Alcyoné

(Variantes : Alcyonée, Halcyoné)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de mythologie grecque et romaine ».

1. Fille d'Atlas et de Pléioné.

Alcyoné est l'une des Pléiades. Poséidon s'en éprend ; elle devient la mère d'Hyriée, d'Hypérénor et d'Éthusa.

Voir aussi : Pléiades

2. Fille d'Éole, roi des vents, et d'Égialé, ou d'Énarété, et femme de Céyx.

Une nuit, elle apprend par Morphée, qui a pris l'apparence de son époux, que celui-ci a trouvé la mort en mer, à la suite d'un naufrage. Au matin, elle se rend sur le rivage et découvre le cadavre de l'homme qu'elle aime tant. De douleur et de désespoir, elle se jette dans les flots. Mais, simultanément, des ailes lui poussent et elle se met à voler au ras de la surface. Les dieux, compatissants, viennent de transformer Alcyoné en alcyon ; Céyx subit la même métamorphose. Ainsi tous deux sont-ils unis à jamais.

L'alcyon peut être un goéland, un pétrel, une mouette ; il est, de manière plus large, un oiseau marin. Ces oiseaux font leurs nids à la surface de la mer ; ils couvent leurs œufs pendant les sept jours précédant et les sept jours suivant le jour le plus court de l'année. C'est une période de calme plat, connue aussi sous le nom de « jours alcyoniens ».

Variante

Alcyoné et Céyx forment un couple uni et heureux, à tel point que les deux amoureux osent parfois comparer leur existence parfaite à celle de Zeus et d'Héra. Pour les châtier d'une telle présomption, peut-être aussi par jalousie, les dieux les transforment en oiseaux, elle en alcyon, lui en foulque, oiseaux qui vivent loin l'un de l'autre. Alors que le foulque aime les eaux fangeuses, l'alcyon, lui, préfère les grandes étendues d'eaux ouvertes.

3. Autre nom de Cléopâtra, la femme de Méléagre.

Celle-ci, après la mort de son époux, qu'elle a pourtant voulue, se suicide de chagrin.

Voir aussi : Méléagre

4. Autre nom d'Ischys.

Ischys devient l'amant de Coronis, au grand désespoir d'Apollon.

Voir aussi : Coronis

5. L'un des Géants qui combattent les dieux de l'Olympe.

Il a le pouvoir de ressusciter chaque fois qu'il tombe sur la Terre, car la Terre est sa mère. Dans un premier temps, Dionysos éloigne Alcyonée avec son thyrse. Héraclès, qui l'a atteint de ses flèches, écoute les conseils d'Athéna : pour en venir à bout, il le transporte jusqu'à l'isthme de Corinthe et le précipite dans la mer.

Voir aussi : Antée

6. Guerrier éthiopien.

Alcyoné combat vaillamment à Troie sous les ordres de Memnon.

Voir aussi : Memnon

7. Victime désignée pour être sacrifiée au monstre Lamia.

Voir aussi : Lamia

8. Géant.

Héraclès le tue d'une flèche à Phlégra, alors que, en compagnie de Télamon, il mène son expédition punitive contre Laomédon, roi de Troie.

Voir aussi : Laomédon

Il y avait deux Phlégra : l'une en Thrace ; l'autre en Italie, en Campanie. On a placé la mort d'Alcyoné, à tort, en Campanie.

L'Alcyon

chéréphon. Quelle voix, Socrate, est arrivée jusqu'à nous, de ces rivages et de ce promontoire ? Qu'elle est douce à l'oreille ! Quel est donc l'animal qui peut la produire ? Car on dit que les habitants des eaux sont muets.

socrate. C'est un oiseau marin, cher Chéréphon ; on le nomme Alcyon, il a la voix gémissante et pleine de larmes : les hommes débitent à son sujet une fable antique. On dit que jadis femme et fille d'Éole fils d'Hellen, elle pleurait amèrement un époux, objet de sa plus vive tendresse, mort à la fleur de l'âge : c'était Céyx, de Trachine, fils de Lucifer et d'une beauté égale à celle de son père : la volonté des dieux lui a donné des ailes ; et maintenant, semblable à un oiseau, elle vole le long des mers, cherchant son époux, et errant par toute la terre, sans pouvoir le rencontrer.

chéréphon. C'est Alcyon, dis-tu ? Jamais auparavant je n'avais entendu cette voix, qui m'est arrivée toute nouvelle. C'est un son vraiment lugubre que fait entendre cet oiseau : comment est-il donc fait, Socrate ?

socrate. Il n'est pas grand, mais il a reçu des dieux une grande récompense de sa tendresse conjugale : durant tout le temps qu'il couve ses petits, le monde passe des jours nommes alcyoniens, remarquables par le calme qui règne au milieu même de la mauvaise saison ; c'est aujourd'hui l'un de ces plus beaux jours. Vois comme le temps est serein ! comme la mer tout entière est calme, sans vagues, et ressemble, pour ainsi dire, à un miroir !

Pseudo-Lucien