraiment le caractère d'autorisations de dépenses et non de simples indications. L'État-client s'engagerait ainsi sur plusieurs années. L'Irrégularité des commandes est, en effet, une cause d'augmentation des prix de revient industriels et de sous-emploi du potentiel de production.

Concertation

Sanctionnant la bonne volonté des industriels, trois accords de belle taille engageant des entreprises de la mécanique ont été annoncés au cours des douze derniers mois.

Le premier (septembre 1967) intéresse Babcock et Wilcox, les Chantiers de l'Atlantique et Fives-Lille-Cail (chaudières de grandes dimensions, engineering et fabrication de sucreries et de cimenteries, moteurs marins, chaudronnerie nucléaire, moteurs Diesel moyens). Le nouvel ensemble (2 milliards de chiffre d'affaires) parait être l'égal du puissant Demag d'Allemagne.

Le deuxième accord (janvier 1968) intéresse neuf firmes fabriquant des équipements en appareils de levage et de manutention. Ces entreprises ont constitué un groupement d'intérêt économique, afin de mettre en commun tous leurs moyens d'étude, de fabrication et de vente pour les matériels de manutention et de levage destinés aux aéroports et gares de frets aériens, civils et militaires, en France et à l'étranger. Ainsi pourront-elles faire des offres sérieuses, lorsqu'il s'agira, par exemple, d'une future gare de fret. Cette fédération d'entreprises devrait déboucher sur des rapprochements plus complets.

Le troisième accord (mars 1968) concerne huit sociétés qui se sont concertées pour construire des centrales à uranium enrichi et à eau bouillante.

Les chefs de file de ce groupement, qui a acquis une licence de la société américaine General Electric, sont l'Alsthom et l'Alsacienne de constructions mécaniques.

Lente reprise

D'une façon générale, la production des entreprises des industries mécaniques et de transformation des métaux s'est accrue de 4,6 % en 1967, contre 6 % en 1966. Depuis le début de l'année 1968, une reprise est apparue. Mais l'allure actuelle de l'expansion de cette branche (elle regroupe 10 000 entreprises, généralement petites, appartenant à 80 professions, et fait travailler environ 650 000 personnes) reste nettement inférieure au taux moyen de 7 % observé entre 1963 et 1967.

Les entreprises de l'équipement (+ 5,4 %) et celles de la transformation (+ 6,3 %) se sont mieux tenues que celles de l'optique et de la précision (+ 1,6 %) ou que les firmes du groupe machines agricoles. Le chiffre d'affaires total de cette industrie s'est élevé à 38,5 milliards de francs.

Pour le commerce extérieur, les résultats à l'exportation sont satisfaisants. Les ventes se sont élevées à 9 milliards de francs (+ 13 %) et, en dépit de la récession sévère qui a entraîné une baisse importante du chiffre d'affaires de la mécanique allemande, les mécaniciens français ont maintenu leur volant d'affaires outre-Rhin.

En revanche, les importations (10,2 milliards de francs) ont régressé (+ 14 %) par rapport aux exercices antérieurs (+ 18 % en 1966), ce recul étant lié à l'atonie du marché intérieur.

Automobile

Très léger fléchissement

L'industrie automobile française a marqué le pas, en 1967, avec un léger ralentissement par rapport au niveau record de l'année précédente : 2 009 673 véhicules, contre 2 024 247 en 1966, soit une réduction de 0,7 %.

À l'intérieur, les effets d'une conjoncture économique maussade se sont surtout fait sentir dans le secteur des véhicules utilitaires, dont les immatriculations diminuaient de 3,8 %, tandis que les voitures particulières et commerciales progressaient de 1,7 %. Grâce à cette légère progression, le total des immatriculations tous véhicules a dépassé légèrement (+ 1 %) celui de 1966.

Exportations record

Un nouveau record a, en revanche, été établi sur les marchés étrangers.