Les dix autorisations accordées pour 1985 (Paris, Marseille, Bordeaux, Rennes, Strasbourg et Lille, plus 2 à 4 implantations non encore décidées, dont deux dans des établissements privés) sont-elles un effort suffisant ? D'autant, qu'autorisé ne veut pas dire installé. Le gouvernement fournit une subvention à hauteur de 40 %, à charge pour les hôpitaux de trouver le complément. Ce qui n'est pas si facile depuis la suppression des prêts gratuits de la Sécurité sociale. On voit alors la générosité publique prendre le relais. Le Télégramme de Brest a organisé une collecte pour permettre à l'hôpital de Brest d'acquérir son scanner, l'Association pour la recherche sur le cancer a financé l'achat de la RMN installée au Kremlin-Bicêtre et que se partagent l'Assistance publique, l'Institut Gustave Roussy et le Commissariat à l'énergie atomique. Un appareil de la General Electric, car on se défend de faire du protectionnisme... De son côté, Daniel Guichard, président de l'AVAS (Artistes de variétés associés), a pris la tête d'une série de galas pour offrir au Pr Schwartzenberg une RMN de la CGR.

Un regroupement nécessaire

Craignant le débordement des initiatives privées, le gouvernement a fait aussitôt rentrer cette RMN de gala dans le rang des autorisations 1985, subvention à l'appui. De la même façon, le secteur privé reçoit les autorisations au compte-goutte alors que certaines cliniques ont les moyens de s'équiper. Aussi, devançant l'autorisation, deux cliniques marseillaises se sont dotées fin 1983 de machines américaines de marques Technicare. L'une, la clinique Clairval, s'est finalement vu autorisée à utiliser la sienne, tandis que l'autre, la clinique du Parc, attend toujours... sans trop s'en faire : le tiers de ses malades sont des étrangers venus se faire soigner en France et qui ne bénéficient d'aucune prise en charge... À la CGR, on est d'ailleurs bien persuadé que l'achat d'un appareil d'IRM s'avère rapidement rentable pour un établissement, sinon pour les Affaires sociales...

Pour les hôpitaux le problème est différent. Ils ont pour la RMN les yeux de Rodrigue. Ils en rêvent et sont prêts à se ruiner. Santé publique et formation du corps médical aux nouvelles techniques priment tout. Mais il s'agit de ne pas phantasmer, la RMN n'est pas la panacée. Échographie, tomographie (scanner), thermographie, gammagraphie... n'ont pas dit leur dernier mot.

La solution sera sans doute de regrouper demain l'ensemble des moyens diagnostiques dans des départements d'imagerie médicale où l'on choisira l'examen le plus adapté et le moins coûteux. Car le souci des dépenses de santé est devenu aujourd'hui presque aussi grand que celui de la santé...

Le corps humain et l'ordinateur

Sur l'écran, le squelette se déhanche, le cœur bat, la colonne vertébrale fait jouer ses vertèbres... Présentées lors de la semaine internationale de l'image électronique organisée par le CESTA (Centre d'études des systèmes et des technologies avancées) en mai 1984 à Biarritz, diffusées depuis par Antenne 2 dans la série la Machine humaine, ces images du corps humain en trois dimensions (3D) synthétisées par ordinateur intéressent les publicitaires mais aussi les médecins. Le relief et la profondeur offrent, en effet, de nouvelles possibilités pour la chirurgie comme modèle pré-opératoire, pour la fabrication des prothèses, pour l'enseignement, voire pour le diagnostic.

Pour le moment, les ordinateurs utilisent, pour la construction des images, des données numériques établies à partir de coupes de modèles en cire. L'anatomie en souffre. Mais le pionnier de l'homme de synthèse, l'Américain Charles Csuri, vice-président de Cranston-Csuri Productions, a annoncé à Biarritz que des modèles obtenus à partir de données RMN allaient remplacer les modèles en cire.

Les images 3D deviendraient alors pour les médecins un formidable outil diagnostique. Mais il leur faudra, cependant, attendre la chute des prix. En effet les coûts de production du 3D oscillent actuellement entre 10 000 et 30 000 F la seconde !

Marie-Françoise de Pange

Agronomie

Les innovations de l'an 2000

La France est depuis toujours un grand pays agricole. Pourtant, jusqu'ici, elle n'avait guère utilisé cet atout que de façon traditionnelle, se bornant à produire des denrées alimentaires classiques, sans trop chercher à valoriser son potentiel dans les secteurs agro-alimentaires de pointe, ou dans la création d'une puissante industrie du machinisme agricole. Or les choses semblent changer.

Première mondiale

Laser, ordinateur, banques de données, manipulations génétiques et biotechnologiques, sélections végétales et animales très sophistiquées... tous les aspects de la technologie de pointe ont été cette année appelés à la rescousse pour le plus grand profit de l'agriculture et du secteur agro-alimentaire. Ainsi les pépinières Delbard viennent-elles, en première mondiale, d'inscrire à leur catalogue les rosiers Vigorosa, véritables clones nés en laboratoire à partir d'une seule cellule végétale. Moins chers, résistant mieux au gel, exempts de virus, ces rosiers du futur poussent plus vite et peuvent être plantés toute l'année. Non greffés, ils sont plus harmonieux et peuvent être taillés par n'importe qui.